Le conseiller fédéral suisse Beat Jans a récemment lancé un signal d’alarme sur la montée de la « manosphère », un ensemble de plateformes en ligne où se propage une vision virulente de la masculinité. En s’adressant à des professionnels de la santé publique et de l’éducation lors d’un séminaire à Berne, il a partagé son inquiétude quant à l’influence croissante de ces discours sur les jeunes, notamment dans les établissements scolaires.

Ce qui change
La manosphère, terme utilisé depuis 2009, désigne un environnement numérique où différents groupes échangent des idées souvent empreintes de misogynie et des conceptions rigides de la masculinité. Beat Jans souligne que, même si la majorité des hommes ne sont pas violents, les violences masculines sont une réalité préoccupante qu’il est nécessaire d’adresser, en particulier dans le contexte éducatif. L’importance d’intervenir dès l’école apparaît donc primordiale pour former des générations futures plus tolérantes et respectueuses.
Ce que montrent les données
Les discours véhiculés par cette manosphère nourrissent parfois des comportements favorisant la violence et les inégalités de genre. Une étude menée par l’INJEP sur les comportements et représentations des jeunes a mis en lumière que près de 20% des jeunes femmes âgées de 15 à 30 ans se sentent parfois ou souvent victimes de comportements sexistes sur les réseaux sociaux. Ces résultats soulignent la nécessité d’une éducation préventive pour déconstruire ces stéréotypes dès le plus jeune âge.
Qui est concerné
La question de la masculinité et de son expression saine touche tous les jeunes, garçons et filles, encore plus à une époque où les réseaux sociaux amplifient les voix de la manosphère. Lorsque les jeunes sont exposés à des modèles de masculinité toxiques, cela peut influencer leur comportement et leurs relations. Abstention, respect mutuel et prise de conscience des enjeux de genre doivent faire partie intégrante des curricula scolaires pour éviter que ces problèmes ne persistent.
Ce qu’il faut savoir
Des initiatives existent pour faire face à ces défis. Certaines écoles intègrent des programmes d’éducation à l’égalité des genres, visant à familiariser les élèves avec des valeurs de respect et d’égalité. Par ailleurs, des associations comme maenner.ch travaillent à promouvoir une masculinité positive et progressive, soutenant les parents et les éducateurs dans cette démarche. Ces interventions précoces peuvent contribuer à limiter l’atteinte de la manosphère sur les jeunes esprits et aider à développer une culture du respect non seulement au sein des établissements scolaires mais aussi dans la société en général.
Source : Le Temps : Enfants & Parentalité
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