Chiang Mai : Quand l’air devient un poison, les promesses s’envolent

Depuis fin mars, Chiang Mai, la deuxième ville de Thaïlande, suffoque sous un air devenu toxique. État de catastrophe naturelle déclaré, mais les solutions semblent aussi rares que l’air pur.

Depuis fin mars, les habitants de Chiang Mai, la deuxième ville du pays, dans le nord de la Thaïlande, suffoquent sous un air devenu toxique. Mercredi 1er avril, pour le quatrième jour consécutif, elle s’est hissée au rang de cité la plus polluée au monde, rapporte la presse locale, qui cite IQAir. Dans plusieurs districts, l’état de catastrophe naturelle a été décrété.

Ce qui se passe réellement

La pollution atmosphérique pèse lourdement sur la santé publique. Chaque année, des millions de Thaïlandais tombent malades, surtout en fin de saison sèche. En cause : les incendies de forêt, auxquels s’ajoutent les brûlis agricoles dans le nord du royaume, mais aussi en Birmanie et au Laos voisins. Ce qui fait bondir les taux de particules fines et rend l’air irrespirable.

« On a des maux de tête, les yeux qui piquent, la gorge et le nez irrités, on tousse. Ça a un vrai impact sur notre santé. On ne peut même plus sortir. Et on s’inquiète surtout pour les enfants et les personnes âgées, plus vulnérables. C’est très préoccupant », témoigne Natthari depuis Chiang Mai.

Face à ce smog toxique, les professionnels de santé recommandent le port de masques N95 bien ajustés en extérieur et, pour ceux qui en ont les moyens, l’usage de purificateurs d’air en intérieur. Plus de 10 millions de personnes ont été traitées en 2023 en Thaïlande pour des problèmes de santé liés à la pollution, selon le ministère de la Santé.

Les autorités, elles, disent intensifier leur lutte contre les feux de forêt. « Les habitants aimeraient des mesures plus sérieuses et cohérentes. Pas seulement à court terme, mais des solutions durables : mieux contrôler les incendies et encadrer plus strictement les brûlis agricoles », affirme Natthari qui appelle aussi à une meilleure coopération régionale avec les pays voisins.

Pourquoi cela dérange

Il est fascinant de constater que, dans un pays où le tourisme est roi, l’air que l’on respire devient une attraction touristique… pour les masques à gaz. Les promesses de lutte contre la pollution semblent aussi éphémères que les nuages de fumée qui étouffent la ville.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : des millions de Thaïlandais souffrent, et les autorités semblent plus préoccupées par la communication que par des actions concrètes. La santé publique est mise à mal, et les enfants, ces futurs citoyens, sont les premières victimes de cette négligence.

Lecture satirique

Les discours politiques sont remplis de promesses de changement, mais la réalité est que les habitants de Chiang Mai doivent se contenter de masques et d’irritations. Pendant ce temps, les responsables se battent pour savoir qui peut faire le plus beau discours sur la protection de l’environnement, tout en laissant l’air devenir un poison.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas unique à Chiang Mai. Il rappelle les dérives autoritaires ailleurs, où les gouvernements promettent des solutions à des crises qu’ils contribuent eux-mêmes à aggraver. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, les discours déconnectés de la réalité sont monnaie courante.

À quoi s’attendre

Si la tendance se poursuit, il est à craindre que Chiang Mai ne devienne pas seulement la ville la plus polluée, mais aussi un symbole de l’inaction face à une crise environnementale qui ne fait que s’aggraver.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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