Bolivie : La DEA de retour, mais à quel prix ?

Après dix-huit ans d’absence, la Bolivie relance sa coopération avec la DEA, un choix qui soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

En Bolivie, le président de centre droit Rodrigo Paz a décidé de renouer avec l’agence antidrogue américaine (DEA), un virage à 180 degrés après deux décennies de méfiance envers Washington. En 2008, l’ancien président Evo Morales avait expulsé les agences américaines, les accusant de complot. Aujourd’hui, le vice-ministre de la Défense sociale, Ernesto Justiniano, se félicite de ce retour, affirmant que « nous menons des enquêtes, nous échangeons des informations ». Mais qui peut vraiment croire que la coopération avec la DEA va résoudre le problème du narcotrafic en Bolivie ?

Ce qui se passe réellement

La Bolivie a officiellement repris ses enquêtes conjointes avec la DEA, un partenariat qui avait été rompu en 2008. Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’adhésion du pays au Bouclier des Amériques, une initiative des États-Unis visant à renforcer la coopération contre la criminalité transnationale. En mars, la Bolivie a même accueilli l’arrestation du narcotrafiquant uruguayen Sebastian Marset, un succès qui semble plus symbolique qu’efficace.

Pourquoi cela dérange

Ce retour à la coopération avec la DEA soulève des interrogations sur la souveraineté bolivienne. La Bolivie, troisième producteur mondial de coca, semble échanger son autonomie contre des promesses de soutien. La question est de savoir si cette alliance avec les États-Unis ne va pas aggraver la situation plutôt que de l’améliorer. Les tests de « fiabilité » pour les agents de police, qui ont déjà été soumis à des détecteurs de mensonges, soulèvent également des doutes sur la confiance que l’on peut accorder à ces forces de l’ordre.

Ce que cela implique concrètement

La Bolivie se retrouve à nouveau sous le regard scrutateur de la DEA, ce qui pourrait entraîner une intensification des opérations antidrogue, mais à quel coût ? Les promesses de coopération ne sont souvent que des mots, et les résultats concrets tardent à se manifester. La lutte contre le narcotrafic nécessite des solutions structurelles, pas seulement des arrestations spectaculaires.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que la Bolivie, qui a longtemps dénoncé l’ingérence américaine, se retrouve aujourd’hui à la table des négociations avec la DEA. La promesse d’un bureau permanent de la DEA en Bolivie semble être une manière de dire : « Nous avons besoin de vous, même si nous avons dit le contraire pendant des années. » C’est un peu comme si un ancien partenaire de danse, après des années de silence, revenait en disant : « Allez, on remet ça ! »

Effet miroir international

Ce revirement bolivien fait écho à d’autres politiques autoritaires dans le monde, où des gouvernements, au nom de la sécurité, acceptent de sacrifier leur souveraineté. La coopération avec des agences comme la DEA rappelle les dérives observées dans d’autres pays, où la lutte contre le narcotrafic est souvent utilisée comme prétexte pour renforcer le contrôle gouvernemental.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, la Bolivie pourrait voir une intensification des opérations de la DEA, mais cela ne garantit pas une réduction du narcotrafic. Au contraire, cela pourrait exacerber les tensions entre les forces de l’ordre et les communautés locales, créant un cycle de violence et de méfiance.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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