Publié



Temps de lecture : 3min – vidéo : 2min

Face à la hausse des prix des carburants, les gouvernements des pays de l’Union européenne ont adopté différentes mesures. La France aiderait-elle moins que ses voisins, comme les suggère le Rassemblement national ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Pour baisser les taxes sur le carburant, la France n’a qu’à s’inspirer de ses voisins européens. C’est ce que répète le Rassemblement national (RN). « Des mesures telles que celles que nous proposons sont appliquées dans d’autres pays de l’Union européenne. Je pense à l’Italie, je pense au Portugal, je pense à l’Autriche. Il y a des pays en Europe qui ont fait un effort pour le prix à la pompe. C’est le cas de l’Autriche, c’est le cas de l’Italie, c’est le cas du Portugal« , déclarait Sébastien Chenu, le vice-président du RN, le 26 mars 2026.

Alors, face à la montée des prix de l’essence, certains gouvernements européens protègent-ils mieux leurs citoyens ? Quand les Portugais roulent, ils paient désormais 3,3 centimes de moins par litre d’essence, 1,8 par litre de diesel. C’est le résultat d’un dispositif qui baisse automatiquement les taxes lorsque les prix du carburant augmentent. Mais on est loin des presque 30 centimes de baisse que souhaiterait le RN.

En Italie, c’est beaucoup plus : moins 20 centimes par litre, grâce à une baisse des taxes, mais uniquement pendant 20 jours. Et revers de la médaille, un coût élevé pour les finances publiques : plus de 400 millions d’euros de manque à gagner, selon le gouvernement transalpin.

Deuxième problème, des pétroliers ou des distributeurs pourraient profiter de ces baisses de taxes pour gonfler discrètement leurs marges. La Pologne en a fait les frais en 2022. « C’est un risque qu’on a déjà observé dans le passé. L’État baisse l’impôt, et l’industriel ou le commerçant en profite pour accroître sa marge. Et le consommateur s’en rendra pas nécessairement compte. Ça, en effet, c’est un effet pervers dont on doit tenir compte et qui n’est pas facile à contrôler« , prévient Jacques Percebois, professeur émérite à l’Univsité de Montpellier.

C’est ce que l’Autriche a tenté de faire, en baissant les taxes avec un plafonnement des marges des raffineurs et des distributeurs. Il est donc possible de réduire directement les taxes sur l’essence : plusieurs de nos voisins le font, mais cela représente un manque à gagner important pour les finances publiques, avec le risque d’une baisse de courte durée pour le consommateur.

Jacques Percebois, Professeur émérite à l’Université de Montpellier, directeur du Centre de recherche en économie et droit de l’énergie (CREDEN)

« On revient aux prix du mois dernier, avant que la guerre éclate » : l’Italie baisse les taxes sur le carburant de 25 centimes d’euro, les automobilistes soulagés, 19/03/2026

 La compagnie pétrolière polonaise PKN Orlen accusée de gonfler les prix à la pompe, 5 janvier 2023

 Austrian lower house paves way for measures to counter rising fuel prices, 25/03/2026

 Portugal : le gouvernement baisse le prix des carburants et soutient le logement, 27/03/2026

 Italie, Portugal, Espagne… Ces pays qui ont pris des mesures pour contrer la hausse du prix des carburants, 27/03/2026

 Liste non exhaustive

Carburants : La France, le mauvais élève de l’Europe ?

Face à la flambée des prix des carburants, la France semble jouer les timides, tandis que ses voisins prennent des mesures audacieuses. Le Rassemblement national n’hésite pas à tirer à boulets rouges sur le gouvernement.

Alors que les prix à la pompe s’envolent, les gouvernements européens s’activent pour protéger leurs citoyens. Mais la France, comme à son habitude, semble rester sur la touche, laissant le Rassemblement national (RN) s’interroger : « Pourquoi ne pas s’inspirer de nos voisins ? » Un cri du cœur qui pourrait faire sourire, tant les solutions proposées par le RN semblent aussi creuses qu’un réservoir vide.

Ce qui se passe réellement

Pour faire face à la hausse des prix, la France pourrait effectivement s’inspirer de ses voisins européens. Le vice-président du RN, Sébastien Chenu, a déclaré le 26 mars 2026 : « Des mesures telles que celles que nous proposons sont appliquées dans d’autres pays de l’Union européenne. » En effet, en Portugal, les automobilistes bénéficient d’une réduction de 3,3 centimes par litre d’essence, et 1,8 centime pour le diesel, grâce à un dispositif qui ajuste automatiquement les taxes. En Italie, la baisse est plus marquante : moins 20 centimes par litre, mais attention, seulement pour 20 jours, et au prix d’un manque à gagner de 400 millions d’euros pour l’État. Une belle opération de communication, mais à quel prix ?

En revanche, la France, avec ses promesses de baisse de taxes, semble se heurter à un mur. Les experts, comme Jacques Percebois, professeur émérite à l’Université de Montpellier, mettent en garde contre les effets pervers de telles baisses. En Pologne, en 2022, des distributeurs ont profité de la situation pour gonfler leurs marges, laissant les consommateurs dans l’ignorance. Une situation qui pourrait bien se reproduire ici.

Pourquoi cela dérange

La contradiction est flagrante : d’un côté, le RN appelle à des mesures immédiates, de l’autre, il ignore les conséquences économiques à long terme. En baissant les taxes, on risque de creuser le déficit public, tout en laissant les consommateurs à la merci des marges des pétroliers. Une belle manière de jouer les héros tout en laissant les citoyens sur le bord de la route.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont claires : une baisse temporaire des prix à la pompe, mais à quel coût pour les finances publiques ? Les gouvernements européens, en baissant les taxes, prennent le risque de déséquilibrer leurs budgets, tout en laissant les consommateurs dans l’incertitude. Un jeu dangereux qui pourrait bien se retourner contre eux.

Lecture satirique

Le discours du RN, qui prône des baisses de taxes à tout-va, ressemble à une promesse électorale en période de campagne : séduisante, mais souvent déconnectée de la réalité. Alors que les autres pays prennent des mesures concrètes, la France semble se contenter de promesses en l’air. Ironie du sort, le RN, qui critique le gouvernement pour son manque d’initiative, pourrait bien se retrouver à défendre des mesures qui, au fond, ne font que masquer les véritables enjeux économiques.

Effet miroir international

En parallèle, on ne peut s’empêcher de faire un lien avec les politiques autoritaires à l’étranger. Aux États-Unis ou en Russie, les gouvernements prennent des décisions qui, sous couvert de protection des citoyens, ne font qu’accroître leur pouvoir. La France, en se contentant de promesses, pourrait bien emprunter le même chemin, laissant les citoyens dans l’incertitude.

À quoi s’attendre

Si la tendance se maintient, les automobilistes français pourraient continuer à subir les hausses de prix, tandis que les promesses de baisse des taxes resteront lettre morte. Une situation qui pourrait bien alimenter le mécontentement populaire et renforcer les discours extrêmes.

Sources

Source : www.franceinfo.fr

Prix des carburants : la France est-elle moins généreuse que ses voisins européens face à la crise ? – franceinfo
Visuel — Source : www.franceinfo.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire