Burkina Faso : « La démocratie, c’est pas pour nous » – Le capitaine Traoré fait le grand saut vers l’autoritarisme

La junte burkinabé, sous le commandement du capitaine Ibrahim Traoré, enterre les illusions démocratiques, affirmant que la démocratie n’est pas pour eux. Une déclaration qui résonne comme un écho des dérives autoritaires à l’échelle mondiale.

Dans un spectacle à la fois tragique et comique, le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, a récemment pris la parole pour asséner un coup fatal aux rêves de démocratie au Burkina Faso. Lors d’une interview diffusée sur la radiotélévision nationale, il a déclaré sans ambages : « On ne parle même pas d’élections d’abord, il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c’est pas pour nous ». Voilà qui est clair !

Ce qui se passe réellement

La junte, qui a pris le pouvoir après un deuxième coup d’État en moins d’un an, a non seulement dissous la Commission électorale nationale indépendante, mais a également interdit tous les partis politiques. En effet, la transition politique, initialement prévue pour se terminer par des élections en juillet 2024, a été prolongée de cinq ans, permettant à Traoré de se présenter aux prochaines élections. Un vrai festival de la démocratie, n’est-ce pas ?

Pourquoi cela dérange

Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est l’ironie de la situation. Traoré, qui a pris le pouvoir en promettant de lutter contre le terrorisme et de restaurer la sécurité, semble désormais plus préoccupé par la pérennité de son régime que par le bien-être de son peuple. Pendant ce temps, les violences djihadistes continuent de ravager le pays, et l’armée, loin d’être le sauveur, est accusée de crimes contre des civils.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette dérive autoritaire sont déjà visibles. Les médias internationaux sont muselés, et les journalistes expulsés, laissant place à une propagande d’État qui ne tolère aucune critique. Les Burkinabés, pris en étau entre un régime militaire et des groupes djihadistes, voient leurs droits fondamentaux piétinés.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment Traoré, en bon élève de l’école des dictateurs, parvient à justifier son autoritarisme par un discours de lutte contre le terrorisme. « Nous ne sommes pas dans une démocratie », a-t-il déclaré, comme si cela était une sorte de badge d’honneur. Peut-être que les dictateurs devraient se faire des t-shirts avec cette phrase pour promouvoir leur « nouvelle normalité ».

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires à travers le monde, où la démocratie est souvent reléguée au rang de simple option de luxe. Que ce soit en Russie, en Hongrie ou même aux États-Unis, les discours populistes et nationalistes semblent trouver un écho dans les promesses de Traoré. Qui aurait cru que le Burkina Faso deviendrait le dernier bastion de la « démocratie à la carte » ?

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que la junte continuera à renforcer son emprise sur le pays, tout en justifiant ses actions par la nécessité de lutter contre le terrorisme. Les Burkinabés devront donc s’attendre à un long chemin semé d’embûches, où les droits humains seront sacrifiés sur l’autel de la « sécurité nationale ».

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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