Cessez-le-feu : une trêve à l’américaine, ou l’art de la comédie tragique

Entre promesses de paix et réalité des missiles, le monde assiste à un spectacle où le comique et le tragique se mêlent.

Drôle de trêve. Depuis l’annonce d’un cessez-le-feu de quinze jours en Iran cette nuit par Donald Trump, à moins de deux heures de l’expiration de son ultimatum, Israël a encore essuyé plusieurs tirs de missiles, les Émirats arabes unis ont annoncé avoir été visés par 17 missiles et 35 drones, tous neutralisés, tandis que l’Arabie saoudite a déclaré avoir intercepté 5 missiles et 9 drones. Néanmoins, le monde est soulagé. Non, la civilisation iranienne n’a pas disparu la nuit dernière comme le menaçait Trump. De la Russie au Liban, chacun a salué l’annonce d’un accord de cessez-le-feu et appelé les parties à le respecter.

Ce qui se passe réellement

Du côté des belligérants, chacun a évidemment crié victoire. Les États-Unis ont remporté une « victoire totale et complète », s’est félicité Trump, tandis que le Conseil suprême de la sécurité d’Iran a évoqué une « grande victoire » et ajouté que « l’ennemi a subi une défaite indéniable, historique et écrasante ». En attendant, tout reste à construire. Le cessez-le-feu est bien fragile, même s’il a déjà pour mérite d’imaginer que les quelque 20.000 marins bloqués depuis plus d’un mois dans le golfe Persique vont pouvoir en sortir et revoir leur famille.

L’Iran demande dans une liste de 10 points le contrôle du détroit d’Ormuz, le droit à enrichir l’uranium, des réparations de guerre, la levée des sanctions internationales, la fin de la guerre au Liban, etc. Quand les États-Unis veulent la fin du programme nucléaire et la remise du stock de l’uranium enrichi. « Les demandes sont maximalistes des deux côtés », confirment plusieurs observateurs.

Ouverture des négociations au Pakistan vendredi

Les négociations vont néanmoins s’ouvrir samedi au Pakistan en présence de J.D. Vance. À Islamabad, les diplomates pakistanais devront faire le tri dans les priorités des uns et des autres. Les dix points sont inacceptables pour les Américains, et la Maison-Blanche a d’ailleurs fait savoir qu’elle négociait sur un autre document. Téhéran demande aussi la suppression de toutes les sanctions primaires et secondaires.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est dérangeant, c’est cette comédie tragique où les acteurs principaux semblent plus préoccupés par leur image que par la réalité sur le terrain. Les frappes israéliennes continuent au Liban, et Trump, en bon chef d’orchestre, déclare que le Liban n’est pas concerné par la trêve, « en raison du Hezbollah ». Une belle manière de faire l’autruche, non ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences directes sont alarmantes : 254 morts et 1.165 blessés au Liban, un bilan qui ne semble pas émouvoir les grands de ce monde. Pendant ce temps, les négociations s’annoncent aussi fructueuses qu’un dialogue de sourds.

Lecture satirique

La promesse d’un cessez-le-feu est un peu comme un bon vieux film d’action : beaucoup de bruit pour rien. Les États-Unis, qui se vantent d’avoir anéanti la capacité de l’Iran à se défendre, semblent oublier que la guerre ne se gagne pas seulement sur le terrain, mais aussi dans les cœurs et les esprits. Et pendant ce temps, les civils trinquent.

Effet miroir international

Ce spectacle n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires d’autres régimes. Entre promesses de paix et frappes militaires, on se demande si Trump ne s’inspire pas des méthodes de certains de ses homologues peu scrupuleux. Le monde entier regarde, et il est difficile de ne pas rire jaune devant tant d’absurdité.

À quoi s’attendre

Dans le meilleur des cas, les négociations perdureront, mais sur fond de cessez-le-feu et d’un conflit gelé. Dans le pire des cas, les États-Unis reprendront de virulentes frappes. Mais le plus probable est sans doute un chemin encore chaotique et des frappes sporadiques, dans un climat où les États-Unis ne pourront pas totalement retenir Israël.

Sources

Source : www.lesechos.fr

Visuel — Source : www.lesechos.fr
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