« Sur les près de 2000 cerisiers autour du lac Gyeongpo (est de la Corée du Sud), 97 % sont japonais », peste Shin Jun-hwan, 69 ans. Cet ancien directeur de l’Arboretum national de Corée est en guerre contre les cerisiers japonais. « Bien que le lac soit l’un des sites les plus célèbres pour le festival des cerisiers, presque aucun d’entre eux d’origine indigène n’y a été trouvé. La grande majorité des arbres sont des Yoshino. »

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Cerisiers japonais : un symbole de la colonisation en fleurs

97 % des cerisiers autour du lac Gyeongpo sont japonais, et cela ne fait pas que fleurir les yeux des touristes.

Dans un monde où les racines culturelles sont souvent déracinées, la Corée du Sud se retrouve face à un paradoxe floral. « Sur les près de 2000 cerisiers autour du lac Gyeongpo, 97 % sont japonais », s’insurge Shin Jun-hwan, 69 ans, ancien directeur de l’Arboretum national de Corée. Ce dernier est en guerre contre les cerisiers japonais, ces intrus qui, bien qu’ils soient devenus des stars du festival des cerisiers, ne sont pas d’origine indigène. Une véritable invasion, en somme, mais qui aurait pu le prédire ?

Ce qui se passe réellement

La réalité est que, malgré la beauté indéniable des cerisiers en fleurs, leur provenance pose question. La majorité des arbres autour du lac Gyeongpo sont des Yoshino, un symbole de la colonisation japonaise, qui a laissé des traces bien plus profondes que leurs racines. En effet, presque aucun cerisier d’origine indigène n’y a été trouvé. Une belle métaphore de la manière dont l’histoire peut parfois se draper dans des pétales roses.

Pourquoi cela dérange

Ce qui dérange ici, c’est l’absence de diversité. Dans un monde où l’on prône la multiculturalité, ces cerisiers japonais sont un rappel amer que la nature, tout comme la culture, peut être colonisée. Les promesses d’un jardin diversifié se heurtent à la réalité d’une monoculture importée, laissant les arbres indigènes dans l’ombre, littéralement.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont doubles. D’une part, il y a la perte d’identité culturelle, et d’autre part, une dépendance à l’égard d’une espèce étrangère. Les cerisiers japonais, bien que beaux, ne racontent pas l’histoire de la Corée. Ils sont le symbole d’une histoire que beaucoup préfèreraient oublier, mais qui continue de fleurir chaque printemps.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un pays qui lutte contre les idéologies d’extrême droite et les dérives autoritaires, la nature elle-même semble avoir été soumise à une forme de colonialisme. Les discours politiques promettent de préserver l’identité nationale, mais pendant ce temps, les cerisiers japonais s’épanouissent sans vergogne, comme si de rien n’était. Promesses et réalité, un décalage qui ne fait que s’accentuer.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des cerisiers, on peut établir des parallèles avec d’autres pays où la nature et la culture sont également en danger. Que ce soit aux États-Unis, avec leur obsession pour le « American Dream », ou en Russie, où l’histoire est souvent réécrite, la tendance à privilégier une identité unique au détriment de la diversité est alarmante. Les cerisiers japonais ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il serait peut-être temps de repenser notre rapport à la nature et à la culture. Si nous continuons à ignorer les racines indigènes, nous risquons de nous retrouver dans un jardin où les fleurs ne racontent plus notre histoire, mais celle d’un autre.

Sources

Source : www.la-croix.com

En Corée du Sud, comment les cerisiers sont devenus un symbole national
Visuel — Source : www.la-croix.com
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