Cameroun : Paul Biya, le président éternel au pays des illusions
Cinq mois après une présidentielle sanglante, le Cameroun s’enlise dans l’immobilisme, tandis que Paul Biya, 93 ans, continue de régner en maître sur un royaume de fantômes.
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INTRODUCTION : Alors que le Cameroun se remet à peine des violences ayant émaillé la réélection de Paul Biya, la vie politique semble avoir repris son cours habituel. Les promesses d’ouverture et de changement se sont évaporées comme un mirage, laissant place à un régime figé dans le temps, où le président, tel un pharaon, semble plus préoccupé par la préservation de son pouvoir que par le bien-être de son peuple.
Ce qui se passe réellement
Cinq mois après la présidentielle du 12 octobre 2025, marquée par la mort d’au moins cinquante manifestants et les rafles de centaines d’autres opposés à la réélection de Paul Biya à un huitième mandat, la vie du régime a repris son long et lent cours. Aucun signe d’ouverture n’est adressé aux nombreux Camerounais qui ont cru en son principal challenger, Issa Tchiroma Bakary, contraint depuis à s’exiler en Gambie.
Les chiffres qui pourraient confirmer la victoire revendiquée par ce dernier sont enfouis quelque part dans les tiroirs d’un pouvoir cadenassé. Mais l’ampleur de la mobilisation autour de ce candidat surprise illustre le rejet d’une construction politique clientéliste dont l’équilibre repose essentiellement sur les épaules de Paul Biya. Or, le grand ordonnateur est aujourd’hui un nonagénaire qui ne parvient plus à dissimuler l’irréparable outrage du temps sur sa personne et sur le système politique qu’il modèle à son gré depuis quarante-trois ans.
Depuis toujours, Paul Biya entretient un mystère – non dénué de mysticisme – autour de sa façon d’exercer le pouvoir. L’homme est souvent inaccessible, enveloppé d’un voile d’invisibilité, au sommet de la pyramide. Mais dès lors que sa capacité physique à gouverner est mesurée à l’aune de son âge, chacun se demande si ses absences, hier coutumières, ne sont pas aujourd’hui une forme de vacance.
Pourquoi cela dérange
Le contraste entre les promesses de renouveau et la réalité d’un régime figé est saisissant. Alors que le pays est en proie à des crises multiples, le président semble plus préoccupé par sa survie politique que par les aspirations de son peuple. La gérontocratie au pouvoir ne fait qu’amplifier le sentiment d’abandon et de désespoir parmi les Camerounais, qui se voient privés de toute perspective d’avenir.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette situation sont désastreuses : un pays en proie à la violence, à la répression et à l’absence de dialogue. Les jeunes, qui espéraient un changement, se retrouvent face à un mur d’indifférence, tandis que les élites continuent de s’accrocher à leurs privilèges. Le Cameroun est devenu un laboratoire d’un autoritarisme qui s’auto-entretient, où le temps semble s’être arrêté.
Lecture satirique
Le discours politique de Paul Biya, empreint de promesses de paix et de prospérité, contraste avec la réalité d’un pays en déroute. La rhétorique du président, qui évoque un avenir radieux, semble aussi déconnectée que lui-même de la réalité. Les absences répétées de Biya, loin de susciter l’inquiétude, deviennent une source de moquerie : est-il en vacances permanentes ou simplement en train de se préparer pour un autre mandat de quarante ans ?
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires à travers le monde, où le pouvoir s’accroche désespérément à ses prérogatives. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, les dérives autoritaires se nourrissent des mêmes mécanismes de contrôle et de répression. Le Cameroun, dans ce contexte, devient un exemple supplémentaire de la façon dont le pouvoir peut se maintenir en dépit du bon sens.
À quoi s’attendre
Les tendances actuelles laissent présager un avenir sombre pour le Cameroun. Si rien ne change, le pays continuera de s’enliser dans la violence et la répression, avec un président qui, à 93 ans, semble plus préoccupé par son image que par le sort de son peuple. Les Camerounais, eux, devront continuer à naviguer dans un océan d’incertitudes, espérant un jour voir émerger une lumière au bout du tunnel.



