Bordeaux : Quand le sport se mêle à la froideur politique

Le 6 avril 1986, 1981 coureurs se sont élancés pour les 20 kilomètres de Bordeaux, mais la vraie course semble se dérouler sur le terrain des promesses politiques non tenues.

Hier matin, sous un ciel aussi gris que les discours des politiciens, 1981 sportifs se sont alignés sur la ligne de départ des 20 kilomètres de Bordeaux. Une belle journée pour célébrer le sport, mais aussi un rappel cinglant des promesses politiques qui, comme les coureurs, semblent souvent s’éloigner de la réalité.

Ce qui se passe réellement

Mille neuf cent quatre-vingt et un sportifs, très exactement, se sont alignés hier matin sur la ligne du départ des 20 kilomètres de Bordeaux. Hommes et femmes, des poussins aux vétérans, participaient à cette journée régionale Sports Armée Jeunesse, organisée par l’A.S.P.T.T. de Bordeaux et la IVe Région militaire, sous le patronage de la ville de Bordeaux et de la Direction de la jeunesse et des sports.

Michel Jazy, le visage bronzé et le survêtement bleu et rouge de circonstance, a donné le départ à 10 h 15 et non 10 heures comme prévu. Un léger retard qui a permis aux concurrents de s’échauffer quelques minutes de plus.

La température quasi hivernale fut également une bonne raison pour un plus long échauffement. Les nez étaient rouges, les mains frigorifiées et les pieds gelés. Au point que les coureurs ont bien fait quelques kilomètres de plus sur l’esplanade des Quinconces avant de s’élancer cours du Maréchal-Foch, après qu’eut retenti la musique militaire.

Michel Pères et Benoît Galinou furent les premiers à prendre le départ. Tous deux en fauteuil roulant. Le premier, 24 ans, et le second, 38 ans, n’en étaient pas à leur première course. Outre cette épreuve à laquelle ils avaient déjà participé, ils sont des habitués de divers marathons qu’ils terminent en moyenne dans l’heure qui suit l’arrivée du premier valide.

Les cyclistes qui accompagnent traditionnellement le peloton de tête étaient moins nombreux hier qu’à l’ordinaire. Ils ont toutefois encouragé les coureurs en évitant de les gêner, même si parfois ils les ont frôlés d’un peu trop près. Quant au public massé au carrefour et tout au long du parcours, il était lui aussi – est-ce le froid ? — moins nombreux que l’année dernière.

Oranges et citrons étaient aussi au rendez-vous des 5e, 10e et 15e kilomètres — sans parler du point de ravitaillement des Quinconces. Mais ils n’ont guère eu les honneurs des premiers. Ils furent cependant très appréciés des derniers coureurs.

Cent soixante militaires du rang du G.M.R.4/57e R.I. et du 1 R.C.P. ont assuré, aux côtés des fonctionnaires de la police municipale et nationale, le jalonnement des 20 kilomètres de l’itinéraire, aussi bien sur les boulevards qu’au cœur de Bordeaux. Les militaires n’étaient cependant pas absents de la compétition, puisque plusieurs centaines d’entre eux y ont participé.

Lazare et Lefranc qui ont mené l’épreuve de bout en bout ont coupé à travers la place de la Victoire pour rejoindre le cours d’Albret depuis le cours de la Marne. Les organisateurs n’ont rien vu à redire. Ils avaient, en effet, prévu ce raccourci et comptabilisé les 20 kilomètres en conséquence.

Coupes, bouteilles de vin livres ou médailles ont récompensé, hier, les premiers de chaque catégorie qui se sont succédé dès 11 h 45 sur le podium installé place des Quinconces. Les applaudissements ont été plus fournis que lors de l’arrivée dispersée des coureurs.

Pourquoi cela dérange

Alors que les coureurs s’élançaient avec enthousiasme, la réalité politique de Bordeaux semble être une course d’obstacles. Les promesses de soutien aux initiatives sportives et à l’inclusion se heurtent à la froideur des chiffres : moins de spectateurs, moins de cyclistes, et un public qui se dérobe face à l’ennui ambiant. Les discours politiques, eux, continuent de s’envoler comme des ballons de baudruche, pleins de promesses mais vides de contenu.

Ce que cela implique concrètement

Cette situation n’est pas qu’un simple reflet d’un événement sportif. Elle met en lumière les incohérences d’une politique locale qui prône l’inclusion tout en laissant de côté les plus vulnérables. Les coureurs en fauteuil roulant, bien que présents, ne sont pas mis en avant comme ils le devraient. Le soutien aux initiatives inclusives semble être une promesse en l’air, tout comme le public qui, lui, semble avoir choisi de rester au chaud plutôt que de braver le froid pour encourager les athlètes.

Lecture satirique

Ah, la belle promesse d’une ville qui soutient le sport et l’inclusion ! Pendant que les élus s’extasient sur les podiums, les coureurs en fauteuil roulant doivent se contenter de quelques applaudissements timides. Les militaires, eux, semblent avoir pris la course au sérieux, mais où est le soutien pour ceux qui en ont vraiment besoin ? La réalité, c’est que la politique locale est aussi froide que la température de ce jour d’avril. Un beau spectacle, mais à quel prix ?

Effet miroir international

En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les discours des dirigeants autoritaires qui promettent monts et merveilles tout en laissant leurs citoyens dans le froid. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les promesses de soutien et d’inclusion se heurtent souvent à la réalité d’un monde où seuls les plus forts semblent avoir leur place. À Bordeaux, comme ailleurs, le sport devient un prétexte pour masquer les véritables enjeux sociaux.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, on peut s’attendre à une érosion continue de l’engagement civique et sportif. Les citoyens, lassés des promesses non tenues, pourraient choisir de se retirer, laissant la place à une élite qui ne comprend pas les véritables besoins de la communauté. La course des 20 kilomètres de Bordeaux pourrait bien devenir un symbole de ce que nous perdons si nous ne commençons pas à écouter ceux qui sont laissés pour compte.

Sources

Source : www.sudouest.fr

Visuel — Source : www.sudouest.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire