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5 août 2017, Léna a 20 ans, le teint frais, la peau lisse. Et pourtant… « Moi, personnellement, j’ai eu un très gros complexe pendant très longtemps et c’est celui de mes cheveux » raconte-t-elle en vidéo. « Sinon, j’ai d’autres complexes aussi, hein !«
Elle les dépose là, sans gêne. « Comme mes ongles rongés, la petite moustache que mes amies brunes connaissent, mon 75 B, mes rouflaquettes qui sont mes cheveux de bébé alors que j’ai 20 ans » énumère-t-elle.
Une mise à nu qui déroute autant qu’elle libère dans ce monde de l’influence où les filtres sont prédominants. Lena, elle, envoie tout valser.
« Fuck les filtres insta et ‘bonjour ma gueule !’ »
Elle dénonce les photos de mode retouchées, l’absence de diversité dans les magazines où elle ne se sent pas représentée. « Vous voyez à quel point c’est compliqué aujourd’hui d’assumer ses complexes dans une société qui est régnée par des meufs trop bonnes, critique-t-elle. Mais les gars, à force de vouloir trop entrer dans le moule, on a une tronche de cake. »
Finis les complexes, mais pas le harcèlement
Son trauma, ce sont ses cheveux bouclés d’algérienne. « J’en voulais même à mes parents de m’avoir fait les cheveux bouclés« , raconte-t-elle.
Moquée au collège pendant longtemps, elle les a cachés, lissés, aplatis. « Toutes les personnes qui ont les cheveux bouclés connaissent cette histoire et c’était quelque chose qui m’enfermait beaucoup, poursuit-elle. Mais à partir du moment où j’en ai parlé publiquement, je me suis rendue compte qu’on était plein de petites filles à ne pas savoir où se situer.«
Désormais, elle les affiche en couverture de son dernier livre. Finis les complexes, mais pas le harcèlement. En 2021, elle quitte Twitter après une avalanche de critiques sur sa dernière coupe de cheveux. « J’ai peur que je me fasse tuer dans la rue« , avoue-t-elle en pleurs. « Ou pire, qu’il vous arrive quelque chose à vous. » Car ce n’est plus seulement elle qu’on attaque, on harcèle aussi sa famille. « Plus je suis suivie, plus je me sens seule… »
Trop bouclée ou alors trop grosse parce qu’elle montre ses cuisses qui ne rentrent pas dans un 36 au festival de Cannes. Trop dénudée ou bien trop couverte, trop arabe. Deux ans plus tard, au Festival de Cannes encore, elle apparaît dans une robe large avec un foulard sur la tête.
Sur CNews, Christine Kelly réagit : « Je voulais partager avec vous cette photo. Elle est habillée un peu à la mode des Frères musulmans. Elle joue un peu, de temps en temps, le petit côté sexy, de l’autre le petit côté djellaba.«
Lena répond : « Ce n’est pas possible de se taire sur des choses qui sont aussi graves et aussi islamophobes, critique-t-elle. On est tellement islamophobe qu’on est islamophobe des gens qui ne sont même pas musulmans. Tu imagines le concept ? Et tu imagines comment on l’est face aux femmes qui portent le voile en France ? »
« Un mépris du générationnel »
En France, parfois, la haine ne vient pas des réseaux. Quand elle sort son premier livre de développement personnel en 2020, Toujours plus (Robert Laffont), 500 000 exemplaires vendus, ça défrise Frédéric Beigbeder. Très virulent dans Le Figaro Ouverture dans un nouvel onglet, il dénonce « 147 pages de vide« , « l’inculture assumée« , une génération jugée trop stupide par l’écrivain sexagénaire.
Lena riposte : « C’est un snobisme intellectuel, c’est un snobisme de classe, un mépris du générationnel, résume-t-elle. Oui, je pense qu’on peut aussi élargir nos cases sans avoir aucune prétention de prendre la place de quelqu’un d’autre. Et en arrivant, en voulant essayer la chose. Ce livre, c’est ma nouvelle aventure. »
Avec intelligence et humour, elle dédie son deuxième livre Encore Mieux (Lena Editions) à Beigbeder, sans échapper à une nouvelle diatribe. Mais la haine, ça renforce. « C’est vrai que la carapace devient de plus en plus profonde, glisse-t-elle. C’est vrai que les attaques sur le physique, je les ai eues. Origine, j’ai eu. Ce que je représente, j’ai eu. Mon travail, j’ai eu. Mes cheveux, j’ai eu. Mon corps, j’ai eu… Ca y est, le bingo commence à être un peu coché. »
« Mais si, je vous jure, je fais des choses bien, aimez-moi ! »
Pourtant, ces attaques nourrissent un dernier complexe, moins visible mais toujours présent : le syndrome de l’imposteur.
A fleur de peau, elle se confie dans l’émission Clique Ouverture dans un nouvel onglet : « Parfois je suis très à l’aise dans mes baskets. Oui voilà, j’ai mes entreprises. Oui, voilà, je lance ce projet. Je suis très à l’aise avec ça, raconte-t-elle. Et parfois, je me sens un peu aussi comme une petite fille en faisant ‘mais si, je vous jure, je fais des choses bien, aimez-moi !«
« Et je me balade toute la journée entre ces deux piliers. Des fois je suis hyper à l’aise avec ce que je fais et des fois je me dis mais ‘qu’est ce que je suis en train de faire ?’ »
Sa confiance elle va, elle vient. « Je pense que j’ai un talent pour faire des vidéos et je pense que je suis une bonne businesswoman aussi » résume-t-elle.
Telle la trapéziste qu’elle était enfant. Mais Lena ne tombe pas avec un mantra qui fait valser tous les complexes : « On s’en fout que ce soit parfait, putain, c’est pas parfait, mais c’est fait avec le cœur.«
Ciao les complexes ! Quand l’authenticité dérange
Léna, 20 ans, se déshabille de ses complexes dans un monde où les filtres règnent en maîtres. Mais qui a dit que la vérité était facile à digérer ?
Ce qui se passe réellement
5 août 2017, Léna a 20 ans, le teint frais, la peau lisse. Et pourtant… « Moi, personnellement, j’ai eu un très gros complexe pendant très longtemps et c’est celui de mes cheveux, » raconte-t-elle en vidéo. « Sinon, j’ai d’autres complexes aussi, hein ! » Elle les dépose là, sans gêne. « Comme mes ongles rongés, la petite moustache que mes amies brunes connaissent, mon 75 B, mes rouflaquettes qui sont mes cheveux de bébé alors que j’ai 20 ans, » énumère-t-elle.
Une mise à nu qui déroute autant qu’elle libère dans ce monde de l’influence où les filtres sont prédominants. Léna, elle, envoie tout valser. « Fuck les filtres insta et ‘bonjour ma gueule !’ »
Elle dénonce les photos de mode retouchées, l’absence de diversité dans les magazines où elle ne se sent pas représentée. « Vous voyez à quel point c’est compliqué aujourd’hui d’assumer ses complexes dans une société qui est régnée par des meufs trop bonnes, » critique-t-elle. « Mais les gars, à force de vouloir trop entrer dans le moule, on a une tronche de cake. »
Pourquoi cela dérange
Son trauma, ce sont ses cheveux bouclés d’algérienne. « J’en voulais même à mes parents de m’avoir fait les cheveux bouclés, » raconte-t-elle. Moquée au collège, elle les a cachés, lissés, aplatis. « Mais à partir du moment où j’en ai parlé publiquement, je me suis rendue compte qu’on était plein de petites filles à ne pas savoir où se situer. »
Désormais, elle les affiche en couverture de son dernier livre. Finis les complexes, mais pas le harcèlement. En 2021, elle quitte Twitter après une avalanche de critiques sur sa dernière coupe de cheveux. « J’ai peur que je me fasse tuer dans la rue, » avoue-t-elle en pleurs. « Ou pire, qu’il vous arrive quelque chose à vous. » Car ce n’est plus seulement elle qu’on attaque, on harcèle aussi sa famille. « Plus je suis suivie, plus je me sens seule… »
Ce que cela implique concrètement
Trop bouclée ou alors trop grosse parce qu’elle montre ses cuisses qui ne rentrent pas dans un 36 au festival de Cannes. Trop dénudée ou bien trop couverte, trop arabe. Deux ans plus tard, au Festival de Cannes encore, elle apparaît dans une robe large avec un foulard sur la tête.
Sur CNews, Christine Kelly réagit : « Je voulais partager avec vous cette photo. Elle est habillée un peu à la mode des Frères musulmans. Elle joue un peu, de temps en temps, le petit côté sexy, de l’autre le petit côté djellaba. » Léna répond : « Ce n’est pas possible de se taire sur des choses qui sont aussi graves et aussi islamophobes. »
Lecture satirique
L’incohérence est frappante : d’un côté, on célèbre la diversité, de l’autre, on stigmatise ceux qui osent s’en revendiquer. Les discours politiques s’envolent, mais la réalité reste ancrée dans des stéréotypes. Léna incarne cette lutte contre les normes imposées, mais elle est aussi le miroir de notre société qui peine à accepter l’authenticité.
Effet miroir international
En France, la haine ne vient pas seulement des réseaux sociaux. Elle se glisse dans les discours politiques, tout comme aux États-Unis ou en Russie, où les minorités sont souvent la cible de critiques acerbes. La peur de l’autre, de l’inconnu, s’installe, et les voix qui s’élèvent contre cette injustice sont souvent réduites au silence.
À quoi s’attendre
La projection est claire : tant que l’authenticité dérangera, tant que les normes seront imposées, la lutte pour l’acceptation de soi continuera. Léna, avec son humour et sa franchise, est un symbole de cette résistance.



