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Un mur végétal, des néons et un comptoir… En pénétrant dans la clinique du groupe CHD dans le quartier des Eaux-Vives à Genève, difficile de dire si l’on met les pieds dans le dernier café à la mode ou dans un cabinet de soin dentaire. Les blouses du personnel donnent un indice. Fondée il y a tout juste 10 ans par Thainara Mascaro, Sofian Ameur et Robin Thomas, respectivement assistante dentaire, orthodontiste et médecin-dentiste, CHD compte aujourd’hui sept cliniques, réparties entre Genève, Lausanne et Yverdon. Le groupe, qui enregistre un chiffre d’affaires de plus de 25 millions de francs, emploie environ 200 personnes et revendique 100 000 patients. En 2025, il a également ouvert son propre centre de formation.

La question de l’accès aux soins dentaires revient régulièrement dans les débats politiques. En novembre dernier encore, la population genevoise était invitée à se prononcer sur une initiative du Parti socialiste genevois – qui prévoyait un chèque de 300 francs annuel pour les personnes au bénéfice de subsides – rejetée après un résultat très serré. Pour Le Temps, Robin Thomas revient sur les enjeux d’accès aux soins, les questions de pénurie de personnel, mais aussi le tourisme médical.

Clinique dentaire ou café à la mode ? La question qui dérange

À Genève, une clinique dentaire se transforme en lieu tendance, mais l’accès aux soins reste un luxe pour beaucoup.

En entrant dans la clinique du groupe CHD, on pourrait s’y méprendre : entre les néons et le mur végétal, on se demande si l’on est dans un cabinet dentaire ou dans le dernier café à la mode. Mais ne vous laissez pas tromper par l’esthétique, car derrière cette façade branchée se cache une réalité bien moins réjouissante.

Ce qui se passe réellement

Fondée il y a dix ans par Thainara Mascaro, Sofian Ameur et Robin Thomas, CHD a su s’imposer avec sept cliniques à Genève, Lausanne et Yverdon. Avec un chiffre d’affaires de plus de 25 millions de francs et 100 000 patients à son actif, le groupe a également prévu d’ouvrir un centre de formation en 2025. Pourtant, la question de l’accès aux soins dentaires reste brûlante. En novembre dernier, une initiative du Parti socialiste genevois, visant à offrir un chèque de 300 francs annuels aux personnes bénéficiant de subsides, a été rejetée. Un résultat serré, mais qui montre que l’accès aux soins dentaires est loin d’être une priorité.

Pourquoi cela dérange

Il est ironique de voir une clinique prospérer dans un contexte où l’accès aux soins dentaires est un sujet de débat. Alors que les cliniques affichent des chiffres d’affaires florissants, les patients peinent à obtenir des soins abordables. Cela soulève des questions sur les priorités de notre système de santé : est-ce vraiment la santé des citoyens qui prime, ou simplement le profit ?

Ce que cela implique concrètement

La réalité est que, malgré l’essor de ces cliniques, de nombreuses personnes n’ont pas les moyens de se faire soigner. Les soins dentaires, souvent considérés comme secondaires, deviennent un luxe. Les conséquences sont claires : des problèmes de santé non traités, une détérioration de la qualité de vie, et une inégalité croissante dans l’accès aux soins.

Lecture satirique

Les discours politiques autour de l’accès aux soins dentaires semblent déconnectés de la réalité. D’un côté, on nous promet des solutions, de l’autre, on rejette des initiatives qui pourraient réellement aider. C’est un peu comme si on nous disait que la santé est une priorité, tout en fermant les yeux sur les inégalités criantes. La contradiction est flagrante : comment peut-on prétendre vouloir améliorer l’accès aux soins tout en laissant des milliers de personnes sur le carreau ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les promesses de soins universels se heurtent à la réalité du marché. Aux États-Unis, par exemple, le système de santé est souvent critiqué pour sa tendance à privilégier le profit sur le bien-être des citoyens. Il est temps de se demander si nous ne sommes pas en train de suivre le même chemin, masqués par des néons et des murs végétaux.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pourrions assister à une aggravation des inégalités en matière de santé. Les cliniques prospéreront, tandis que les patients continueront de se battre pour obtenir des soins abordables. Une situation qui ne peut que susciter l’inquiétude.

Sources

Source : www.letemps.ch

Robin Thomas, cofondateur des cliniques dentaires CHD: «Les assurances devraient couvrir les soins dentaires»
Visuel — Source : www.letemps.ch
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