L’auteur franco-algérien a assuré que la procédure est lancée et attend désormais « le bon moment » pour attaquer en justice le président de l’Algérie, qui l’avait gracié en novembre 2025 après un an de prison.
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L’écrivain Boualem Sansal, gracié en novembre par le président algérien Abdelmadjid Tebboune après un an de prison, a affirmé samedi 11 avril qu’il entendait l' »attaquer en justice », quand ce serait « le bon moment ».
L’auteur franco-algérien, invité de la Journée du livre politique qui se tenait à l’Assemblée nationale, s’exprimait lors d’une table ronde avec l’avocat Richard Malka sur le thème « le livre politique, source d’engagement ».
« J’ai écrit (…) à Abdelmadjid Tebboune quand j’étais en prison (..), je lui ai dit (…) si vous me libérez, je vous attaque en justice. Et je vais attaquer monsieur Tebboune, parce que c’est lui qui m’a condamné », a-t-il déclaré, s’interrompant sous les applaudissements de la salle.
« La procédure est lancée »
« Ils m’ont condamné à mort, en me mettant dessus tous les trucs – +terrorisme+, +espionnage+, +attaque à la sûreté de l’État+ », a ajouté l’homme de 81 ans, qui avait été condamné à cinq ans de prison et incarcéré pendant près d’un an pour certaines prises de position critiques sur son pays natal.
Interrogé par l’AFP, Boualem Sansal a précisé que « la procédure est lancée ». « Mon avocat a préparé un dossier pour saisir la justice internationale contre Abdelmadjid Tebboune », a-t-il ajouté, en disant « attendre le bon moment », évoquant le sort du journaliste sportif Christophe Gleizes, écroué en Algérie depuis mai 2024 où il a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».
« Je vais aller jusqu’au bout », a assuré l’écrivain dissident, estimant n’avoir pas eu « un vrai procès, avec des avocats et des observateurs internationaux ».
Une « divergence » avec Gallimard et un départ chez Grasset
Boualem Sansal a récemment claqué la porte de son éditeur historique Gallimard – qui avait l’avait soutenu et accompagné lors de son incarcération – pour rejoindre Grasset, une des maisons du géant Hachette Livre, propriété du groupe Louis Hachette contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
Dans une tribune au Monde, il avait justifié ce choix par une « divergence » sur la stratégie choisie pendant sa détention. Pour lui, le fait d’avoir été gracié à la suite de démarches diplomatiques, initiées par son éditeur, était « profondément insatisfaisant ».
Cette démarche « ne correspond pas à la ligne de résistance que j’ai fermement assumée face au régime violent et cruel d’Abdelmadjid Tebboune« , avait-il ajouté.
Boualem Sansal : Quand la Grâce se Transforme en Justice
L’auteur franco-algérien, gracié après un an de prison, s’apprête à attaquer en justice le président Tebboune, un coup de théâtre qui soulève des questions sur la liberté d’expression en Algérie.
Dans un retournement de situation qui ferait pâlir d’envie un scénariste de soap opera, Boualem Sansal, l’écrivain franco-algérien, a annoncé qu’il « attaquerait en justice » le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui l’avait gracié en novembre 2025 après une incarcération d’un an. Un véritable feuilleton judiciaire qui pourrait faire trembler les murs du pouvoir algérien.
Ce qui se passe réellement
Lors d’une table ronde à l’Assemblée nationale, Sansal a révélé que « la procédure est lancée ». Il a précisé que son avocat avait préparé un dossier pour saisir la justice internationale contre Tebboune, qu’il accuse d’avoir orchestré son incarcération pour des critiques sur son pays natal. « Ils m’ont condamné à mort, en me mettant dessus tous les trucs – +terrorisme+, +espionnage+, +attaque à la sûreté de l’État+ », a-t-il déclaré, comme si le régime algérien avait un catalogue de charges à la carte.
Pourquoi cela dérange
Cette annonce soulève des incohérences flagrantes. D’un côté, le président Tebboune se présente comme un homme de dialogue et de réconciliation, de l’autre, il utilise la répression pour étouffer toute forme de dissidence. La grâce de Sansal, loin d’être un acte de clémence, apparaît comme une manœuvre pour redorer son image à l’international, tout en continuant à museler les voix critiques.
Ce que cela implique concrètement
La décision de Sansal de porter plainte pourrait ouvrir la voie à une mise en lumière des dérives autoritaires du régime algérien. Cela pourrait également inciter d’autres dissidents à revendiquer leurs droits, créant ainsi un effet domino qui pourrait ébranler le pouvoir en place.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que le président, qui a gracié un écrivain, se retrouve maintenant dans le viseur de ce même écrivain. C’est un peu comme si un chef cuisinier se retrouvait à être critiqué par un plat qu’il a lui-même préparé. La promesse de liberté d’expression se heurte à la réalité d’un régime qui préfère le silence à la critique.
Effet miroir international
Ce cas rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment en Russie ou aux États-Unis, où les voix dissidentes sont souvent étouffées sous prétexte de sécurité nationale. La question se pose : jusqu’où les gouvernements iront-ils pour préserver leur pouvoir face à la critique ?
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se maintient, nous pourrions assister à une intensification des tensions entre le régime algérien et les voix critiques. La situation pourrait également inciter la communauté internationale à porter un regard plus attentif sur les violations des droits humains en Algérie.
Sources




