Cameroun : Quand la Constitution devient un simple outil de prolongation des mandats

Le Cameroun, terre de promesses démocratiques, semble avoir choisi la voie de la prorogation indéfinie des mandats. Une décision qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Le dernier épisode de la saga politique camerounaise a vu le Parlement valider une révision constitutionnelle qui, comme un tour de magie, a fait apparaître un poste de vice-président. Mais ce n’est pas tout ! Les sénateurs, dans un élan de créativité législative, ont également levé la limitation de 18 mois pour la prorogation des mandats des conseillers municipaux. Oui, vous avez bien entendu : désormais, ces mandats peuvent être prolongés indéfiniment par décret présidentiel. En prime, les législatives ont été repoussées à 2027. Qui a dit que la démocratie était en danger ?

Ce qui se passe réellement

Après la révision de la Constitution, le climat politique s’est tendu. Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et candidat à la présidentielle, a lancé un appel à la diaspora pour dénoncer ces « manœuvres anti-démocratiques ». De son côté, Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a lancé une pétition contre ce qu’il appelle un « coup d’État constitutionnel ». Mais ces initiatives sont accueillies avec le mépris du camp présidentiel, qui semble avoir une vision très différente de la réalité.

Patrick Rifoe, communicant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), a même qualifié les critiques de « hibous lugubres ». Il assure que la majorité des Camerounais ne sont pas surpris par ces changements. Après tout, qui ne voudrait pas d’une succession constitutionnelle à la sauce Biya, héritée des années 1978-1982 ?

Pourquoi cela dérange

La question qui se pose est : pourquoi ces changements sont-ils si dérangeants ? Tout simplement parce qu’ils permettent à un président de désigner son remplaçant sans passer par le vote populaire. Une belle manière de contourner la démocratie, n’est-ce pas ?

Ce que cela implique concrètement

Ces décisions ont des conséquences directes sur la vie politique du pays. Les manifestations de l’opposition sont systématiquement interdites et réprimées, laissant peu de place à la contestation. La société civile, quant à elle, tente de se mobiliser, mais dans un climat de peur et de répression, il est difficile d’espérer un changement significatif.

Lecture satirique

Le discours politique actuel semble déconnecté de la réalité. Les partisans du RDPC affirment que les Camerounais sont contents de ces changements, mais comment le vérifier sans un référendum ? Peut-être que les hibous lugubres devraient se réveiller et écouter le peuple au lieu de se complaire dans leur bulle de pouvoir.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les leaders semblent avoir un talent particulier pour modifier les règles du jeu à leur avantage. Mais au Cameroun, cette dérive prend une tournure particulièrement grotesque.

À quoi s’attendre

À court terme, on peut s’attendre à une intensification de la répression des voix dissidentes. À long terme, si rien ne change, le Cameroun pourrait se retrouver dans une spirale de stagnation politique, où les promesses de démocratie ne seront qu’un lointain souvenir.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire