Crémations en péril : la Thaïlande face à la pénurie de carburant
La crise énergétique menace les rites funéraires en Thaïlande, révélant l’absurdité d’une dépendance à l’importation de pétrole.
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À la pagode Rat Prakong Tham, située dans le district de Nonthaburi, au nord de Bangkok, l’atmosphère est tendue. Le magazine japonais Nikkei Asia rapporte que la raréfaction du carburant, essentiel au fonctionnement du crématorium, crée une inquiétude palpable. En temps normal, le temple stocke des milliers de litres de fioul pour incinérer une centaine de corps par mois. Mais aujourd’hui, il ne reste que 300 litres de réserves. Pairuch Sudtoop, l’économe du temple, s’inquiète : “Certaines familles sont inquiètes que leurs proches ne puissent pas être brûlés. Nous espérons que cela n’arrivera pas.”
Ce qui se passe réellement
La Thaïlande, qui importe les trois quarts de ses besoins en pétrole, subit de plein fouet les perturbations causées par la guerre américano-israélienne en Iran. Les stations-service sont à court de stock, et les conséquences se font sentir jusque dans les rites funéraires. Alors que les musulmans, les Chinois et les chrétiens enterrent leurs défunts, les bouddhistes theravada, qui représentent plus de 90% des 71,5 millions d’habitants, dépendent de l’incinération pour assurer la réincarnation de leurs proches.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière l’absurdité d’une politique énergétique qui laisse un pays entier en proie à l’incertitude, même dans ses moments les plus délicats. La dépendance à l’importation de pétrole, couplée à des conflits géopolitiques, transforme un rite sacré en une loterie tragique.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : des familles angoissées, des rituels compromis, et un système qui montre ses failles. La crémation, essentielle pour la culture bouddhiste, devient un luxe que peu peuvent se permettre, alors que les réserves s’épuisent.
Lecture satirique
Ironiquement, les promesses de sécurité énergétique semblent s’évanouir dans la fumée des crémations non réalisées. Les discours politiques vantant l’autosuffisance énergétique se heurtent à la réalité d’une dépendance à des sources extérieures, tout en laissant les citoyens dans l’incertitude. Qui aurait cru que la réincarnation serait entravée par des pénuries de fioul ?
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les gouvernements échouent à protéger leurs citoyens face à des crises similaires. Les promesses de prospérité se heurtent à la dure réalité des pénuries, qu’elles soient alimentaires, énergétiques ou spirituelles.
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se poursuit, on peut s’attendre à une intensification des tensions sociales. Les familles pourraient être forcées de choisir entre des rites funéraires traditionnels et des alternatives moins respectueuses de leurs croyances.
Sources
Source : www.courrierinternational.com