6 ans après la fin de son « Bureau des légendes », Éric Rochant revient avec une touchante histoire de fratrie plongée dans la drogue, en Martinique.
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Éric Rochant change de territoire mais ne perd pas de vue son humanité ni son sens du réalisme. Après Le bureau des légendes, il crée Bandi – cela signifie gangster, en créole. Il nous fait adorer les 11 enfants de 7 à 25 ans d’une famille qui vit dans la pauvreté, en Martinique. Pour s’en sortir, certains d’entre eux n’hésitent pas à entrer dans le trafic de drogue.
Kylian a 16 ans. Il a accroché l’affiche du film Scarface dans sa chambre. Posé, secret, décidé, il fait penser à Tahar Rahim dans le film Un prophète. Son frère Kingsley est à l’opposé : fulgurant, drôle, paternaliste avec ses petits frères et sœur. Il est prêt à tout pour sortir la famille du gouffre. Autour d’eux, 9 autres frères et sœurs, touchants, et des trafiquants de drogue armés jusqu’aux dents.
Après Le bureau des légendes, on peut dire qu’Éric Rochant change de territoire. C’est précisément ce qui l’intéressait avec Bandi : « J’ai eu envie de faire autre chose, avec cette histoire familiale, et l’idée de la Martinique s’est imposée, parce que c’est aussi un univers complètement nouveau pour moi. J’avais besoin de nouveauté, d’une aventure et d’un défi différents. Ce ne sont ni les mêmes personnages, ni les mêmes émotions. »
Il n’empêche, on retrouve l’art d’Éric Rochant pour des séries rythmées, épurées, avec un formidable casting de jeunes talents. Et comme toujours, une certaine morale qu’aime faire passer le réalisateur.
« Il y a la solidarité familiale, au cœur même de la série puisque ce sont 11 enfants livrés à eux-mêmes et pour qui c’est primordial de rester ensemble ; à cause de cela, ils vont verser dans l’illégalité et la violence. Il y a la lutte pour la survie ; c’est le côté émotionnel. Et puis il y a la morale, parce qu’en fait c’est Scarface, c’est l’histoire de la montée d’un gang familial ; en réalité c’est une tragédie. »
Bandi, 8 épisodes à dévorer, sur Netflix.
« Bandi » : Quand la Fratrie se Perd dans le Gangstérisme
Éric Rochant, après six ans de silence, nous plonge dans l’univers sombre de la Martinique où la pauvreté pousse une fratrie à choisir la voie du trafic de drogue.
Introduction
Éric Rochant, le maestro des intrigues complexes, revient avec « Bandi », une série qui nous fait découvrir une fratrie de onze enfants, livrés à eux-mêmes dans un environnement où la survie passe par des choix désespérés. Avec un titre qui évoque le gangstérisme, on se demande si Rochant ne se moque pas un peu de notre naïveté face à la réalité sociale.
Ce qui se passe réellement
Dans « Bandi », nous faisons la connaissance de Kylian, 16 ans, qui idolâtre « Scarface », et de son frère Kingsley, le leader charismatique de cette fratrie. Leur quotidien est un mélange de rires et de menaces, où la drogue devient une échappatoire à une vie de misère. Rochant, en changeant de décor, ne change pas de registre : il nous offre une tragédie moderne, où la solidarité familiale se transforme en spirale de violence.
Pourquoi cela dérange
Ce qui dérange dans « Bandi », c’est la manière dont Rochant met en lumière les contradictions de notre société. D’un côté, on prône la solidarité, mais de l’autre, on laisse des enfants grandir dans des conditions précaires, les poussant vers l’illégalité. La série est un miroir déformant de nos propres échecs collectifs, où les promesses d’un avenir meilleur se heurtent à la dure réalité.
Ce que cela implique concrètement
En choisissant de montrer cette fratrie, Rochant soulève des questions sur notre responsabilité face à la pauvreté et à l’exclusion. Les enfants de « Bandi » ne sont pas des délinquants par choix, mais par nécessité. Leur parcours est une critique acerbe des politiques sociales qui échouent à protéger les plus vulnérables.
Lecture satirique
La série, sous ses airs dramatiques, est une satire mordante de notre société. Elle met en lumière le décalage entre les discours politiques et la réalité vécue par des millions de personnes. Alors que les politiciens promettent monts et merveilles, la réalité est que des enfants comme Kylian et Kingsley sont laissés à eux-mêmes, forcés de devenir des « bandis » pour survivre.
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des frontières, « Bandi » résonne avec les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours politiques sont souvent déconnectés des réalités vécues par les citoyens. Rochant, en nous plongeant dans cette fratrie, nous rappelle que la lutte pour la survie est universelle, et que les politiques d’exclusion ne font que renforcer les inégalités.
À quoi s’attendre
Avec « Bandi », on peut s’attendre à une série qui ne fait pas de cadeaux. Les huit épisodes promettent de plonger encore plus profondément dans les méandres de la pauvreté et de la violence, tout en posant des questions essentielles sur notre société. Si Rochant réussit à maintenir cette tension, « Bandi » pourrait bien devenir un incontournable des séries engagées.
Sources




