Dans la lagune de Thau, dans l’Hérault, des chercheurs de l’Ifremer étudient la raréfaction de la palourde européenne et testent des pistes pour restaurer l’espèce. Les causes de son déclin restent inconnues ; les premiers résultats de suivi sont attendus d’ici 2028.

Une ressource autrefois importante pour les pêcheurs
La palourde européenne, aussi appelée Ruditapes decussatus, s’est fortement raréfiée dans l’étang de Thau. D’après les chiffres rapportés par franceinfo, les pêcheurs de la lagune en récoltaient environ 400 tonnes par an dans les années 1990. Les stocks se sont ensuite effondrés, jusqu’à rendre l’exploitation non rentable et à conduire à l’arrêt de la pêche de cette espèce.
Jean-Marie Ricard, ancien pêcheur de la lagune, témoigne dans le reportage de franceinfo de cette disparition progressive. Des professionnels et des habitants de Sète décrivent aussi la raréfaction de plusieurs coquillages sur leurs étals ou sur les plages. Ces témoignages illustrent les changements observés localement, sans toutefois établir à eux seuls l’état de l’ensemble des populations de la lagune.
Les causes du déclin ne sont pas établies
Maladie, pollution, hausse de la température de l’eau ou dégradation de l’habitat : plusieurs pistes sont étudiées, mais aucune cause unique n’est confirmée à ce stade. L’Ifremer, avec l’unité de recherche MARBEC, suit la survie de palourdes placées dans des sachets à différents endroits et à différentes profondeurs. Dans le reportage, le chercheur Franck Lagarde signale un taux de survie de 70 % lors d’un suivi près de zones ostréicoles, malgré un épisode caniculaire. Ce résultat concerne un site et une expérience précis : il ne signifie pas que 70 % des palourdes de l’étang survivent.
Un autre volet du projet scientifique porte sur les habitats favorables au retour des coquillages. Selon la présentation du projet PALRNJ par MARBEC, 180 dispositifs contenant du gravier et de la poudre d’huître ont été installés sur six secteurs correspondant à d’anciens sites de pêche. Des palourdes ont été retrouvées dans certains dispositifs, mais leur identification génétique et l’analyse des différences entre sites sont nécessaires pour interpréter ces observations.
Ce que cela change pour le territoire
La disparition de la palourde touche à la fois une ressource de pêche et la biodiversité de la lagune. Pour les professionnels, comprendre les causes du déclin est un préalable à toute éventuelle restauration. À ce stade, les travaux scientifiques ne constituent ni une annonce de reprise de la pêche ni la garantie d’un retour de l’espèce.
Des résultats attendus d’ici 2028
Les chercheurs espèrent éclaircir le rôle des différents facteurs et déterminer dans quels secteurs les palourdes peuvent survivre ou se réinstaller. Selon le calendrier indiqué dans le reportage diffusé le 19 octobre 2026, les résultats sont attendus d’ici deux ans, soit d’ici 2028. Ils devront permettre de préciser les mesures de restauration envisageables pour la lagune de Thau, en Occitanie.
Source : franceinfo- Occitanie
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