Avant de parler de Batchig, parlez-moi de vous. Comment vous êtes-vous rencontrées ?
On s’est rencontrées en 2013, pendant nos études à Paris. L’amitié est venue en premier, bien avant l’aventure professionnelle. On a ensuite travaillé ensemble chez Sézane, et c’est là qu’on a vraiment compris à quel point on était complémentaires. On partage la même obsession pour les petits détails qui changent tout, ce soin un peu maniaque qu’on accorde aux choses bien faites. Et on a toujours eu cette envie qui revenait : construire quelque chose qui soit vraiment à nous.
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Et c’est à Florence que tout a basculé ?
On peut dire ça, oui. C’était un voyage un peu particulier, Clara prenait des cours d’italien, moi des cours de dessin, on réfléchissait beaucoup à la suite. Il y avait le fameux flagship de Santa Maria Novella, toute cette atmosphère autour du parfum… Et on s’est dit : dans cet univers, il y a eu énormément d’innovations sur les odeurs, sur le storytelling, sur les packagings. Mais le flacon, lui, n’a pas vraiment bougé. C’est un liquide dans un flacon, depuis toujours.
Et c’est là qu’est remonté le souvenir d’enfance…
Exactement. Je me suis souvenue que ma mère m’avait offert un petit parfum solide Fragonard quand j’étais petite. Un tout petit objet avec un baume dedans, une odeur que j’adorais. Je l’avais gardé des années, pas forcément pour m’en mettre, mais pour ce qu’il représentait. Un objet-totem, quelque chose qu’on a envie de retrouver. Ces deux réflexions se sont mêlées, et on s’est dit : et si on faisait ça, mais avec notre sensibilité à nous, plus mode, plus accessoire, plus objet de vie ?

Comment vous définiriez Batchig : une maison de parfum, un objet à collectionner, autre chose ?
Les deux, vraiment. L’idée de départ, c’est de sortir le parfum de la salle de bain. De lui redonner sa juste place dans la vraie vie, dans le sac, en voyage, comme une pause enchantée dans un quotidien agité. Chaque parfum Batchig vit dans un écrin en zamak que l’on garde et que l’on recharge, orné d’une vraie pierre choisie en cohérence avec l’univers olfactif. Ce sont des objets à collectionner autant qu’à utiliser. Et le nom lui-même dit quelque chose de notre approche : batchig, c’est « bisou » en arménien, ce geste tendre, peau contre peau, qui est au cœur du rituel.
Vos origines sont très présentes dans l’ADN de la marque…
Oui, c’est quelque chose qu’on a voulu assumer dès le départ. Clara a des racines arméniennes, moi kazakhes. Cet ancrage oriental au sens large, la chaleur, les matières, le rapport au geste et au soin, on le retrouve dans les parfums, dans les noms, dans les inspirations. Cœur d’Abricot, c’est la rosée du matin parmi les abricotiers des sanctuaires de montagne arméniens, les senteurs de thé chaud, un réveil méditatif. Medusa, c’est le sel caspien, une vague qu’on se prend, quelque chose de plus sauvage et sensuel. Et Charcoal Latte, lui, capte l’énergie magnétique de New York, charbon et lait d’amande, une boisson iconique transposée en parfum.

Parlons justement du geste. Parce qu’utiliser un parfum solide, ça ne s’improvise pas…
C’est un de nos plus grands défis, l’éducation au geste ! On a tellement le réflexe du spray qu’on sous-estime ce que le contact direct peut faire. Le rituel Batchig, on l’appelle Pick. Warm. Kiss. : cueillir la juste dose du bout des doigts, chauffer la matière, elle fond, les notes s’ouvrent puis appliquer sur les points de pulsation, là où la peau est chaude et vivante. Les poignets, derrière les oreilles, au creux de la clavicule. Et comme il n’y a pas d’alcool, on peut aussi s’en mettre dans les cheveux, sur des zones exposées au soleil. C’est un rituel à s’approprier, à jouer avec, à répéter à l’infini.
La formule, c’était une vraie exigence de développement ?
Absolument. On ne voulait pas faire un joli objet avec un parfum anecdotique dedans, ça n’aurait eu aucun sens. On a travaillé avec le Studio Flair, des parfumeuses parisiennes spécialisées dans le niche, avec la même rigueur que pour la parfumerie traditionnelle. Notre formule est vegan, sans alcool, fabriquée en France et très hautement concentrée. C’était non négociable : être crédible en tant que parfum, pas juste comme un baume parfumé.

Vous venez toutes les deux du monde de la mode et du retail. En quoi ça a changé votre façon d’aborder la parfumerie ?
Je pense que ça nous a donné un regard différent sur l’objet. On ne vient pas de la parfumerie traditionnelle, donc on n’a pas ses codes gravés dans le marbre. Ce qui nous intéressait, c’était l’expérience globale, le toucher de l’écrin, la gestuelle, la narration autour de chaque fragrance, la logique de garde-robe olfactive qu’on peut alterner et superposer au rythme de son humeur. Et on apprend tellement en chemin, sur la formulation, sur les matières premières, sur tout l’univers de la parfumerie. C’est un nouveau chapitre, et c’est exactement ce qui rend l’aventure si belle.
Vous lancez depuis quelques semaines. Quelle est la suite ?
Continuer à développer la collection, on travaille sur de nouvelles fragrances. Et trouver la bonne vitrine pour montrer l’objet : on a envie d’un bel endroit sélectif, qui résonne avec ce qu’on fait. Mais on avance pas à pas, avec la même exigence qu’on a mise dans le produit.
Batchig est disponible sur bbatchig.com : écrin + première recharge à 95 €, recharges suivantes à 55 €.

Batchig : Quand le parfum solide s’invite dans nos vies… et nos sacs à main
Deux créatrices, un parfum solide, et une promesse : redonner au parfum sa place dans notre quotidien. Mais derrière cette belle histoire, que se cache-t-il vraiment ?
Avant de parler de Batchig, parlons de Clara et de sa complice kazakhe. Rencontrées en 2013 à Paris, elles ont d’abord tissé une amitié avant de se lancer dans l’aventure professionnelle. Ensemble, elles ont compris qu’elles partageaient une obsession pour les détails et le soin apporté à chaque création. Mais, comme dans toute belle histoire, c’est à Florence que tout a basculé. Entre cours d’italien et d’art, elles ont réalisé que le flacon de parfum n’avait pas vraiment évolué depuis des siècles. Un liquide dans un flacon, voilà le constat. Mais alors, pourquoi ne pas faire quelque chose de différent ?
Ce qui se passe réellement
Batchig, c’est l’idée de sortir le parfum de la salle de bain pour le réintroduire dans nos vies trépidantes. Chaque parfum est présenté dans un écrin en zamak, orné d’une pierre précieuse, et les créatrices revendiquent un ancrage culturel fort. Clara, d’origine arménienne, et son associée, kazakhe, apportent une touche orientale à leurs créations. Les noms des parfums, comme « Cœur d’Abricot » ou « Medusa », évoquent des souvenirs d’enfance et des paysages lointains.
Pourquoi cela dérange
Mais derrière cette belle façade se cache une question : est-ce vraiment une innovation ou juste un joli packaging ? Les créatrices insistent sur l’importance de l’éducation au geste. Utiliser un parfum solide, c’est tout un art, un rituel qu’il faut apprendre. Mais qui a vraiment le temps de s’arrêter pour « Pick. Warm. Kiss. » dans un monde où tout va trop vite ?
Ce que cela implique concrètement
Batchig se positionne comme un objet à collectionner, mais à quel prix ? Le premier écrin coûte 95 €, et les recharges, 55 €. Dans un contexte économique tendu, où les consommateurs cherchent à faire des choix éclairés, cette stratégie risque de ne pas séduire tout le monde. La promesse d’un parfum solide et vegan est séduisante, mais est-ce suffisant pour justifier un tel prix ?
Lecture satirique
Dans un monde où les discours politiques sont souvent déconnectés de la réalité, Batchig semble incarner cette tendance. « Nous voulons redonner au parfum sa juste place », disent-elles, tout en proposant un produit qui pourrait bien rester sur l’étagère, à côté des promesses électorales non tenues. La contradiction est savoureuse : un parfum qui se veut accessible, mais qui reste un luxe. Comme un politicien qui promet de réduire les inégalités tout en vivant dans un palace.
Effet miroir international
Et si l’on faisait un parallèle avec les politiques autoritaires qui fleurissent un peu partout dans le monde ? Comme ces dirigeants qui promettent monts et merveilles tout en creusant les inégalités, Batchig pourrait bien devenir le symbole d’une tendance où l’apparence prime sur la substance. Un parfum solide, mais une réalité liquide.
À quoi s’attendre
Batchig a de grandes ambitions. Les créatrices prévoient d’élargir leur collection avec de nouvelles fragrances. Mais dans un marché saturé, où la concurrence est féroce, il faudra plus qu’un joli packaging pour se démarquer. La question reste : les consommateurs seront-ils prêts à investir dans un parfum qui, au fond, ne fait que réinventer la roue ?
Sources




