Des contrôles prolongés après la crise de Ceuta
Fin juillet, le gouvernement de Giorgia Meloni a annoncé le rétablissement temporaire de contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne. La mesure devait durer un mois et viser les ressortissants de pays extérieurs à l’Union européenne arrivant depuis l’Espagne. Rome a justifié cette décision par un risque potentiel d’infiltration terroriste lié aux arrivées à Ceuta, enclave espagnole située au Maroc.
La notification italienne a ensuite été renouvelée. Dans son relevé actualisé, la Commission européenne indique que les contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne courent du 1er au 16 octobre. Elle rapporte que l’Italie invoque des menaces persistantes pour l’ordre public et la sécurité intérieure, ainsi que la gestion des mouvements migratoires. Cette mesure correspond à un rétablissement temporaire de contrôles aux frontières intérieures, et non à une sortie de l’Italie de l’espace Schengen. ([home-affairs.ec.europa.eu](https://home-affairs.ec.europa.eu/policies/schengen/schengen-area/temporary-reintroduction-border-control_en?prefLang=nl))
Le code frontières Schengen permet aux États de réintroduire temporairement des contrôles dans certaines circonstances, notamment en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure. La Commission rappelle que cette possibilité doit rester exceptionnelle, limitée dans le temps et soumise aux principes de nécessité et de proportionnalité. Elle indique également qu’elle suit et évalue les notifications des États. ([home-affairs.ec.europa.eu](https://home-affairs.ec.europa.eu/policies/schengen/schengen-area/temporary-reintroduction-border-control_en?prefLang=nl))
Ceuta au cœur du désaccord
La décision de Rome a alimenté les tensions diplomatiques avec Madrid. Dans le sillage des événements de Ceuta, des partis et gouvernements conservateurs ou d’extrême droite en Europe ont critiqué la politique migratoire du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, jugée trop souple à leurs yeux. Des observateurs ont, à l’inverse, dénoncé l’instrumentalisation de la crise et la diffusion d’informations trompeuses.
Un élément souvent absent de ces débats est le régime particulier appliqué à Ceuta. Le ministère espagnol des Affaires étrangères précise que les règles de Schengen s’appliquent aux frontières extérieures espagnoles, mais que l’enclave dispose d’un dispositif spécifique : un contrôle Schengen est effectué à la sortie par voie maritime ou aérienne. Ce régime distingue Ceuta des autres points d’entrée vers le territoire espagnol. ([exteriores.gob.es](https://www.exteriores.gob.es/fr/Comunicacion/Exteriores-explica/Paginas/2026_Articulos/Ceuta%2C-Melilla.aspx?utm_source=openai))
Le maintien des contrôles italiens au-delà de la durée initialement annoncée donne ainsi une nouvelle dimension au différend. La Commission européenne a indiqué qu’elle examinait les notifications italiennes, tandis que la mesure demeure présentée comme temporaire dans ses relevés. ([home-affairs.ec.europa.eu](https://home-affairs.ec.europa.eu/policies/schengen/schengen-area/temporary-reintroduction-border-control_en?prefLang=nl))
Source : Voxeurop (voxeurop.eu)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Raquel Alonso Rivas




OFFRE SPÉCIALE · LIVRES ARTIA13