Coup de théâtre au procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty : des peines réduites pour les deux jeunes normands

Mise à jour le 2026-03-02 21:05:00 : La cour d’assises spéciale de Paris a réduit les peines des accusés à six et sept ans de prison.

Coup de théâtre ce lundi 2 mars devant la cour d’assises spéciale de Paris. Il est plus de 20 heures quand la cour s’apprête à donner son délibéré. La fin de cinq semaines de procès, comme suspendue dans le temps alors que les quatre accusés attendent leur sentence.

Alors que tous retiennent leur souffle, la présidente énonce les chefs d’inculpation et les peines assorties. Rebondissement inattendu : pour les deux Normands sur le banc des accusés, sur le motif de complicité d’assassinat, la magistrate énonce « non coupable« .

Naïm Boudaoud et Azim Epsikhanov ont ainsi été condamnés à des peines respectives de six ans et sept ans de prison pour « association de malfaiteurs ».

Un vrai soulagement après cinq ans de procédure où les deux jeunes Ebroïciens n’ont jamais cessé de clamer leur innocence dans ce dossier, en particulier sur les motifs de complicité d’assassinat et de terrorisme.

Une innocence qu’ils auront martelée tout au long de la très courte audience matinale de ce lundi 2 mars 2026, qui n’aura duré que 15 petites minutes.

Ils nient les soupçons qui pèsent sur eux : d’avoir véhiculé le tueur Abdoullakh Anzorov et de l’avoir aidé à se procurer des armes.

Naïm Boudaoud est le premier à prendre la parole. Vêtu de blanc, il prend une très grande inspiration avant de s’adresser à la famille de Samuel Paty.

Je n’ai jamais eu l’intention de lui nuire, j’aurais aimé vous convaincre de mon innocence. Je me sens impuissant face à votre douleur.

Naïm Boudaoud, accusé de complicité dans l’assassinat de Samuel Paty

Rappelant qu’il n’a « rien à voir avec l’assassin, qu’il n’était pas un terroriste« , il a déclaré qu’Abdoullakh Anzorov l’avait « instrumentalisé« .

Azim Epsirkhanov, lui, est moins loquace. Il choisit de condenser sa défense en deux phrases en répétant à son tour son innocence et en expliquant qu’il était « malheureux pour la famille de Monsieur Paty, surtout pour son fils Gabriel« .

« Une innocence qu’il clame depuis cinq ans« , rappelle Maître Sarah Valduriez, son avocate.

Suspecter n’est pas prouver. J’ai décortiqué toute la procédure et il n’y a aucun élément. Il y a eu un narratif du ministère public qui ne tient pas. Le droit ce sont les preuves.

Maître Sarah Valduriez, avocate d’Azim Epsirkhanov

Il faut dire qu’Azim Epsirkhanov et Naïm Boudaoud ne présentent pas des profils d’islamistes radicaux et assurent n’avoir pas eu conscience du projet criminel d’Anzorov, qui avait été abattu par la police qu’il menaçait.

Dans ce procès difficile et poignant, les éléments ont donc été épluchés un par un. Les vies fracassées par le crime d’Anzorov se sont côtoyées. Celles de la famille Paty d’abord, écrasée de douleur, qui a dû défendre l’image de leur fils et frère face aux allégations de discrimination.

À chaque suspension, les proches se sont approchés du box des accusés pour un sourire, un signe, un regard, quelques mots. Quand plaide l’avocate de Naïm Boudaoud, son petit frère, portrait craché si stoïque jusqu’alors, s’affaisse et pleure sans bruit.

Lors des débats, les trajectoires des deux jeunes Ebroïciens ont été scrutées à la loupe, pour comprendre leur parcours, leurs relations avec l’assassin, et leurs motivations. Une manière de tenter d’éclaircir cette zone d’ombre sur leur intention criminelle.

Un procès qui a aussi été émaillé par des incidents procéduraux exceptionnels : deux magistrates écartées après la mise en cause de leur impartialité, un ministre, Laurent Nuñez, qui écrit directement à la présidente de la cour pour rectifier son témoignage.

Souvent tendu, avec une défense pugnace et une accusation âpre, le procès a avancé sur une ligne de crête. Mais il est resté sur les rails, la dignité réclamée par la famille Paty a été protégée par la présidente, dont la « loyauté », l’humanité et la conduite maîtrisée des débats ont été saluées par les parties.

Quelques heures avant le verdict, et alors que le ministère public avait requis 16 ans de prison à l’encontre de son client, Maître Sarah Valduriez considérait qu’il fallait « être confiant, tout a été dit dans cette procédure. Les cartes ne sont plus dans nos mains« .

Des cartes qui ont donc été drastiquement rebattues alors que les deux Ebroïciens ont vu leurs peines diminuées à six et sept ans de prison. Leurs témoignages remplis de regrets ainsi que le manque de preuves matérielles de leur implication idéologique dans ce crime terroriste semblent donc avoir convaincu la cour.

Les deux jeunes Normands, déjà emprisonnés depuis le début de la procédure fin 2020, devraient donc pouvoir sortir de prison prochainement, entre 2027 et 2028.

Pour rappel, l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, survenu le 16 octobre 2020 à Eragny-sur-Oise (Val d’Oise), avait jeté l’effroi partout en France par la violence de l’attaque à l’arme blanche, et alors que se tenait à Paris le procès des attentats de janvier 2015.

Ce qu’il faut savoir

  • Le fait : La cour a réduit les peines des accusés à six et sept ans de prison.
  • Qui est concerné : Les deux jeunes Normands, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov.
  • Quand : Verdict rendu le 2 mars 2026.
  • Où : Paris, France.

Sources

Source : France 3 Régions

Visuel d’illustration — Source : france3-regions.franceinfo.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-03-02 21:05:00 — Site : france3-regions.franceinfo.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-03-02 21:05:00 — Slug : coup-de-theatre-au-proces-en-appel-de-lassassinat-de-samuel-paty-des-peines-reduites-pour-les-deux-jeunes-normands

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