Cuba : L’État lâche du lest, mais pour mieux serrer la vis ?
Le commerce agricole à Cuba, jusqu’ici sous le joug d’un monopole d’État, s’ouvre au secteur privé. Une libéralisation qui semble plus une manœuvre qu’une réelle émancipation.
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Le gouvernement cubain, dans un élan de générosité inattendu, a décidé d’ouvrir le commerce des produits agricoles au secteur privé. Oui, vous avez bien lu ! Les agriculteurs indépendants, les coopératives et même les petites entreprises privées peuvent désormais commercialiser leurs produits. Mais attention, l’État conserve un œil vigilant sur les prix et les exportations. Comme si, après avoir tenu les rênes pendant si longtemps, il allait laisser les choses se débrider si facilement !
Ce qui se passe réellement
Jusqu’à présent, l’État gérait la commercialisation de la majorité de la production agricole, n’autorisant les producteurs à vendre directement qu’une fraction de leurs excédents. Avec ce nouveau règlement, le secteur privé peut enfin jouer le rôle d’intermédiaire entre producteurs et consommateurs, bénéficiant d’un accès aux marchés de gros et de détail. Mais, comme le souligne l’Agence France Presse, l’État ne compte pas abandonner son contrôle sur les prix et les exportations.
Cette libéralisation arrive alors que la production agricole a chuté de 52 % entre 2018 et 2023, selon l’Université de La Havane. Étrangement, plus de 60 % du territoire cubain est consacré à l’agriculture, mais près de 80 % des produits alimentaires sont importés. Un paradoxe qui ferait rougir n’importe quel économiste !
Le carburant et les intrants manquent à l’agriculture
Cuba, avec ses 9,6 millions d’habitants, traverse une crise économique multifactorielle. Les sanctions américaines, la chute des revenus du tourisme et l’impossibilité de se procurer les engrais nécessaires à l’agriculture sont autant de facteurs qui rendent la situation précaire. Jorge Piñon, expert interrogé par RFI, souligne que le transport, l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable sont les secteurs les plus en besoin urgent de carburant. Mais qui a besoin de carburant quand on a des promesses de libéralisation ?
Vers une libéralisation progressive de l’économie
Pour essayer de redresser la barre, le gouvernement a récemment annoncé plusieurs mesures d’ouverture. En mars, il a permis la création d’entreprises mixtes entre l’État et le secteur privé. Sous la pression du blocus pétrolier américain, il a même suspendu son monopole d’importation de pétrole, permettant aux entreprises privées d’importer du carburant. Selon Reuters, 30 000 barils de pétrole ont été livrés au secteur privé cubain depuis février. Qui aurait cru que l’État cubain se transformerait en distributeur de pétrole pour les privés ?
Enfin, la diaspora, notamment les Cubains vivant aux États-Unis, pourrait investir dans l’île et devenir entrepreneurs, bien que le cadre juridique reste flou. Une belle promesse, n’est-ce pas ?
Pourquoi cela dérange
Cette ouverture du marché agricole soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Comment un pays qui peine à produire suffisamment de nourriture pour ses habitants peut-il se permettre de libéraliser son agriculture ? Les promesses de l’État semblent plus être un écran de fumée qu’une véritable volonté de changement.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette libéralisation pourraient être désastreuses. Si l’État garde le contrôle sur les prix, comment les agriculteurs privés pourront-ils réellement prospérer ? La situation actuelle laisse présager une exploitation accrue des producteurs par un État qui, tout en se présentant comme un réformateur, continue de tirer les ficelles.
Lecture satirique
En somme, le gouvernement cubain nous offre un spectacle de marionnettes : « Regardez, nous libéralisons ! », tout en gardant les fils bien en main. C’est un peu comme si un dictateur annonçait une élection libre tout en s’assurant que tous les candidats soient ses propres alliés. Une belle farce !
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires d’autres pays, où les promesses de réformes économiques sont souvent accompagnées d’un renforcement des contrôles. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également leurs propres versions de « réformes » qui ne font qu’aggraver la situation économique tout en gardant le pouvoir bien en place.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une aggravation de la crise économique à Cuba, avec un État qui, tout en prétendant libéraliser, continue de contrôler chaque aspect de la vie économique. Une belle ironie pour un pays qui aspire à la liberté !




