Christine Fréchette a gagné la course au leadership de la CAQ. Pas de surprise là, le contraire nous aurait mis sur le derrière.


Publié hier à

Mais son règne de première ministre pourrait se terminer à temps pour la cueillette des citrouilles et des courges, à l’automne, si elle ne fait pas rapidement des gestes de rupture dramatique pour couper le lien avec le régime caquiste passé.

Elle souhaiterait sûrement reproduire le miracle Carney des dernières élections fédérales, se faire élire malgré un parti politique devenu contre-indiqué pour notre santé psychologique collective.

Bien qu’on ne le sente pas actuellement, tout demeure théoriquement possible. D’emblée, il lui faudrait tout d’abord changer les mannequins de la vitrine, parce que les Québécois ne sont plus capables d’en voir certains, même en peinture.

Mme Fréchette devrait passer la gratte au Conseil des ministres et, à de très rares exceptions, signer des cessations d’emploi à ceux qui ne se représenteront pas aux prochaines élections, c’est un minimum.

Et donc, rétrécir au possible le nombre de ministres et accueillir plusieurs nouvelles tronches, en bas de la moitié, on serait déçus.

Vous me direz que le bassin de talents n’est pas si grand. Un moindre mal. Mieux vaut ça, en tenant « l’enthousiasme » des petits nouveaux très serré, que conserver trop de stock usagé.

Et qu’elle fasse comme un coach en séries, qu’elle coupe son banc et n’envoie que ses meilleurs sur la patinoire.

Si Mme Fréchette était capable de ferrer une couple de poissons de bonne dimension de l’extérieur de la boîte, ne serait-ce que pour surprendre, ça ne ferait pas de tort. Mais bon, plus facile à dire qu’à faire.

Grâce à la prorogation, elle n’aura pas à trop bretter à l’Assemblée nationale. Heureusement, parce qu’elle n’est pas équipée pour répondre à tous les péchés commis par la CAQ depuis huit ans, et pas plus pour expliquer les contradictions que ses propres ruptures avec ces années de pouvoir pourraient provoquer.

D’autant qu’elle est devenue la femme à battre, celle qu’on doit discréditer le plus rapidement possible afin d’empêcher tout début d’élan favorable.

Maintenant, la nouvelle PM aura-t-elle le nez assez fin pour bien sentir le pouls des Québécois ?

J’entends de ceux-ci qu’il ne leur reste pas beaucoup d’argent dans leurs poches, qu’ils sont soucieux comme le maudit.

On a parfois l’impression que la population aimerait presque élire un mini-Carney au Québec pour avoir la paix.

Dans un monde parfait où elle pourrait avoir une chance de répéter le tour de magie électoral du premier ministre fédéral, Mme Fréchette aurait potentiellement son Pierre Poilievre (PP) à portée de main en la personne de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP). Celui qui est convaincu de devenir premier ministre, comme l’était PP, mais qui pourrait l’échapper.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Les gens ne veulent pas qu’on leur impose un référendum à court terme, mais PSPP continue à se prendre pour le libérateur d’un peuple persécuté, assignant au gouvernement fédéral le rôle de Darth Vader politique.

Il pousse trop fort sur ce discours, jusqu’à la lassitude, les gens ne sentent pas l’affaire exactement comme lui présentement.

Jusqu’à tout récemment, la population était probablement prête à faire la différence entre la gestion du Québec et un référendum, et élire le Parti québécois (PQ). Un tel scénario donnerait du temps à ce parti pour convaincre les Québécois de la nécessité de la souveraineté.

Mais là, c’est devenu moins sûr. Primo, il existe de nouvelles solutions de rechange, et ensuite, PSPP tartine trop épais sur la souveraineté et pas assez sur les solutions aux problèmes urgents du Québec.

Ce ne serait pas trahir que d’ajuster ses objectifs, bien au contraire, il ferait preuve d’une lucidité bienvenue.

Et il y a aussi son attitude qui commence à indisposer, son air de gars « loadé comme un gun », comme le chante Éric Lapointe, qu’on sent constamment crinqué et habité par une forme de hargne incompréhensible pour un aspirant premier ministre en tête des sondages d’opinion.

On en oublie que cet homme a déjà souri. Il faut lui souhaiter de changer d’humeur, de ton, avant qu’il ne soit trop tard.

De l’autre côté, vous avez le libéral Charles Milliard qui sort tranquillement de sa coquille, qui fait plus normal, plus valium, bien qu’il n’ait pas encore été vraiment testé, ça viendra.

Mais jusqu’à maintenant, et cela lui semble plutôt naturel, il a peut-être compris qu’il devait se comporter exactement à l’inverse de PSPP. Dégager une image apaisante, le tout sans langue de bois, mais sans rien dire de risqué, et sans prendre aucun engagement sérieux.

Son modèle, Robert Bourassa, aurait su apprécier.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec

Cela dit, ça marchera pour un temps et il faudra bien qu’il déballe ses plans un de ces quatre.

Il ne serait toutefois pas impossible qu’avec trois ou quatre candidatures économiques pertinentes, et quelques engagements intelligents, M. Milliard puisse commencer à chauffer le PQ chez les francophones.

Tout ça pour dire que, finalement, le boulot sera énorme pour Christine Fréchette, et on n’ose même pas penser à la difficulté de trouver de nouveaux candidats.

Mais bonne nouvelle, on pourrait avoir une vraie campagne électorale, en octobre prochain, une bonne idée pour les Québécois.

Entre nous

Quelques mots pour saluer Patrick Roy et lui répéter combien nous sommes toujours aussi fiers de lui à Québec. Mes hommages, cher Pat !

Bon, aucune chance que ce livre ne devienne finaliste au prix Femina, pas un chef-d’œuvre, pas du tout, mais il a fait du bien à mon vieux « cœur de rocker » : Last Rites, d’Ozzy Osbourne avec Chris Ayres.



Qu’en pensez-vous ? Participez au dialogue

Christine Fréchette : La CAQ à la croisée des chemins

Christine Fréchette a remporté la course au leadership de la CAQ, mais son règne pourrait s’achever aussi vite qu’il a commencé si elle ne rompt pas avec le passé.

Ce qui se passe réellement

Christine Fréchette a gagné la course au leadership de la CAQ. Pas de surprise là, le contraire nous aurait mis sur le derrière. Mais son règne de première ministre pourrait se terminer à temps pour la cueillette des citrouilles et des courges, à l’automne, si elle ne fait pas rapidement des gestes de rupture dramatique pour couper le lien avec le régime caquiste passé. Elle souhaiterait sûrement reproduire le miracle Carney des dernières élections fédérales, se faire élire malgré un parti devenu contre-indiqué pour notre santé psychologique collective.

Bien qu’on ne le sente pas actuellement, tout demeure théoriquement possible. D’emblée, il lui faudrait changer les mannequins de la vitrine, parce que les Québécois ne sont plus capables d’en voir certains, même en peinture. Mme Fréchette devrait passer la gratte au Conseil des ministres et, à de très rares exceptions, signer des cessations d’emploi à ceux qui ne se représenteront pas aux prochaines élections, c’est un minimum.

Et donc, rétrécir au possible le nombre de ministres et accueillir plusieurs nouvelles tronches, en bas de la moitié, on serait déçus. Vous me direz que le bassin de talents n’est pas si grand. Un moindre mal. Mieux vaut ça, en tenant « l’enthousiasme » des petits nouveaux très serré, que conserver trop de stock usagé. Qu’elle fasse comme un coach en séries, qu’elle coupe son banc et n’envoie que ses meilleurs sur la patinoire.

Si Mme Fréchette était capable de ferrer une couple de poissons de bonne dimension de l’extérieur de la boîte, ne serait-ce que pour surprendre, ça ne ferait pas de tort. Mais bon, plus facile à dire qu’à faire. Grâce à la prorogation, elle n’aura pas à trop bretter à l’Assemblée nationale. Heureusement, parce qu’elle n’est pas équipée pour répondre à tous les péchés commis par la CAQ depuis huit ans, et pas plus pour expliquer les contradictions que ses propres ruptures avec ces années de pouvoir pourraient provoquer.

D’autant qu’elle est devenue la femme à battre, celle qu’on doit discréditer le plus rapidement possible afin d’empêcher tout début d’élan favorable. Maintenant, la nouvelle PM aura-t-elle le nez assez fin pour bien sentir le pouls des Québécois ? J’entends de ceux-ci qu’il ne leur reste pas beaucoup d’argent dans leurs poches, qu’ils sont soucieux comme le maudit. On a parfois l’impression que la population aimerait presque élire un mini-Carney au Québec pour avoir la paix.

Pourquoi cela dérange

Dans un monde parfait où elle pourrait avoir une chance de répéter le tour de magie électoral du premier ministre fédéral, Mme Fréchette aurait potentiellement son Pierre Poilievre (PP) à portée de main en la personne de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP). Celui qui est convaincu de devenir premier ministre, comme l’était PP, mais qui pourrait l’échapper. Les gens ne veulent pas qu’on leur impose un référendum à court terme, mais PSPP continue à se prendre pour le libérateur d’un peuple persécuté, assignant au gouvernement fédéral le rôle de Darth Vader politique.

Il pousse trop fort sur ce discours, jusqu’à la lassitude, les gens ne sentent pas l’affaire exactement comme lui présentement. Jusqu’à tout récemment, la population était probablement prête à faire la différence entre la gestion du Québec et un référendum, et élire le Parti québécois (PQ). Un tel scénario donnerait du temps à ce parti pour convaincre les Québécois de la nécessité de la souveraineté. Mais là, c’est devenu moins sûr. Primo, il existe de nouvelles solutions de rechange, et ensuite, PSPP tartine trop épais sur la souveraineté et pas assez sur les solutions aux problèmes urgents du Québec.

Ce ne serait pas trahir que d’ajuster ses objectifs, bien au contraire, il ferait preuve d’une lucidité bienvenue. Et il y a aussi son attitude qui commence à indisposer, son air de gars « loadé comme un gun », comme le chante Éric Lapointe, qu’on sent constamment crinqué et habité par une forme de hargne incompréhensible pour un aspirant premier ministre en tête des sondages d’opinion. On en oublie que cet homme a déjà souri. Il faut lui souhaiter de changer d’humeur, de ton, avant qu’il ne soit trop tard.

Ce que cela implique concrètement

De l’autre côté, vous avez le libéral Charles Milliard qui sort tranquillement de sa coquille, qui fait plus normal, plus valium, bien qu’il n’ait pas encore été vraiment testé, ça viendra. Mais jusqu’à maintenant, et cela lui semble plutôt naturel, il a peut-être compris qu’il devait se comporter exactement à l’inverse de PSPP. Dégager une image apaisante, le tout sans langue de bois, mais sans rien dire de risqué, et sans prendre aucun engagement sérieux. Son modèle, Robert Bourassa, aurait su apprécier.

Cela dit, ça marchera pour un temps et il faudra bien qu’il déballe ses plans un de ces quatre. Il ne serait toutefois pas impossible qu’avec trois ou quatre candidatures économiques pertinentes, et quelques engagements intelligents, M. Milliard puisse commencer à chauffer le PQ chez les francophones. Tout ça pour dire que, finalement, le boulot sera énorme pour Christine Fréchette, et on n’ose même pas penser à la difficulté de trouver de nouveaux candidats.

Lecture satirique

Mais bonne nouvelle, on pourrait avoir une vraie campagne électorale, en octobre prochain, une bonne idée pour les Québécois. La question demeure : Fréchette saura-t-elle naviguer dans ce marécage politique ? Ou finira-t-elle par se noyer dans les promesses non tenues et les discours déconnectés du réel ?

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, les défis auxquels Fréchette fait face rappellent les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs, notamment aux États-Unis et en Russie. Les promesses de changement peuvent rapidement se transformer en discours populistes, où la réalité est souvent sacrifiée sur l’autel de l’ambition politique.

À quoi s’attendre

Projection prudente : si Christine Fréchette ne parvient pas à se distancier du passé, elle risque de devenir une autre figure politique déconnectée, perdue dans les méandres de la politique québécoise. Les Québécois, fatigués des promesses non tenues, pourraient bien lui faire payer le prix fort.

Sources

Source : www.lapresse.ca

Madame Fréchette, la rupture, ça presse
Visuel — Source : www.lapresse.ca
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire