Bahreïn : entre frappes iraniennes et répression gouvernementale, la guerre ravive les vieilles blessures
Alors que les missiles s’abattent et que les drones survolent les gratte-ciels, Bahreïn se retrouve au cœur d’un conflit qui exacerbe les tensions confessionnelles, révélant l’absurdité d’une monarchie sunnite face à une majorité chiite.
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Entre les interceptions de missiles et les frappes de drones sur les gratte-ciel, la guerre israélo-américaine contre l’Iran a rouvert les anciennes plaies confessionnelles à Bahreïn. Le royaume du Golfe, qui abrite la cinquième flotte des États-Unis depuis 1995, est devenu un terrain d’affrontement central de la guerre et une cible de choix pour l’Iran. Ces dernières semaines, son aéroport, ses raffineries, ses bases aériennes, ainsi que la base américaine, tout comme l’usine d’aluminium Alba, pièce maîtresse de l’économie locale, ont été endommagés par des frappes.
Ce qui se passe réellement
Un conflit qui révèle le fossé entre les populations sunnites et chiites, touchées de manière très inégale par les répercussions de la guerre. Si les deux communautés ont subi le feu des bombardements iraniens, les chiites de Bahreïn déplorent la mort du guide suprême Ali Khamenei. Les démonstrations de deuil qui ont suivi ont été réprimées par une vague d’arrestations ciblant jusqu’à des figures chiites pourtant progouvernementales. Cet empressement à étouffer l’opposition a mis en lumière des fractures au sein de la population, dont l’origine remonte au mouvement de contestation de la monarchie sunnite en 2011.
Une centaine d’arrestations pour “soutien à l’agression iranienne”
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière l’absurdité d’un gouvernement qui, tout en prétendant défendre la sécurité nationale, choisit de réprimer ses propres citoyens plutôt que de les unir face à une menace extérieure. La répression des manifestations de deuil, au lieu de favoriser la cohésion, ne fait qu’accroître les tensions internes.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : une population divisée, une économie fragilisée par les frappes, et un gouvernement qui, au lieu de trouver des solutions, préfère s’en prendre à ceux qui expriment leur douleur. La répression ne fait qu’alimenter un cycle de violence et de méfiance.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment un gouvernement qui se dit protecteur de ses citoyens choisit de les emprisonner pour avoir exprimé leur chagrin. Une belle démonstration de l’art de la contradiction : « Nous vous protégeons, mais seulement si vous ne pleurez pas. » Qui aurait cru que le deuil pouvait être considéré comme un acte d’agression ?
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les gouvernements préfèrent réprimer que dialoguer. Les États-Unis, avec leur penchant pour la surveillance et la répression des voix dissidentes, pourraient en tirer des leçons. Mais qui a besoin de leçons quand on a des missiles ?
À quoi s’attendre
Les tensions risquent de s’intensifier, avec des répercussions sur la stabilité régionale. Si le gouvernement bahreïni continue sur cette voie, il pourrait bien se retrouver dans une spirale de violence qui le dépassera. La répression ne peut pas éternellement masquer les blessures ouvertes.
Sources
Source : www.courrierinternational.com




