Carburant sous pression : l’Indonésie face à la crise énergétique
L’Indonésie, en pleine crise énergétique, semble jouer à l’optimisme de façade, tandis que les réserves de gaz s’épuisent. Un déni qui pourrait coûter cher.
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À la une de l’édition de Tempo du 6 au 12 avril, le président indonésien Prabowo Subianto et ses ministres sont assis sur une bonbonne de gaz à la jauge dangereusement basse et semblent tous très embêtés. “Carburant sous pression, gaz introuvable”, titre l’hebdomadaire de Jakarta. Pendant que le Japon, avec ses réserves stratégiques, s’active, l’Indonésie affiche un optimisme suspect, comme si la réalité ne la touchait pas.
Ce qui se passe réellement
Alors que la plupart des grandes économies asiatiques importatrices ont pris des mesures d’urgence pour amortir le choc énergétique et préparer leur population au pire, l’Indonésie, dont au moins 25 % des importations de pétrole et 30 % des importations de gaz liquéfié transitent par le détroit d’Ormuz, persiste à répéter que la situation est maîtrisée. Les réserves couvrent vingt et un jours de consommation, et les prix pour les ménages seront préservés. Une belle promesse, mais à quel prix ?
Déni de réalité
Pour Tempo, cette posture révèle un dangereux déni de réalité, qui expose directement les finances publiques, dans un contexte de prix à la consommation largement subventionnés. Chaque dollar supplémentaire sur le baril de pétrole brut alourdit de plusieurs centaines de millions de dollars la charge des subventions énergétiques. Une surcharge qui pourrait être contenue par des mesures ciblées, comme le rationnement du carburant à 50 litres par jour et le télétravail partiel.
Mais “ces mesures peinent à convaincre qu’elles pourront combler le trou budgétaire causé par l’augmentation des subventions et des compensations”, écrit Tempo, et leur efficacité est en outre questionnée. “La majorité des travailleurs ne se déplacent pas en voiture”, et le plafond fixé reste largement supérieur à la consommation moyenne.
La question du gaz s’avère encore plus sensible, souligne le journal. Car, “s’il est possible de limiter les déplacements pour économiser du carburant, une pénurie de gaz domestique devient rapidement une question de survie” pour des millions de ménages qui en dépendent pour cuisiner.
“Il est temps d’augmenter les prix des carburants”, titre l’un des articles du numéro : c’est “la seule option crédible pour sauver le budget de l’État”. Si cette décision impopulaire est politiquement risquée, reconnaît le journal, un “effondrement du budget de l’État serait bien plus lourd de conséquences”. “Pour un président qui se veut le ‘Tigre de l’Asie’, le moment est venu de rugir, pas de miauler”, conclut Tempo.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière les incohérences d’un gouvernement qui préfère jouer à l’autruche plutôt que d’affronter la réalité. Le décalage entre les promesses et la réalité est criant : les réserves sont insuffisantes, et les mesures proposées semblent plus être des pansements sur une jambe de bois.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences directes de cette gestion chaotique pourraient être désastreuses pour des millions de ménages, qui risquent de se retrouver sans gaz pour cuisiner. Une crise qui pourrait rapidement se transformer en catastrophe sociale.
Lecture satirique
Le discours politique, avec son optimisme démesuré, rappelle ces dirigeants qui, face à une tempête, préfèrent danser sous la pluie plutôt que de chercher un abri. La promesse de maintenir les prix pour les ménages semble plus un slogan qu’une réalité tangible. En somme, un bel exemple de déconnexion entre les élites et le peuple.
Effet miroir international
Ce déni de réalité n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires d’autres pays, où les dirigeants préfèrent ignorer les crises plutôt que d’admettre leurs erreurs. Une tendance inquiétante qui semble se répandre comme une traînée de poudre à travers le monde.
À quoi s’attendre
Si la situation ne change pas rapidement, l’Indonésie pourrait se retrouver dans une spirale infernale, où l’optimisme aveugle se heurtera à la réalité brutale des faits. Les prochaines semaines seront cruciales pour voir si le gouvernement choisit enfin de prendre des mesures concrètes.
Sources
Source : www.courrierinternational.com



