À Carpentras, dans le département du Vaucluse, une nouvelle disposition entrera en vigueur à partir du 1er octobre, prévoyant des frais pour le transport des personnes ivres prises en charge par la police municipale. En plus de l’amende de 150 euros infligée pour ivresse sur la voie publique, un coût additionnel de 120 euros sera désormais facturé, une décision qui soulève de nombreuses réactions parmi les habitants.

Ce que l’on sait
La mesure, mise en place par le maire de Carpentras, Hervé de Lépinau (Rassemblement National), vise à faire porter une part du coût du service public sur les personnes ayant abusé de l’alcool. D’après le maire, ce dispositif est justifié par le coût financier engendré par l’intervention des forces de l’ordre et le nettoyage nécessaire à la suite de ces prises en charge. En effet, en 2022, 84 personnes ont été transportées aux frais de la municipalité, ce qui représente une charge non négligeable pour la collectivité.
Cette initiative repose sur un article du Code de la santé publique, qui, selon le maire, lui permet de facturer le service proposé. Si certains citoyens expriment leur accord face à cette mesure, la réception globale semble mitigée. D’aucuns estiment qu’il s’agit d’une responsabilité individuelle et qu’il est juste que ceux qui en abusent en assument les coûts.
Ce qui change localement
Cette mesure pourrait modifier significativement le comportement des personnes qui sortent à Carpentras et changera la dynamique entourant les festivals et événements locaux où la consommation d’alcool est souvent présente. Des passants ont déjà fait part de leurs avis. Un homme a rappelé qu’il privilégie toujours un conducteur désigné lorsqu’il sort, tandis qu’une femme a exprimé que payer 120 euros pour pouvoir recevoir des soins médicaux en vaut la peine.
Cependant, la décision est également critiquée par l’opposition, qui met en avant une potentielle discrimination sociale. Selon des élus du groupe divers gauche, cette mesure pourrait aggraver la vulnérabilité des personnes en situation de précarité et soulignent l’importance de privilégier la prévention et l’accompagnement plutôt que la répression. Les associations locales chargées de l’accompagnement des personnes en difficulté alcoolique ont aussi appelé à davantage de soutien social, plutôt qu’à des sanctions financières.
Les prochaines étapes
Le lancement de cette nouvelle amende s’inscrit dans une période où la ville de Carpentras vise à aborder la question de la sécurité publique et des comportements en matière de consommation d’alcool plus largement. La mise en œuvre et le suivi des conséquences de cette mesure seront scrutés à la fois par les autorités locales et la population. Un débat sur l’efficacité et l’éthique de ces décisions pourrait rapidement émerger dans les mois à venir, engendrant potentiellement des ajustements ou des débats au sein du conseil municipal.
Source : franceinfo- Vaucluse
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