Carburants : Quand la guerre au Moyen-Orient fait exploser les prix
Les automobilistes en ont plein le réservoir : depuis mars, les prix des carburants s’envolent, et ce n’est pas seulement à cause des taxes.
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Si vous êtes automobiliste, vous l’avez sûrement remarqué : les prix des carburants ont considérablement augmenté depuis début mars, en grande partie à cause des frappes américano-israéliennes en Iran. La tension sur le marché du pétrole, que les déclarations de Donald Trump font fluctuer, et les queues dans les stations-service ont tiré les prix vers le haut, en particulier pour le gazole.
Ce qui se passe réellement
Le gouvernement a pris quelques mesures pour aider les professionnels, mais pour les usagers, la hausse se matérialise avec les montants affichés sur les pompes. Le gouvernement publie chaque jour en temps réel les prix annoncés par les stations-service. Nous avons analysé ces données pour calculer, station par station, de combien le litre de gazole ou de SP95-E10 avait augmenté entre début mars et ces derniers jours. Sur la carte ci-dessous, vous pouvez visualiser l’évolution du prix du gazole et du SP95-E10, là où vous avez l’habitude de faire le plein, et de combien d’euros un plein moyen de 50 litres a augmenté :
Une hausse moyenne plus forte pour le gazole
La carte affiche pour chaque station les prix du gazole et du SP95-E10 annoncés autour du 1er mars 2026 et les compare avec les derniers prix annoncés autour du 1er avril. En moyenne, le prix du litre de gazole a pris 53 centimes pour atteindre 2,29 €/l, et le prix du SP95-E10 a augmenté de 28 centimes à près de 2 €/l.
La hausse moyenne est donc de 31 % pour le gazole, et de 16,5 % pour le SP95-E10. Concrètement qu’est-ce que cela représente ? Pour un plein de 50 litres (le volume moyen d’un réservoir de voiture), cela fait un plein de gazole plus cher de 26,50 € en avril par rapport à mars, et un plein de SP95-E10 qui a pris 14,10 € sur la même période.
Pourquoi cela dérange
À cette hausse des prix s’ajoutent des ruptures dans certaines stations, en particulier celles du réseau Total et TotalAccess. Ces enseignes ont en effet plafonné les prix, ce qui a provoqué un afflux de consommateurs et un épuisement des stocks. On dénombrait jeudi 2 avril plus de 800 stations avec une rupture de gazole ou de SP95-E10, voire des deux.
Ce que cela implique concrètement
Face à cette situation, le gouvernement est pressé d’agir par ses opposants, par les professionnels et par les consommateurs. Il se refuse pour l’instant à des mesures aussi fortes que lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, en 2022, ou lors de l’épidémie de Covid, en 2020. Ces séquences ont laissé des trous dans les caisses, et l’exécutif estime que l’État n’a pas les moyens de baisser les taxes sur les carburants, comme en Espagne, en Italie, en Suède ou en Irlande.
Lecture satirique
Les distributeurs de leur côté estiment avoir réduit leurs marges, et appellent les pétroliers à faire de même. En attendant, la durée du conflit au Moyen-Orient est toujours incertaine, laissant craindre que les approvisionnements se compliquent, et que les prix restent hauts.
Effet miroir international
Alors que les États-Unis et d’autres pays adoptent des politiques de réduction des taxes pour soulager leurs citoyens, la France semble se complaire dans une gestion de crise qui rappelle les pires heures de l’austérité. Un bel exemple de décalage entre promesse et réalité.
À quoi s’attendre
Les automobilistes peuvent s’attendre à des prix toujours plus élevés, à moins que le gouvernement ne décide enfin de prendre des mesures significatives. Mais ne vous inquiétez pas, les promesses de changement sont toujours à l’ordre du jour… pour demain.



