Bruxelles : Un « partenaire fiable » ou un mirage budgétaire ?

La note « A » de Standard & Poor’s a fait sourire le gouvernement bruxellois, mais derrière cette façade se cache une réalité bien plus nuancée.

Alors que le gouvernement bruxellois se pavanait, brandissant la confirmation de sa note « A » comme un trophée, la réalité budgétaire semble plus proche d’un spectacle de magie que d’une véritable réussite. Maxime Fontaine, expert en finances publiques à l’ULB, nous rappelle que tout cela pourrait n’être qu’un mirage.

Ce qui se passe réellement

Ce soulagement a été doublé, la semaine dernière, par la confirmation de la note « A » par l’agence Standard & Poor’s, alors que d’aucuns craignaient une nouvelle dégradation. Pour le gouvernement, ce retour en grâce auprès d’un acteur bancaire de premier plan constitue le signe que la Région est à nouveau perçue comme un « partenaire fiable ». Pourtant, l’analyse de Maxime Fontaine, spécialiste en finances publiques à l’ULB, invite à une lecture beaucoup plus nuancée.

Si la décision d’ING confirme que la Région reste une entité capable de lever l’impôt – ce qu’elle n’a jamais cessé d’être -, l’expert souligne que la banque est revenue avec des conditions moins favorables. « ING est revenu, après être parti, mais elle exige des taux plus élevés qu’auparavant« , énonce-t-il. Une belle façon de dire que la confiance est un peu plus fragile qu’on ne le prétend.

Le « shutdown » : un épouvantail politique

Au-delà des taux, c’est le récit politique de la crise budgétaire qui interroge Maxime Fontaine. En s’appuyant sur le dernier rapport de la Cour des comptes, il relève que la situation n’était sans doute pas aussi apocalyptique que celle qui a été décrite durant la formation du gouvernement. À l’époque, plusieurs ténors politiques – Frédéric De Gucht, Georges-Louis Bouchez ou encore Yvan Verougstraete – brandissaient la menace d’un « shutdown » (un arrêt des paiements par la Région).

Or la Cour des comptes révèle que dès la fin 2024, la Région a mis en œuvre une stratégie cash rich, consistant à maintenir volontairement un niveau élevé de trésorerie en empruntant par anticipation. « Il y a un hiatus entre les faits et la parole politique, puisque la Région avait fait en sorte d’avoir suffisamment de trésorerie« , s’étonne Maxime Fontaine. Une belle illustration de la dissonance entre le discours et la réalité.

La dette, cette ombre qui s’étire

Il est d’ailleurs prématuré de crier victoire. Si l’agence de notation Standard & Poor’s maintient la note bruxelloise, elle l’assortit d’une perspective négative. « En gros, l’agence demande à voir si la trajectoire budgétaire sera réellement tenue« , résume l’économiste de l’ULB.

Le résultat est un trompe-l’œil : si le déficit courant passe sous la barre du milliard d’euros en 2026, la dette, elle, ne cesse de gonfler. Elle devrait croître de 1,7 milliard d’ici à la fin 2026 pour atteindre le sommet de 16,15 milliards d’euros. Et Maxime Fontaine avertit : rien ne garantit que l’Institut des Comptes Nationaux (ICN) validera ces montages financiers.

Pourquoi cela dérange

La réduction du déficit s’effectue au prix de grosses économies dans le secteur associatif et dans l’administration. « Or ces économies vont s’accentuer chaque année et seront cumulatives« , prévient Maxime Fontaine. Une belle manière de faire des économies sur le dos des plus vulnérables.

Ce que cela implique concrètement

Entre le catastrophisme de la crise politique passée et l’optimisme de façade du nouveau gouvernement, la réalité budgétaire bruxelloise cherche encore son point d’équilibre. Les promesses de retour à l’équilibre budgétaire en 2029 semblent s’éloigner, tandis que les véritables enjeux économiques sont soigneusement évités par les discours politiques.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment le gouvernement bruxellois jongle avec les chiffres, comme un magicien avec ses cartes. Promettre un déficit zéro en 2029 tout en augmentant la dette, c’est un peu comme promettre de perdre du poids tout en se gavant de gâteaux. Un vrai numéro de cirque !

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec les politiques autoritaires qui, elles aussi, aiment à se pavaner avec des chiffres flatteurs tout en cachant des vérités bien plus sombres. Les discours de confiance en soi des dirigeants, qu’ils soient à Bruxelles ou ailleurs, semblent souvent déconnectés de la réalité.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il serait prudent de s’attendre à un nouveau tour de passe-passe budgétaire. Les promesses de transparence et de rigueur budgétaire risquent de se transformer en une nouvelle série de contes de fées, où la réalité ne fait que passer en coup de vent.

Sources

Source : www.lalibre.be

Visuel — Source : www.lalibre.be
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