Cheng Li-wun : La Paix par la Soumission ?
Le président chinois Xi Jinping reçoit Cheng Li-wun, cheffe de l’opposition taïwanaise, pour « semer les graines de la paix »… ou plutôt pour arroser les racines de la soumission.
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Le 10 avril, la cheffe de l’opposition taïwanaise, Cheng Li-wun, a fait un saut à Pékin, devenant ainsi la première présidente du Kuomintang (KMT) à se rendre en Chine continentale depuis une décennie. Un événement qui, à première vue, pourrait sembler être un pas vers la paix. Mais, comme souvent dans les relations internationales, les apparences sont trompeuses.
Ce qui se passe réellement
Cheng Li-wun a présenté son voyage comme une initiative pour « semer les graines de la paix », malgré le fait que la Chine considère Taïwan comme une province à unifier par tous les moyens, y compris la force. Depuis 2016, le Parti démocrate progressiste (DPP), au discours indépendantiste, est au pouvoir à Taïwan, ce qui a considérablement refroidi les relations avec Pékin. Lai Ching-te, le président taïwanais actuel, est perçu par la Chine comme un séparatiste, ce qui ne facilite pas les choses.
Pourquoi cela dérange
La visite de Cheng est controversée. D’un côté, elle prône la paix, mais de l’autre, elle est régulièrement accusée d’être trop conciliante avec Pékin. En effet, alors que la Chine intensifie ses pressions militaires autour de Taïwan, Cheng semble jouer le rôle de la colombe dans un environnement de plus en plus militarisé. Comment peut-on « semer la paix » tout en s’asseyant à la table des oppresseurs ?
Ce que cela implique concrètement
Cette visite pourrait renforcer les tensions internes à Taïwan, où de nombreux citoyens voient d’un mauvais œil toute forme de rapprochement avec un régime qui ne cache pas ses ambitions expansionnistes. Les promesses de paix de Cheng risquent de se heurter à la réalité des menaces militaires chinoises, rendant son discours aussi crédible qu’une promesse de campagne électorale.
Lecture satirique
« Les deux rives du détroit ne sont pas condamnées à la guerre », déclare Cheng, tout en se rendant à Pékin, où Xi Jinping lui assure qu’il est « pleinement convaincu » d’un avenir commun. Une belle promesse, n’est-ce pas ? Comme si l’histoire récente ne nous avait pas déjà appris que les promesses des puissants sont souvent aussi solides qu’un château de sable. La paix par la soumission, voilà un concept qui mérite d’être exploré !
Effet miroir international
Cette situation rappelle les discours de certains leaders autoritaires à travers le monde, qui prônent la paix tout en renforçant leur emprise sur le pouvoir. Que ce soit en Russie, aux États-Unis ou ailleurs, la rhétorique de la paix est souvent utilisée pour masquer des intentions moins nobles. Cheng, en se rendant à Pékin, semble jouer le même jeu, en espérant que les Taïwanais ne verront pas au-delà des mots.
À quoi s’attendre
À court terme, cette visite pourrait accroître les tensions à Taïwan, alors que le DPP et ses partisans pourraient voir d’un mauvais œil cette main tendue vers Pékin. À long terme, si Cheng continue sur cette voie, elle pourrait bien se retrouver à la tête d’un parti qui prône la paix… au prix de la liberté.



