Cameroun : Le Vice-Président, ou comment sceller la démocratie avec un sourire
Le Parlement camerounais a décidé de se doter d’un vice-président, un choix qui pourrait bien devenir le symbole d’une démocratie en déroute.
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Ce samedi 4 avril 2026, alors que le monde s’interroge sur l’avenir de la démocratie, le Cameroun a pris une décision audacieuse : instaurer un poste de vice-président. Une initiative qui, selon les parlementaires, vise à « renforcer la gouvernance ». Mais, à y regarder de plus près, il semble que ce soit plutôt un coup de maître pour verrouiller le pouvoir.
Ce qui se passe réellement
Les 222 parlementaires, réunis en Congrès, ont voté à 201 voix pour, 18 contre et 3 bulletins nuls, pour modifier la Constitution. Le débat s’est tenu dans un palais de verre, où l’honorable Ze Nguele a insisté sur la nécessité de définir clairement le rôle du vice-président. Pendant ce temps, l’opposition dénonçait une « clôture définitive de l’espace démocratique », tandis que le député Roger Nkodo Ndang affirmait que cette révision était conforme aux normes constitutionnelles et aux conventions de l’Union africaine.
Pourquoi cela dérange
La création de ce poste soulève de nombreuses questions. Pourquoi un vice-président, si ce n’est pour préparer le terrain à une succession dynastique ? Les critiques de l’opposition ne sont pas infondées : ce projet semble taillé sur mesure pour renforcer le pouvoir en place, tout en prétendant respecter les normes démocratiques. Un véritable tour de passe-passe.
Ce que cela implique concrètement
Concrètement, ce poste pourrait permettre au président de désigner son successeur sans passer par les urnes, rendant ainsi les élections futures aussi pertinentes qu’un bulletin jaune dans un vote. La démocratie, déjà fragile, pourrait se retrouver dans une situation encore plus précaire.
Lecture satirique
Le ministre de la Justice, Laurent Esso, a déclaré que le président est conscient de sa « responsabilité devant l’histoire ». Mais quelle histoire ? Celle d’un pays où les décisions sont prises dans l’ombre, loin des préoccupations des citoyens ? L’ironie est palpable : la « responsabilité fonctionnelle » du président semble se traduire par un désir de contrôle absolu, tout en se drapant dans les habits de la légitimité.
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Des États-Unis à la Russie, les leaders se sont souvent appuyés sur des révisions constitutionnelles pour consolider leur pouvoir. Le Cameroun semble suivre cette tendance, en se parant d’un vernis démocratique tout en s’enfonçant dans l’autoritarisme.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est à craindre que ce poste de vice-président ne soit qu’un premier pas vers une concentration encore plus grande du pouvoir. Les promesses de démocratie pourraient rapidement se transformer en un lointain souvenir, alors que les citoyens se retrouvent face à une réalité bien différente.


