Budapest : Quand la politique se fait piétiner

À Budapest, les affiches politiques sont écrasées par des voitures de luxe, tandis que le concert anti-Orbán fait rire les jeunes. Une scène qui illustre la tension politique à la veille des élections.

Qu’est-ce que c’est beau Budapest… Encore plus au printemps. Mais ce samedi, il y flottait une ambiance un peu étrange tout de même. Au sol, des dizaines d’affiches politiques ont été piétinées par les touristes ou même écrasées par des voitures de luxe, sur la Bajcsy-Zsilinszky út, une des avenues huppées de la capitale. Seules subsistent celles à la gloire de Péter Magyar du Parti Respect et Liberté, la formation de centre droit seule capable de faire tomber le Fidesz et Viktor Orbán. Et tant pis pour les autres candidats, réduits à la portion congrue du scrutin.

Ce qui se passe réellement

Les publicités politiques au sol, arrachées des lampadaires par les dizaines de milliers de spectateurs du concert anti-Orbán, ça fait rire un couple de jeunes gens, dont l’un·e porte un badge aux couleurs de l’intersexualité. Osé, dans ce pays. Un peu moins dur à assumer, dans sa capitale bien plus libérale. L’ambiance est calme et juste quelques fois perturbée par un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon, avec les déguisements grotesques qui vont avec. Un jeune homme grimé en nain irlandais peine d’ailleurs à comprendre notre question sur les événements du week-end. Il a plus important à penser.

Et tout à coup, dans l’après-midi, une clameur. Rien de bien grave, c’est juste le club de foot d’Arsenal qui vient d’encaisser un but contre Bournemouth (1-2) et ça a mis en joie 95% des nombreux Britanniques dans les parages, débarqués en horde comme d’habitude pour le week-end. Il faut dire que les candidats principaux ont fait leur effort dans la dernière ligne droite loin de Budapest. Une capitale qui sera sans doute largement acquise à Péter Magyar, au contraire des campagnes qui devraient se rallier derrière Orbán.

Pourquoi cela dérange

Les deux favoris ont fini de marteler leurs programmes, ce samedi, pour la dernière fois de cette longue campagne. Orbán, dans sa ville natale de Székesfehérvár, a encore une fois dit «que la Hongrie devait rester loin de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et protéger la sécurité du pays». «Nous allons restaurer l’état de droit et mettre un terme à la corruption», a assuré de son côté Magyar, depuis Hatvan, une petite ville de 20’000 habitants, à 50 kilomètres à l’est de Budapest.

Ce que cela implique concrètement

Les deux hommes n’ont pas oublié d’attaquer l’autre camp, forcément. «Ils vont mettre le pays en danger et essayer de nous entraîner dans une guerre qui n’est pas la nôtre», a assuré le Premier ministre en exercice. «Ce régime corrompu a volé le futur de notre pays», lui a répondu celui qui était encore affilié au parti Fidesz il y a quelques années. Les bureaux de vote ouvriront ce dimanche à six heures du matin. Ils fermeront à sept heures le soir. Les premiers résultats sont attendus dimanche en fin de soirée.

Lecture satirique

Magyar a demandé la veille au peuple «de ne céder à aucun type de provocation et de conserver sa sérénité. La série de fraudes électorales en cours, menée depuis des mois par le parti au pouvoir, le Fidesz, ainsi que les actes criminels, les opérations de renseignement, la désinformation et les fausses nouvelles ne peuvent pas changer le fait que Tisza va gagner ces élections». Orban, lui, a enregistré un nouveau message de soutien de Donald Trump, après que JD Vance était venu en personne en début de semaine.

Effet miroir international

Dans un monde où les discours politiques semblent de plus en plus déconnectés de la réalité, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec d’autres régimes autoritaires. La Hongrie, avec son Fidesz, n’est pas si éloignée des dérives observées aux États-Unis ou en Russie, où la démocratie est souvent mise à mal au profit d’une rhétorique nationaliste et populiste.

À quoi s’attendre

Projection prudente : si les tendances observées se poursuivent, la Hongrie pourrait bien continuer à glisser vers un autoritarisme déguisé, où les promesses de démocratie ne sont que des mots creux. Le peuple, lui, semble de plus en plus désillusionné, piétinant les affiches de ceux qui prétendent le représenter.

Sources

Source : www.20min.ch

Touristes et tensions politiques: Budapest à la veille des élections
Visuel — Source : www.20min.ch
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