Bruxelles, la grande muette face à Orban, l’ami de Moscou
Silence assourdissant de l’UE face aux frasques d’Orban, un ami du Kremlin qui joue avec le feu.
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Alors que les tensions montent entre l’UE et Viktor Orban, le premier ministre hongrois, on pourrait s’attendre à une réaction musclée de Bruxelles. Mais non, la Commission européenne semble avoir opté pour la stratégie du « je fais semblant de rien voir ». Quand Budapest a révélé qu’elle transmettait des échanges sensibles au Kremlin, l’UE a réagi par un « très inquiétant » qui, avouons-le, sonne plus comme un soupir que comme un cri d’alarme.
Ce qui se passe réellement
Pour autant, ne comptez pas sur les institutions de l’UE pour prononcer le moindre mot susceptible de suggérer que Bruxelles s’implique dans ce si crucial scrutin national. Et ce, même si les motifs de s’élever contre Orban, l’ami de Moscou, n’ont pas manqué pour l’Europe ces jours-ci. Ainsi quand on a appris il y a une dizaine de jours que Budapest transmettait en quasi-direct au Kremlin des échanges entre les dirigeants des Vingt-Sept, qu’a fait la Commission européenne ? Rien ou si peu. Tout juste l’exécutif de l’UE a-t-il qualifié de « très inquiétant », ce qui ressemble à un acte d’espionnage au profit d’une puissance ennemie déclarée (la Russie). Et l’institution de demander, mollement, à la Hongrie « d’apporter des clarifications ».
« Orban n’attend que ça »
Quid du Parlement européen, très largement opposé à Viktor Orbán ? C’est typiquement le genre d’affaires brûlantes dont l’Assemblée de l’UE, qui se réunissait dans la foulée, les 25 et 26 mars, aurait, en temps normal, débattu en séance plénière. Mais le contexte électoral a conduit les eurodéputés à s’abstenir : « Orban n’attend que ça, que nous nous emparions du sujet pour ensuite dénoncer une ingérence de l’UE, ce qui peut fonctionner auprès d’une partie des électeurs hongrois », indique-t-on au sein du groupe centriste Renew.
De fait, Péter Magyar aurait même demandé au Parti populaire européen (PPE, droite), le plus puissant groupe politique du Parlement de Strasbourg – où il siège en tant qu’eurodéputé depuis 2024 – de la jouer « mezza voce », aussi choquantes que soient ces révélations. L’idée : ne surtout pas donner de grain à moudre à la propagande des médias contrôlés par Budapest, qui dépeignent cet ancien haut fonctionnaire de 44 ans comme une « marionnette de Kiev et de Bruxelles ».
Magyar prend ses distances
Bien qu’exaspérés, les partenaires européens de Budapest ont, de nouveau, mis l’essentiel de leurs critiques en sourdine quand Orban a persisté à bloquer, le 19 mars dernier à Bruxelles, leur plan d’aide de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine.
Dans tout le pays, des affiches ont ainsi été placardées montrant Péter Magyar aux côtés de Volodymyr Zelensky et d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, voulant faire les poches des Hongrois pour financer l’Ukraine… et précipiter la Hongrie dans la guerre. 23 % des citoyens du pays seraient convaincus qu’une victoire de Tisza (« respect et liberté »), le parti de Magyar, « entraînerait le pays dans la guerre », selon un récent sondage publié par le Centre de recherche 21.
Pourquoi cela dérange
La situation est d’autant plus absurde que l’UE, qui se veut le bastion des valeurs démocratiques, semble paralysée face à un membre qui flirte ouvertement avec des pratiques autoritaires. En choisissant de ne pas s’exprimer, elle laisse le champ libre à Orban pour jouer la victimisation, un classique du genre.
Ce que cela implique concrètement
Cette inaction de l’UE pourrait avoir des conséquences désastreuses, non seulement pour la Hongrie, mais pour l’ensemble de l’Union. En laissant Orban agir sans répercussions, Bruxelles envoie un message inquiétant : l’autoritarisme peut prospérer tant qu’il est bien habillé de discours nationalistes.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir comment l’UE, qui se targue d’être le phare de la démocratie, se retrouve à jouer les figurants dans un drame politique où Orban est le héros autoproclamé. Les promesses de solidarité et de défense des valeurs semblent s’évaporer dès qu’il s’agit de ne pas froisser un électorat déjà en proie à la peur.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires, comme ceux de Poutine ou de Trump, qui utilisent la désinformation et la manipulation pour maintenir leur pouvoir. Orban, en bon élève, applique ces leçons avec brio, tout en se drapant dans un discours patriote.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une normalisation de l’autoritarisme au sein de l’UE, où les valeurs démocratiques ne seraient plus qu’un lointain souvenir. Les prochaines élections pourraient bien être un révélateur de cette dérive.



