Centrafrique : Quand le fils du ministre se prend pour un humoriste, mais rate son sketch
Des propos dégradants tenus par le fils d’un ministre lors d’une polémique sur des hôtesses d’accueil révèlent une violence verbale inquiétante à l’égard des femmes en Centrafrique.
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En République centrafricaine, une semaine après l’investiture du président Faustin-Archange Touadéra, le fils du ministre conseiller, Gilles Ionel Gouandjika, a décidé de faire le buzz. Malheureusement, son humour douteux a provoqué une onde de choc, et pas celle qu’il espérait. En réponse à des critiques sur le choix d’hôtesses d’accueil venues du Cameroun, il a opté pour une tirade dégradante sur les femmes, révélant ainsi un problème bien plus vaste : la violence verbale omniprésente dans le pays.
Ce qui se passe réellement
Le 30 mars 2026, lors de la cérémonie d’investiture, le comité d’organisation a choisi une agence d’hôtesses camerounaises, suscitant l’indignation de nombreuses Centrafricaines qui ont dénoncé un mépris flagrant pour les professionnelles locales. En réponse, Gilles Ionel Gouandjika a publié une vidéo dans laquelle il insulte un groupe de femmes, évoquant leurs parties génitales et insinuant des odeurs corporelles peu flatteuses. Un vrai chef-d’œuvre de la comédie involontaire.
« Les violences se sont amplifiées sur les réseaux sociaux »
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Portia Deya-Abazen, présidente de la Fédération des associations des femmes centrafricaines (Fafeca), a qualifié ces propos de « goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Elle souligne que ce type d’insulte porte atteinte à la dignité de toutes les femmes et contribue à un climat où la violence verbale se banalise, notamment sur les réseaux sociaux. « Ces vidéos alimentent des conflits inutiles », déplore-t-elle, ajoutant que cela décourage les femmes de s’engager en politique ou dans des combats citoyens.
Une plainte déposée
Face à cette situation, une plainte a été déposée. Portia Deya-Abazene insiste sur l’importance de faire appliquer les lois existantes contre la cybercriminalité. « Les insultes en ligne, la diffamation et le harcèlement numérique sont punis par la loi. Les réseaux sociaux ne sont pas un espace de non-droit », rappelle-t-elle. Mais qui a vraiment besoin de lois quand on a l’impunité à portée de main ?
Dans une autre vidéo, Gouandjika a présenté des excuses, mais a précisé qu’il ne regrettait pas ses propos, affirmant qu’il s’adressait uniquement à un groupe de femmes qui l’attaquaient. Une belle manière de se dédouaner, n’est-ce pas ? Pour l’instant, l’affaire est entre les mains de la justice, mais on peut se demander si cela suffira à changer les mentalités.
Pourquoi cela dérange
Ce qui est frappant, c’est la déconnexion entre les discours politiques et la réalité. Alors que le gouvernement prétend promouvoir les droits des femmes, des membres de son entourage se permettent de tenir des propos qui les rabaissent. Cela soulève des questions sur l’authenticité des promesses politiques et sur la véritable place des femmes dans la société centrafricaine.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette violence verbale sont réelles et tangibles. Elles alimentent un climat de peur qui empêche les femmes de s’exprimer librement et de participer à la vie publique. La banalisation de l’insulte et du mépris à l’égard des femmes n’est pas seulement un problème de langage, mais un symptôme d’une culture qui valorise le pouvoir masculin au détriment de la dignité féminine.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, dans un pays où les femmes sont déjà en lutte pour leurs droits, un membre du gouvernement choisit de les rabaisser plutôt que de les soutenir. Cela rappelle étrangement les discours des politiciens autoritaires à travers le monde, qui utilisent la rhétorique de la division pour maintenir leur pouvoir. Si seulement Gouandjika avait pris un cours de communication avant de se lancer dans la politique !
Effet miroir international
Ce type de discours n’est pas isolé. À l’échelle mondiale, nous voyons des figures politiques, qu’elles soient en Russie, aux États-Unis ou ailleurs, qui se permettent de dénigrer les femmes sans aucune conséquence. Cela soulève une question cruciale : jusqu’où ira cette banalisation de la violence verbale avant que les sociétés ne réagissent ?
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se poursuit, nous pouvons nous attendre à une intensification des luttes pour les droits des femmes en Centrafrique. Les voix s’élèveront, et il est à espérer que les lois seront appliquées de manière à protéger celles qui osent s’exprimer. Mais pour cela, il faudra un changement de mentalité, tant au sein du gouvernement que dans la société.



