/regions/2024/04/03/12-v2-malaise-des-infirmiers-00-00-13-08-660d6453c56e4520571102.jpg)
Table Of Content
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier, les prix à la pompe ont fortement augmenté. Pour les infirmiers libéraux, grands consommateurs de carburant, la situation devient intenable et met en péril l’avenir de leur activité. Illustration en Franche-Comté.
« La voiture, c’est notre outil du quotidien. C’est ce qui nous permet d’aller voir les patients et de les prendre en charge de manière correcte », assure Julien Huguenin-Vuillemin, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) du Doubs. Voilà plus d’un mois que les prix du pétrole ont explosé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Une hausse qui frappe de plein fouet les 130 000 infirmiers libéraux français qui utilisent chaque jour leur véhicule pour soigner leur patientèle à domicile. Dans ce contexte, le syndicat déplore un manque de soutien de la part de l’Etat et craint une dégradation de l’offre de soins.
Pour Julien Huguenin-Vuillemin, chaque matin commence par un claquement de portière. Celle de sa voiture, à bord de laquelle il enchaîne les kilomètres à travers le Pays de Montbéliard. Certains jours, il peut prendre en charge jusqu’à 80 patients à domicile. « Les infirmiers libéraux parcourent entre 100 et 250 km par jour », remarque-t-il
Sa consommation d’essence, le pousse à devoir faire le plein deux fois par semaine, comme c’est le cas pour beaucoup de ses confrères. Avec la hausse du prix du pétrole, la note est devenue plus salée. Entre 15 et 20 euros de plus par plein selon le président de la FNI du Doubs. Les infirmiers libéraux voient ainsi leurs marges réduites et ne peuvent pas compenser cette perte par une augmentation des prix de leurs consultations, ces derniers étant fixés par la Sécurité sociale.
Une situation qui les pousse à réorganiser leur activité et qui pourrait aboutir à une détérioration de l’offre de soins pour les patients. « On n’abandonnera jamais nos patients actuels. On a une obligation de continuité des soins, on a une conscience professionnelle. Mais si ça continue sur cette lancée-là, on ne pourra plus prendre en charge les nouveaux patients qui sont éloignés de nos cabinets puisque ça ne sera malheureusement pas rentable.», se désole Julien Huguenin-Vuillemin.
La Fédération nationale des infirmiers libéraux interpelle ainsi le gouvernement et souhaite une suppression des taxes sur les carburants pour les 130 000 professionnels de ce secteur. « La FNI a ainsi renouvelé sa demande d’exonération de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, ndlr) et de la TVA sur le carburant professionnel, sur le modèle de dispositifs existants pour d’autres secteurs. », a-t-elle fait savoir dans un communiqué datant du 2 avril 2026.
Le risque à terme, c’est qu’il y ait moins de professionnels de santé pour prendre en charge les patients qui sortent de l’hôpital. Il faut qu’on soit entendus.
Julien Huguenin-Vuillemin, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) du Doubs
Samedi 12 avril, le Gouvernement a annoncé son intention d’accroître la transition de la France vers l’énergie électrique afin de s’affranchir progressivement de la dépendance au pétrole. En 2026, 50 000 véhicules supplémentaires seront ainsi éligibles au bonus écologique, une aide financière pour les nouveaux acheteurs d’un véhicule électrique fabriqué en Europe.
Selon Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Energie, cette aide plafonnée en fonction des revenus devrait augmenter, passant de 5700 euros maximum à 9500 euros maximum. Une mesure notamment pensée pour soutenir les professionnels comme les infirmiers libéraux. Une solution qui a cependant ses limites selon Julien Huguenin-Vuillemin. « On a une continuité des soins à assurer, nos cabinets sont souvent ouverts de 5h30 du matin jusqu’à 20h30 le soir. Il faut pouvoir avoir une logistique dans l’approvisionnement, notamment de l’électricité de nos véhicules électriques futurs. Tous les cabinets ne peuvent pas prendre en compte ça, notamment en zone de montagne. Donc c’est une des solutions, mais ça ne peut pas convenir à toute la profession. »
Pour l’infirmier doubien et ses confrères, l’urgence réside donc dans la prise de mesures immédiates permettant une baisse du prix de l’essence. « On ne va pas lâcher le morceau », conclut-il.
Crise des Infirmiers Libéraux : Quand le Carburant Devient un Luxe
La flambée des prix à la pompe met en péril la continuité des soins à domicile, révélant l’absurdité d’un système qui laisse les soignants à la merci des fluctuations du marché.
Depuis le 28 février dernier, la guerre au Moyen-Orient a déclenché une hausse vertigineuse des prix du pétrole, plongeant les 130 000 infirmiers libéraux français dans une crise sans précédent. « La voiture, c’est notre outil du quotidien », déclare Julien Huguenin-Vuillemin, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) du Doubs. Mais que fait l’État pour ces héros du quotidien, si ce n’est les laisser se débattre dans un océan de coûts croissants ?
Ce qui se passe réellement
Les infirmiers libéraux, qui parcourent entre 100 et 250 km par jour pour rendre visite à leurs patients, se retrouvent désormais à faire le plein deux fois par semaine, avec des factures qui explosent de 15 à 20 euros par plein. Et comme si cela ne suffisait pas, leurs tarifs de consultation, fixés par la Sécurité sociale, ne peuvent pas compenser cette perte. Une situation qui les pousse à réorganiser leur activité, menaçant ainsi la qualité des soins.
Pourquoi cela dérange
La contradiction est flagrante : d’un côté, l’État prône l’importance des soins à domicile ; de l’autre, il laisse ses infirmiers se noyer sous les coûts du carburant. La FNI interpelle le gouvernement pour une suppression des taxes sur les carburants, mais les promesses semblent s’évaporer aussi vite que l’essence dans leurs réservoirs.
Ce que cela implique concrètement
Si la situation perdure, les infirmiers pourraient être contraints de refuser de nouveaux patients, en particulier ceux éloignés de leurs cabinets. « On n’abandonnera jamais nos patients actuels », assure Huguenin-Vuillemin, mais à quel prix ?
Lecture satirique
Le gouvernement, tout en annonçant une transition vers l’énergie électrique, semble ignorer que les infirmiers ne peuvent pas simplement troquer leur voiture contre un véhicule électrique flambant neuf. « Tous les cabinets ne peuvent pas prendre en compte ça, notamment en zone de montagne », souligne Huguenin-Vuillemin. Ironie du sort, alors que l’État se vante de ses initiatives écologiques, il oublie que la réalité du terrain est bien plus complexe.
Effet miroir international
Ce décalage entre promesses et réalité rappelle les discours des dirigeants autoritaires qui, tout en prônant le progrès, laissent leurs citoyens dans la précarité. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours politiques se déconnectent de la réalité des gens. Les infirmiers libéraux en France ne sont pas si différents des travailleurs précaires à travers le monde, pris au piège entre des promesses vides et des réalités accablantes.
À quoi s’attendre
Si aucune mesure immédiate n’est prise, la profession pourrait connaître une dégradation significative, avec moins de professionnels pour assurer la continuité des soins. « On ne va pas lâcher le morceau », conclut Huguenin-Vuillemin. Espérons que le gouvernement l’entende avant qu’il ne soit trop tard.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr




