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Le dernier rapport de Human Right Watch sur le Burkina Faso, publié le 2 avril dernier, a été violemment rejeté à Ouagadougou. Quelles en sont les raisons ?
La junte vit ce rapport comme une intrusion. Elle qui s’évertue à tout cacher.
La terreur sur les populations civiles est l’élément clé de la stratégie du contreterrorisme chez Ibrahim Traoré. Documenter, expliquer comment ces crimes sont articulés, systématisés déconstruit sa stratégie du déni total. Les crimes contre les civils ont visé d’abord les Peuls, puis la guerre ne se résorbant pas, le tout venant, dès lors que les civils avaient le tort de continuer à vivre dans ces zones sous contrôle du groupe JNIM.
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La junte, pour opérer sans témoins gênants, a isolé le Burkina du reste du monde. Sans la presse, sans les ONGs et sans les juges, impunité garantie, pense-t-elle. A tort ! Mais la tragédie est là : 1837 civils tués en seulement trois ans, dans 11 régions. Le pays en comptait 13. Des crimes horrifiants, mais qui ne serait que la partie visible d’un énorme iceberg de crime, prévient HRW.
HRW évoque un schéma préexistant de crime contre l’humanité. Contre les peuls comme premiers cibles
Les Peuls ont été les premières victimes du JNIM, avant d’en devenir les protégés par la faute d’une stratégie nationale de contreterrorisme sans discernement. Ibrahim Traoré, avec un niveau politique quelconque, a aggravé cette situation. Il a pris l’écume pour l’eau et s’est évertué à en persuader les Burkinabè. Son entourage immédiat était au diapason. Le lieutenant Aziz Pacmogda, son chef de sécurité rapprochée, s’assurait que les dissidents, conscrits de force pour le front, en revenaient convaincus. Un des conscrits a raconté à HRW , ce que Aziz Pacmoda, lui a dit, avant sa libération : « vous avez vu, lui dit-il, (…) que ce sont les Peuls qui sont les terroristes, (…) Les gens disent que c’est de la discrimination, mais nous allons tous les tuer ».
Les VDP, ont rapidement appris la leçon, qu’ils récitent, avant d’exécuter leurs victimes : « Le président Ibrahim Traoré nous a ordonné de vous tuer (vous les Peuls). Dieu ne peut pas vous sauver ! », témoigne un survivant à HRW. Effectivement, dans ce Burkina coupé du reste du monde, le salut pour un Peul persécuté, c’est la fuite. Gagner par tous les moyens un pays voisin. La majorité des témoins qui ont parlé à HRW sont des réfugiés. Un ciblage systématique et généralisé, absolument bien documenté.
Le même schéma préexiste contre les civils des autres communautés
La violence s’est débridée à mesure que la stratégie du tout militaire de Ibrahim Traoré faisait flop ! Les autres communautés, qui se croyaient à l’abri, n’ont plus reconnu leur armée, après le massacre de Karma, un village de la région du Nord. Le 20 avril 2024, tôt le matin, l’armée encercle Karma. Les villageois ne s’inquiètent pas outre mesure. Ils ne sont pas Peuls. Chacun d’eux prépare sa carte d’identité pour en faire la preuve. Les militaires regardent négligemment les documents d’identité, les rassemblent et commencent à les mitrailler. C’est la stupeur générale : 156 civils sont ainsi massacrés, dont des femmes et des enfants. C’est la bascule. Partout sur l’ensemble du pays les militaires reproduisent Karma, soit à l’occasion d’opérations militaires comme Tchéfari 2 (2023) ou Tourbillon Vert 2 (2025) ou encore à l’occasion des escortes des convois, pour ravitailler les dizaines de villes et de villages sous blocus du groupe JNIM.
Que retenir de ce rapport ?
On a désormais des crimes, bien documentés, des noms et des visages des « suspects sérieux » de ces crimes. Outre Ibrahim Traoré et ses deux ministres de la Défense, 17 officiers militaires sont listés. Du côté du JNIM, HRW pointe la responsabilité des frères Dicko. Djafar et Ousmane. Il y a désormais une base solide pour faire justice aux victimes.
Burkina Faso : La junte face à la réalité, ou comment ignorer les crimes en toute impunité
Le dernier rapport de Human Rights Watch dénonce 1837 civils tués, mais la junte burkinabé préfère jouer à l’autruche.
Le 2 avril dernier, Human Rights Watch a publié un rapport accablant sur la situation au Burkina Faso, mais la junte a réagi comme un enfant pris la main dans le pot de confiture : en rejetant violemment les accusations. Pour Ibrahim Traoré et ses acolytes, la vérité est une intrusion, un concept à bannir pour préserver leur façade de pouvoir.
Ce qui se passe réellement
La terreur sur les populations civiles est au cœur de la stratégie de contre-terrorisme de la junte. Les crimes, d’abord ciblant les Peuls, se sont étendus à tous ceux qui osent vivre dans des zones sous contrôle du groupe JNIM. En trois ans, 1837 civils ont été tués dans 11 des 13 régions du pays. Un chiffre qui ne représente, selon HRW, que la partie émergée d’un iceberg de crimes.
HRW évoque un schéma préexistant de crime contre l’humanité. Contre les Peuls comme premières cibles.
Les Peuls, d’abord victimes, sont devenus des cibles de choix pour une junte qui confond stratégie militaire et extermination. Le lieutenant Aziz Pacmogda, chef de sécurité rapprochée de Traoré, n’hésite pas à dire aux conscrits : « Ce sont les Peuls qui sont les terroristes. Les gens disent que c’est de la discrimination, mais nous allons tous les tuer. »
Les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) ont rapidement appris la leçon : « Le président Ibrahim Traoré nous a ordonné de vous tuer (vous les Peuls). Dieu ne peut pas vous sauver ! », témoigne un survivant. Dans un pays coupé du reste du monde, la fuite devient le seul salut pour les Peuls persécutés.
Pourquoi cela dérange
La junte, en isolant le Burkina Faso, pense garantir son impunité. Mais la réalité est tout autre : les crimes sont bien documentés, avec des noms et des visages des « suspects sérieux » identifiés. Outre Traoré, 17 officiers militaires sont listés, ainsi que des responsables du JNIM. La justice pourrait bien frapper à la porte de ceux qui croyaient être à l’abri.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont désastreuses : la violence s’est débridée, et les autres communautés, qui se croyaient à l’abri, sont désormais touchées. Le massacre de Karma, où 156 civils ont été tués, a marqué un tournant. La junte, en croyant pouvoir contrôler la situation par la force, a déclenché un cycle de violence qui ne fait que s’intensifier.
Lecture satirique
Il est ironique de voir une junte qui prône la sécurité et la paix, tout en orchestrant des massacres. Les promesses de Traoré, qui se présente comme le sauveur du pays, se heurtent à la réalité des faits. La stratégie du tout militaire est un échec retentissant, mais la junte continue de jouer la comédie.
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Les États-Unis, la Russie, et d’autres pays ont souvent utilisé des discours similaires pour justifier des actions répressives. La junte burkinabé semble s’inspirer de ces modèles, pensant que la répression peut remplacer la légitimité.
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se poursuit, le Burkina Faso pourrait devenir un terrain fertile pour des conflits encore plus violents. Les promesses de paix et de sécurité risquent de se transformer en un cauchemar pour les civils. La communauté internationale doit rester vigilante et ne pas fermer les yeux sur ces atrocités.
Sources




