L’épidémie de chikungunya se poursuit dans toutes les communes de La Réunion avec 6 289 cas confirmés du 24 au 30 mars, selon franceinfo, qui se fait l’écho de l’Agence Régionale de Santé, ce mercredi 9 avril. A ce titre, l’ARS note, mercredi 9 avril, un nombre de consultations dans les cabinets de médecin en constante augmentation. Alors qu’il y a eu plus de 73 000 consultations depuis le début de l’année, 22 000 consultations pour ce motifs se sont déroulées du 24 au 30 mars. Une hausse de 18% par rapport à la semaine précédente.

Dans ce contexte, la campagne de vaccination contre l’épidémie de chikungunya – transmis par le moustique tigre – s’est déroulée depuis lundi 7 avril. Il s’agit de « la première phase de la campagne de vaccination » ciblée en priorité à destination des personnes à comorbidité ou âgées de plus de 65 ans, selon un communiqué de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de La Réunion relayé par l’Agence France-Presse (AFP). Ce public pourra ainsi bénéficier gratuitement de cette vaccination et recevoir une injection chez un médecin, un infirmier ou un pharmacien. Les 40 000 doses du seul vaccin disponible, le Ixchiq, étant arrivé la semaine précédente sur l’île.

Cette première phrase de vaccination est nécessaire, étant donné l’état de saturation des services hospitaliers qu’a dénoncé le centre hospitalier universitaire (CHU) de l’Île vendredi 4 avril, qui gère deux sites, à Saint-Denis (Nord) et Saint-Pierre (Sud). Une situation qui vient s’ajouter à la crise structurelle à laquelle sont confrontés les centres hospitaliers, conséquence de politiques désastreuses menées depuis des années par les pouvoirs publics.

Par conséquent, le CHU a annoncé avoir déclenché un plan blanc « afin de faire face à une accélération significative » de la prise en charge de patients atteints de chikungunya et une « augmentation très importante » de l’activité des urgences sur ses deux sites. Un plan blanc est un dispositif de crise qui permet de déprogrammer certaines opérations ou de rappeler des personnels médicaux en congés.

Une « saturation des capacités d’hospitalisation »

Un dispositif d’autant plus urgent à mettre en place que le CHU de La Réunion a fait aussi état d’une « saturation des capacités d’hospitalisation, malgré l’ouverture de lits supplémentaires », ainsi que d’une « tension croissante sur les ressources humaines, avec un taux d’absentéisme élevé » lié au chikungunya.

D’ailleurs, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a annoncé, vendredi 4 avril sur franceinfo que « les semaines les plus délicates se profilent, le pic est attendu mi-avril » alors qu’il s’est rendu sur l’Île le lendemain.

Le CHU de La Réunion avait appelé dès la semaine dernière les habitants à ne se rendre aux urgences « qu’en cas de réelle urgence médicale », expliquant que son antenne du sud de l’Île affrontait une « situation de tension capacitaire maximale » en raison de l’afflux de patients contaminés par le chikungunya.

Deux personnes âgées mortes du virus

L’ARS indique que “36 cas graves ont été hospitalisés dont 19 adultes de plus de 65 ans et 16 nourrissons de moins de deux mois depuis le début de l’épidémie”. En outre, près de 6 000 nouveaux cas ont été enregistrés au cours de la semaine du 17 au 23 mars 2025, selon le dernier bilan sanitaire, publié mercredi 2 avril. Et deux personnes, âgées de 86 et 96 ans, sont officiellement mortes du virus.

L’impact de la maladie reste pour l’instant loin de celui de l’épidémie de 2005-2006, qui avait touché 260 000 personnes – plus d’un tiers de la population – et fait plus de 200 morts. Le dernier déclenchement du plan blanc dans les hôpitaux de La Réunion remonte à janvier 2022, pour faire face à l’afflux de malades contaminés par le Covid. Il avait été levé après près d’un mois.

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Chikungunya à La Réunion : Quand la santé publique se transforme en farce tragique

6 289 cas de chikungunya, des hôpitaux saturés, et une campagne de vaccination qui arrive à la traîne. Bienvenue à La Réunion, où la gestion de la crise sanitaire semble être un sketch de mauvais goût.

Alors que l’épidémie de chikungunya continue de faire des ravages sur l’île, avec 6 289 cas confirmés entre le 24 et le 30 mars, la situation devient aussi cocasse qu’inquiétante. L’Agence Régionale de Santé (ARS) nous informe que le nombre de consultations médicales a explosé, atteignant 22 000 en une semaine, soit une hausse de 18 % par rapport à la semaine précédente. Qui aurait cru que les moustiques tigres seraient les véritables stars de La Réunion ?

Ce qui se passe réellement

La campagne de vaccination, lancée le 7 avril, cible en priorité les personnes âgées et celles avec des comorbidités. Avec seulement 40 000 doses du vaccin Ixchiq disponibles, on se demande si les autorités n’ont pas confondu « vaccination » avec « loterie ». Pendant ce temps, les hôpitaux, déjà en crise structurelle à cause de politiques publiques désastreuses, sont au bord de l’effondrement. Le CHU a même dû déclencher un plan blanc, un dispositif de crise qui permet de déprogrammer des opérations. Tout cela pour gérer une « saturation des capacités d’hospitalisation » qui frôle l’absurde.

Pourquoi cela dérange

Il est difficile de ne pas sourire, ou plutôt de ne pas pleurer, en constatant que la gestion de la santé publique à La Réunion ressemble à une pièce de théâtre absurde. Les autorités, qui se vantent de leur réactivité, sont en réalité en retard d’une guerre. Pendant que le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, annonce que « les semaines les plus délicates se profilent », les hôpitaux crient à l’aide. Qui a dit que la réalité ne pouvait pas dépasser la fiction ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette gestion chaotique sont graves. Deux personnes âgées ont déjà perdu la vie à cause du virus, et près de 36 cas graves ont été hospitalisés. Pendant ce temps, le CHU appelle les habitants à ne se rendre aux urgences qu’en cas de « réelle urgence médicale ». Une belle manière de dire que, si vous n’êtes pas en train de mourir, attendez votre tour.

Lecture satirique

Les promesses des autorités, qui se veulent rassurantes, se heurtent à la réalité des faits. La vaccination, censée être la solution, est à peine amorcée alors que les cas explosent. On pourrait presque croire que les responsables politiques ont pris des cours de comédie, tant leur décalage avec la réalité est frappant. Peut-être qu’ils espèrent que le chikungunya se résoudra de lui-même, comme par magie.

Effet miroir international

En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec d’autres pays où la gestion des crises sanitaires est tout aussi chaotique. Aux États-Unis, par exemple, la lutte contre le Covid-19 a souvent été marquée par des décisions absurdes et des discours déconnectés. À La Réunion, le chikungunya semble suivre le même chemin, comme si les leçons du passé n’avaient jamais été tirées.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, on peut s’attendre à une aggravation de la situation. Les semaines à venir s’annoncent critiques, et il est fort probable que les hôpitaux continueront de crouler sous le poids des patients. Espérons que les autorités finiront par comprendre que la santé publique ne peut pas être gérée comme un spectacle de magie.

Sources

Source : www.humanite.fr

Plan blanc annoncé, campagne de vaccination… Ce que l’on sait de l’épidémie de chikungunya à La Réunion
Visuel — Source : www.humanite.fr
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