Faute d’accord aux pourparlers directs entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan, Washington a décidé de frapper fort et annoncé imposer à partir de lundi 13 avril un blocus aux ports iraniens. Dès l’annonce de l’impasse, le Pakistan, hôte de ces négociations, a appelé au respect de la trêve de deux semaines convenue entre les États-Unis et l’Iran mercredi. Mais aucune des deux parties ne s’est exprimée sur le devenir du cessez-le-feu devant expirer le 22 avril.

C’est notamment en accusant l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique, ce que dément Téhéran, que les États-Unis ont justifié l’offensive lancée avec Israël le 28 février, qui a déclenché une guerre ayant fait plus de 6 000 morts, surtout en Iran et au Liban, et qui perturbe l’économie mondiale.

L’armée américaine a annoncé, dimanche, qu’elle imposerait à partir de lundi à 14 h GMT (15 h à Paris) un blocus aux « navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens », faute d’accord pour mettre fin au conflit.

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Mais elle a précisé qu’elle autoriserait la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l’Iran à travers le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial et l’approvisionnement en pétrole, selon un communiqué du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom.

S’il a assuré que les discussions de plus de 20 heures, s’étaient « bien » déroulées et que « la plupart des points avaient fait l’objet d’un accord », le président américain a réaffirmé dimanche être prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, indiquant que Téhéran avait refusé de céder sur la question nucléaire.

« Nous sommes envahis par le désespoir et le sentiment d’impuissance. Nous en avons assez de cette incertitude », réagit, depuis Téhéran, Nahid, une femme au foyer de 60 ans, éreintée par six semaines de bombardements israélo-américains.

Les États-Unis vont entamer un « processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », a écrit Donald Trump dans sa première réaction à l’annonce, dans la nuit, de l’échec des négociations.

Sans détailler les modalités d’une telle opération, alors que le passage est verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre, il a affirmé sur Fox News que le Royaume-Uni « et quelques autres pays » enverraient des dragueurs de mines.

Téhéran qualifie de « ridicules » les menaces de blocus

L’Iran « ne cèdera à aucune menace », a répondu le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui conduisait la délégation iranienne à Islamabad.

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Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé de piéger leurs ennemis dans un « tourbillon mortel », affirmant avoir « entièrement sous contrôle » la navigation dans le détroit, où Téhéran a instauré des droits de passage.

Le chef de la marine militaire iranienne, l’amiral Shahram Irani, a lui qualifié de « ridicules » les menaces de blocus de Donald Trump.

Selon l’agence de presse iranienne Fars, deux pétroliers battant pavillon pakistanais s’y dirigeant ont fait demi-tour dimanche, tandis que des centaines de navires de commerce restent bloqués.

« Il y a peu de raisons de penser qu’un blocus contraindrait l’Iran à capituler. En fait, la résilience dont le pays a fait preuve jusqu’à présent suggère l’inverse », estime Danny Citrinowicz, chercheur à l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv.

Selon lui, un tel dispositif exigerait en outre un « déploiement massif et prolongé de ressources américaines ».

Pourparlers sur le Liban prévus mardi

Bien que les délégations aient quitté le Pakistan, elles n’ont pas fermé la porte à une poursuite des tractations.

« Nous repartons d’ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire », a lancé le vice-président américain, JD Vance, avant son départ. « Nous verrons si les Iraniens l’acceptent. »

L’Iran a, de son côté, accusé les États-Unis d’avoir tenté de lui « dicter leurs conditions », le porte-parole de la diplomatie, Esmaeil Baqaei, évoquant « une atmosphère de suspicion et de méfiance ». Pour lui, « il était évident » qu’un accord ne pouvait être obtenu « en une seule session ».

Sur le deuxième front principal de la guerre, le Liban, des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et américains à Washington, après le feu vert donné par Israël sous pression américaine.

Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a soutenu que le Liban n’était pas inclus dans l’accord.

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Au cours de sa première visite dans le sud du Liban depuis le début des hostilités, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a assuré que son armée, après avoir avancé en territoire libanais pour instaurer une zone dite de « sécurité », avait « contrecarré la menace d’une invasion ». Son homologue libanais, Nawaf Salam, a assuré que Beyrouth oeuvrait à obtenir par la négociation un retrait total d’Israël.

Avec AFP

Blocus américain : quand la diplomatie se transforme en blocus maritime

Les États-Unis, en panne de négociations, choisissent la méthode forte : un blocus des ports iraniens, un coup de poker qui pourrait bien faire chavirer le Moyen-Orient.

Dans un élan de créativité diplomatique, Washington a décidé d’imposer un blocus aux ports iraniens à partir du 13 avril, faute d’accord lors des pourparlers au Pakistan. Une décision qui, à première vue, semble plus inspirée par un jeu de société que par une stratégie géopolitique réfléchie. Le Pakistan, hôte de ces négociations, a eu la délicatesse de rappeler aux deux parties l’existence d’une trêve de deux semaines. Mais apparemment, cela ne fait pas le poids face à l’armada de navires américains prêts à faire la chasse aux « navires de toutes nationalités » qui oseraient s’aventurer dans les eaux iraniennes.

Ce qui se passe réellement

Les États-Unis, en accusant l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique (ce que Téhéran dément avec véhémence), justifient une offensive militaire lancée avec Israël depuis le 28 février. Cette guerre a déjà causé plus de 6 000 morts, principalement en Iran et au Liban, tout en perturbant l’économie mondiale. L’armée américaine a donc décidé de frapper fort, annonçant un blocus qui, selon elle, ne s’appliquera pas aux navires ne se dirigeant pas vers l’Iran. Une nuance qui pourrait faire toute la différence, n’est-ce pas ?

Le président américain, dans un élan de générosité, a même affirmé que les discussions de plus de 20 heures s’étaient « bien » déroulées, tout en se préparant à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes. Un vrai tour de magie diplomatique ! Pendant ce temps, à Téhéran, Nahid, une femme au foyer de 60 ans, exprime son désespoir face à six semaines de bombardements israélo-américains. Mais qui se soucie des voix du peuple quand les grands de ce monde jouent à la guerre ?

Pourquoi cela dérange

Ce blocus, loin d’être une solution, est une décision qui soulève de nombreuses incohérences. Comment peut-on prétendre vouloir la paix tout en imposant des sanctions qui ne font qu’aggraver la situation ? Les États-Unis semblent jouer à un jeu d’échecs où les pions sont des vies humaines, et la stratégie est aussi floue qu’un brouillard matinal.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette décision sont déjà palpables. Des centaines de navires de commerce sont bloqués, et deux pétroliers pakistanais ont fait demi-tour. Les experts s’accordent à dire qu’un blocus ne contraindra probablement pas l’Iran à capituler. Au contraire, cela pourrait renforcer la résilience du pays, qui a déjà prouvé sa capacité à faire face à des pressions extérieures.

Lecture satirique

Le discours politique américain est truffé de contradictions. D’un côté, on prône la paix et la diplomatie, de l’autre, on brandit la menace d’un blocus. C’est un peu comme si un chef de cuisine promettait un repas gastronomique tout en jetant les ingrédients à la poubelle. La promesse d’un cessez-le-feu est rapidement éclipsée par la réalité d’une guerre qui ne fait que commencer.

Effet miroir international

Ce blocus rappelle les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs dans le monde, où les gouvernements utilisent la force pour étouffer toute voix dissidente. Les États-Unis, en se positionnant comme les gendarmes du monde, semblent oublier qu’ils ne sont pas à l’abri des critiques sur leurs propres méthodes.

À quoi s’attendre

Les pourparlers sur le Liban, prévus pour mardi, pourraient bien être le prochain champ de bataille diplomatique. Les États-Unis, avec leur approche musclée, risquent de se heurter à une résistance farouche. La situation est volatile, et il est difficile de prédire comment cela évoluera. Une chose est sûre : les tensions ne vont pas s’apaiser de sitôt.

Sources

Source : www.france24.com

Les États-Unis vont imposer dès lundi un blocus des ports iraniens après l'échec des pourparlers
Visuel — Source : www.france24.com
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