Bénin : Quand le Silence Électoral Résonne Comme un Cri

À quelques heures de la fin de la campagne présidentielle, le Bénin se prépare à un scrutin où la participation sera scrutée de près, mais où l’absence de véritable compétition soulève des interrogations.

Alors que le Bénin s’apprête à tourner la page d’une campagne électorale marquée par un tumulte rare, la question qui se pose est : qui, au juste, a encore quelque chose à dire ? « Fin de campagne, le regard est désormais tourné vers les électeurs », annonce la Nouvelle Tribune. Un regard qui, à première vue, semble plus un appel désespéré qu’une véritable invitation à l’engagement civique.

Ce qui se passe réellement

Ce vendredi à minuit, le silence succédera au tumulte. Après deux semaines d’une intensité rare, la campagne pour le premier tour de la présidentielle touche à sa fin. L’enjeu ? Le taux de participation, qui sera « scruté de près par les observateurs nationaux et internationaux ». Mais que peut-on vraiment attendre d’un scrutin où « un seul candidat face au favori du pouvoir » est la norme ?

Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et successeur désigné du président Patrice Talon, est présenté comme le grand favori. Son unique adversaire, Paul Hounkpè, ancien ministre et figure modérée de l’opposition, semble plus un faire-valoir qu’un véritable challenger. Les observateurs s’accordent à dire que la compétition s’annonce déséquilibrée, une situation renforcée par des réformes du système partisan qui favorisent les partis proches du pouvoir. Le politologue Franck Kinninvo résume la situation : « le duel est déséquilibré, la majorité présidentielle disposant de moyens largement supérieurs à ceux de ses adversaires ». Une belle démocratie, n’est-ce pas ?

Exploitation des ressources

Et pendant que le Bénin se prépare à élire son président, la presse africaine jette un œil sur la politique de Donald Trump, qui, selon Maliweb, « cajole les autorités militaires du Sahel pour faire avancer les intérêts américains ». Les États-Unis, sous Trump, semblent avoir troqué la promotion de la démocratie contre une politique d’engagement axée sur la sécurité et l’exploitation des ressources naturelles. Qui aurait cru que la démocratie pouvait être si… flexible ?

Nick Checker, responsable Afrique au département d’État, a même déclaré que les États-Unis doivent « composer avec le monde tel qu’il est ». Une belle manière de dire que les valeurs démocratiques sont souvent mises de côté quand il s’agit de géopolitique. Le renforcement de la présence des entreprises américaines, comme Global Atomic au Niger, illustre parfaitement cette stratégie. Qui a dit que l’exploitation des ressources et la démocratie ne pouvaient pas faire bon ménage ?

« Déstabilisation »

Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots sur Trump, le qualifiant de « déstabilisateur du monde ». Ses critiques résonnent comme un écho des frustrations face à des tentatives d’imposer des modèles politiques à l’extérieur, qui ont systématiquement échoué. Sonko cite des exemples comme le Vietnam, l’Irak, et l’Afghanistan, rappelant que les objectifs américains au Moyen-Orient, comme réduire les capacités logistiques de l’Iran, n’ont jamais été atteints. En somme, la démocratie à l’américaine semble parfois plus une farce qu’une réalité.

Pourquoi cela dérange

La situation au Bénin, où l’absence de véritable compétition électorale est la norme, soulève des questions sur la validité même du processus démocratique. Les promesses d’un scrutin transparent et équitable sont rapidement contredites par la réalité d’un système partisan qui favorise le pouvoir en place. Ce décalage entre discours et réalité est non seulement inquiétant, mais il met également en lumière les contradictions flagrantes des politiques autoritaires.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : un taux de participation potentiellement faible, un désenchantement des électeurs, et une légitimité du pouvoir qui s’effrite. Dans un contexte où la démocratie est souvent brandie comme un étendard, la réalité sur le terrain est bien différente.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un monde où l’on prône la démocratie, certains pays semblent plus préoccupés par la gestion des ressources que par le bien-être de leur population. Les discours politiques, souvent déconnectés du réel, ne font que renforcer cette impression. Loin d’être un modèle à suivre, ces situations devraient nous inciter à réfléchir sur la véritable nature de la démocratie.

Effet miroir international

Les parallèles avec les politiques autoritaires aux États-Unis ou ailleurs sont frappants. Alors que certains leaders prônent la démocratie, leurs actions révèlent une tout autre réalité. La déstabilisation, qu’elle soit à l’échelle locale ou internationale, semble être le dénominateur commun de ces régimes.

À quoi s’attendre

À l’approche des élections, il est prudent de s’attendre à un scrutin qui, malgré les promesses, risque de se solder par un résultat prévisible. Les tendances visibles laissent entrevoir un avenir où la démocratie est plus un concept qu’une réalité tangible.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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