Ranger ses écouteurs pendant les trajets peut changer la manière de vivre la ville, racontent plusieurs personnes citées par Le HuffPost. Une journaliste londonienne dit s’être sentie plus attentive après un mois sans écouteurs dans le métro. D’autres mettent en avant les occasions d’échanger, le temps laissé à la rêverie et la possibilité de mieux percevoir ce qui se passe autour de soi.

Un mois de trajets sans écouteurs

Dans une chronique publiée par Time Magazine, la journaliste Meehika Barua raconte avoir cessé d’utiliser ses écouteurs sans fil dans le métro durant un mois, au cours de l’été. Elle dit avoir été surprise par le sentiment de présence qu’elle éprouvait alors dans ses déplacements.
Sans musique ni contenu audio, elle a davantage remarqué les étapes de son trajet et les personnes qui l’entouraient. Elle rapporte aussi avoir souri à des inconnus et observé des scènes inhabituelles dans les transports. Son expérience ne signifie pas que les échanges dans l’espace public sont toujours souhaités : le HuffPost rappelle que certaines femmes utilisent justement leurs écouteurs pour éviter d’être importunées.
Faire une place à l’ennui
La journaliste décrit également le plaisir de laisser son esprit vagabonder pendant les trajets. Elle rapproche cette disponibilité de la « rêverie », notion évoquée après un échange avec un psychanalyste : sans sollicitation sonore constante, l’esprit aurait davantage de place pour divaguer et faire émerger des idées.
Cette interprétation est aussi défendue par l’entrepreneur australien Tim Dennings dans un billet de blog. Il estime que les écouteurs peuvent contribuer à une surcharge d’informations et réduire le temps consacré à la réflexion. Il raconte avoir écouté du contenu audio dix à quatorze heures par jour pendant plusieurs années, jusqu’à développer des acouphènes. Son expérience personnelle ne permet toutefois pas, à elle seule, de tirer une conclusion générale sur les effets des écouteurs.
D’après lui, les moments sans audio peuvent aussi favoriser les interactions sociales. Il dit apprécier, lors de certaines promenades, d’écouter les sons de la nature sans son téléphone. Cette possibilité dépend cependant du cadre dans lequel chacun se déplace.
Une question d’attention, mais aussi de sécurité
Un habitant de Baltimore s’était déjà inquiété, dans une publication sur Reddit en mai 2025, de voir des personnes porter des écouteurs à réduction de bruit dans la rue ou au supermarché. Il estimait que cela pouvait les rendre moins attentives aux sons environnants et compliquer les échanges avec les personnes qui souhaiteraient leur parler. Il s’agit là de son point de vue, et non d’un constat établi par une enquête mentionnée dans le récit.
La vigilance dans les transports a aussi été évoquée par Eric Adams, alors maire de New York, en 2022. Il avait recommandé aux habitants de ne pas se couper de leur environnement et de limiter leur attention portée au téléphone, dans le contexte de la prévention des agressions et des vols. Cette prise de position constitue un conseil de sécurité attribué à l’ancien élu, et non une démonstration que retirer ses écouteurs suffit à prévenir les incidents.
Les témoignages rapportés font ainsi ressortir plusieurs raisons de faire une pause : mieux percevoir son environnement, laisser place à la rêverie ou se rendre plus disponible aux interactions. Ils ne font pas de l’absence d’écouteurs une règle valable pour tous, notamment pour les personnes qui en ont besoin ou qui s’en servent pour se sentir plus à l’aise dans l’espace public.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Clément Giuliano







