Cameroun : Quand l’ONU demande la libération d’un ex-cadre du pouvoir, le gouvernement reste sourd

Marafa Hamidou Yaya, détenu depuis 14 ans, est le symbole d’une justice qui se moque des droits humains. L’ONU demande sa libération, mais à Yaoundé, on préfère ignorer les appels à la raison.

Le 12 mars dernier, le Comité des droits humains des Nations unies a rendu un avis qui, comme un cri dans le désert, semble avoir été accueilli avec un silence assourdissant par le gouvernement camerounais. Marafa Hamidou Yaya, ex-Secrétaire général à la présidence, croupit dans une prison de Yaoundé depuis 14 ans, condamné pour « complicité de détournement d’argent public ». Un chef d’accusation qui, à ce stade, pourrait presque passer pour une blague de mauvais goût, tant les violations des droits humains sont flagrantes.

Ce qui se passe réellement

Le Comité des droits humains de l’ONU a conclu que plusieurs droits de Marafa ont été violés, notamment ceux relatifs à son arrestation, sa détention et son procès. Ces droits, garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Cameroun, semblent être aussi respectés que les promesses d’un politicien en campagne. L’ONU exige que Yaoundé « assure la libération immédiate » de Marafa et lui accorde une « indemnisation adéquate ». Mais qui a dit que le gouvernement camerounais se souciait des droits humains ?

Pourquoi cela dérange

Marafa, âgé de 74 ans, se décrit comme une victime d’une condamnation politique. Il a perdu la vue de son œil droit et risque de perdre celle du gauche. En 2016, l’ONU avait déjà qualifié sa détention d’arbitraire. Mais à Yaoundé, le gouvernement préfère jouer à l’autruche, ignorant les demandes d’informations formulées en 2023 et 2025. Il est presque comique de voir un gouvernement qui se vante de respecter la justice tout en piétinant les décisions de l’ONU.

Ce que cela implique concrètement

La situation de Marafa est un miroir déformant de la réalité politique au Cameroun. Alors que le gouvernement se drape dans une fausse légitimité, les droits fondamentaux sont bafoués. La promesse d’un procès équitable semble être un lointain souvenir, et l’indifférence du gouvernement face aux recommandations de l’ONU ne fait qu’aggraver la situation.

Lecture satirique

Il est presque risible de constater que le Cameroun, tout en affirmant respecter les décisions de justice, choisit de faire la sourde oreille face aux recommandations internationales. Le gouvernement, en réponse à l’avis de l’ONU, se contente de rappeler que la condamnation de Marafa a été entérinée par la Cour suprême. Une belle manière de dire : « Nous avons nos propres règles, merci de ne pas nous déranger avec les vôtres ! »

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires à travers le monde, où les droits humains sont souvent relégués au second plan. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, les discours politiques sont souvent déconnectés de la réalité. Le Cameroun, avec sa gestion des droits humains, pourrait presque donner des leçons à ses pairs.

À quoi s’attendre

Si le Cameroun continue sur cette voie, il est à craindre que la situation des droits humains ne se dégrade davantage. Les promesses de réforme et de justice risquent de rester lettre morte, et Marafa pourrait bien devenir le symbole d’une lutte perdue d’avance.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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