La collision entre deux trains à grande vitesse survenue le mercredi 28 octobre en Castille-La Manche a fait au moins 69 morts, selon le dernier bilan communiqué le lendemain par les services d’urgence régionaux. En France, plusieurs spécialistes estiment qu’un scénario similaire aurait été difficile à reproduire, en raison des dispositifs de détection et des consignes de circulation applicables en cas de panne de signalisation. (112.castillalamancha.es)

Des systèmes de sécurité présentés comme complémentaires
François Durovray, ancien ministre des Transports et président du département de l’Essonne, a affirmé sur BFMTV qu’un tel accident était impossible en France. François Delétraz, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), a toutefois nuancé ce propos : selon lui, le niveau de sécurité rend ce scénario difficile, sans permettre de l’exclure avec certitude.
François Durovray décrit un système français reposant sur plusieurs dispositifs. En cas de défaut de signalisation, les trains concernés s’arrêtent. Un équipement électrique lié aux rails permettrait aussi de continuer à localiser les trains, y compris lorsque la signalisation est défaillante.
Arnaud Aymé, directeur général France du cabinet Sia et spécialiste des transports, a expliqué sur France 2 que la détection automatique peut transmettre une alerte aux trains qui suivent, afin qu’ils s’arrêtent ou ralentissent. Selon François Durovray, le train immobilisé en Espagne n’était, lui, plus repéré par le système sur les voies.
Une reprise à vitesse réduite en France, selon les experts
La conduite à tenir après un arrêt constituerait un autre point de différence. François Delétraz estime qu’en France, un train autorisé à repartir après un défaut de signalisation devrait avancer en conduite à vue, à faible allure. Marie-Hélène Poingt, rédactrice en chef de La Vie du rail, évoque une limite de 30 km/h.
En Espagne, le protocole prévoit une vitesse maximale de 40 km/h dans cette situation. Mais, selon les enregistrements audio rapportés après la collision, un employé du centre de contrôle aurait demandé au conducteur du train de la Renfe de repartir « en marche normale ». François Durovray estime qu’en France, un conducteur ne pourrait pas recevoir et accepter un ordre de reprise à grande vitesse alors que la signalisation reste défaillante.
Ces explications décrivent les protections et les procédures que les spécialistes jugent déterminantes. Elles ne constituent pas, à elles seules, une conclusion sur les causes de l’accident espagnol.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Lola Uguen







