Coca : la feuille sacrée des Andes ou le poison du marché noir ?
Les producteurs de coca en Bolivie, héritiers d’une tradition millénaire, se voient contraints de se tourner vers le marché illégal de la cocaïne. Une ironie amère face à l’inaction internationale.
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Depuis des milliers d’années, les peuples andins des environs de la ville de Coripata, à l’est de La Paz, en Bolivie, consomment des feuilles de coca pour soulager la fatigue, la faim et le manque d’oxygène en altitude (appelé soroche), mais également pour traiter les nausées et les troubles digestifs. Daynor Choque, héritier de cette tradition ancestrale, désigne un tas de feuilles sur la table face à lui. “Nous utilisons la coca sans aucun problème depuis l’époque de nos ancêtres,” assure le dirigeant de la branche commerciale des producteurs locaux de coca. “Mais aujourd’hui, les producteurs sont contraints de se tourner vers le marché illégal de la cocaïne pour survivre… À défaut de pouvoir vendre la coca légalement sur le marché international.”
Ce qui se passe réellement
En décembre, un coup sévère a été porté au souhait de ces cultivateurs. Soixante-cinq ans après la Convention des Nations unies sur les stupéfiants, qui a restreint la consommation de la feuille de coca tout autant que celle de ses dérivés, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a refusé de modifier le statut de la fameuse feuille. Malgré les conclusions d’un récent rapport de l’OMS, selon lequel la feuille de coca (Erythroxylum coca) n’est pas néfaste pour la santé, le statu quo persiste.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière une incohérence flagrante : alors que la coca est utilisée depuis des siècles par les populations locales sans effets néfastes, les instances internationales continuent de la stigmatiser. Les producteurs, en quête de légitimité, se retrouvent piégés entre tradition et législation, forçant ainsi une partie d’eux vers l’illégalité.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont désastreuses : des cultivateurs, jadis respectés pour leur savoir-faire ancestral, se voient contraints de se tourner vers des pratiques illégales pour assurer leur survie. La coca, symbole de culture et de résistance, devient alors un outil de désespoir.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que les mêmes institutions qui prônent la santé publique sont celles qui condamnent une pratique ancestrale sans tenir compte des réalités locales. Les promesses de soutien aux cultures traditionnelles se heurtent à une réalité où la bureaucratie internationale semble déconnectée des besoins des peuples. En somme, la coca est devenue le bouc émissaire d’un système qui préfère ignorer les véritables enjeux.
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires d’autres pays, où les traditions sont souvent écrasées sous le poids de la législation. Que ce soit aux États-Unis, avec leur guerre contre la drogue, ou en Russie, où les voix dissidentes sont étouffées, le message est clair : la culture et l’identité doivent céder face à des idéologies rigides.
À quoi s’attendre
Si cette situation perdure, on peut s’attendre à une augmentation de la criminalité liée à la cocaïne, ainsi qu’à une dégradation des conditions de vie des producteurs. La légitimité de leur culture est en jeu, et avec elle, l’avenir d’une tradition millénaire.
Sources
Source : www.courrierinternational.com



