Avranches : Quand la musique devient un crime
Catherine Galopin, commerçante à Avranches, jette l’éponge après des refus de la mairie qui transforment la culture en contrainte.
Table Of Content
Jeudi 2 avril, Catherine Galopin, commerçante d’Avranches, a annoncé qu’elle se retire de la scène. Pourquoi ? À cause d’une municipalité qui semble avoir décrété que la joie et la musique n’ont plus leur place dans les rues de la ville. C’est un cri du cœur, teinté d’une profonde amertume. Catherine, aux commandes de l’établissement Ô Vercoquin depuis deux ans, a décidé de dire stop. Après quatorze années à la tête du Montepego et dix ans d’investissement avec Art’n Drums, elle se retrouve face à un mur de refus.
Ce qui se passe réellement
Le déclencheur de cette colère est un courriel reçu de la mairie ce jeudi matin, agissant comme le coup de grâce après des mois de préparation. Selon Catherine, l’intégralité de ses projets d’animations pour la saison à venir, pourtant déposés dès le mois de janvier, a été balayée d’un revers de main par les services municipaux. Des Olympiades à la Brassero Party, en passant par l’anniversaire de l’école de batterie, chaque demande s’est heurtée à une fin de non-recevoir. Seule la Fête de la Musique semble avoir trouvé grâce aux yeux de la mairie. Pour celle qui a passé plus de deux décennies à animer les rues d’Avranches, le constat est sans appel : « Je dérange. Comme si la rue n’avait plus le droit de vibrer. »
Pourquoi cela dérange
Derrière cette colère se cache une fatigue immense. Catherine évoque un épuisement moral face à ce qu’elle décrit comme un mur d’incompréhension. « J’ai mis tout mon cœur dans ce lieu pour en faire un espace de partage, de rencontres, de joie. Mais là… je n’ai plus la force de me battre. » La municipalité, quant à elle, justifie ses refus par des plaintes du voisinage concernant le bruit et des « débordements d’horaires ». Une belle façon de faire passer la culture pour une nuisance !
Ce que cela implique concrètement
Cette décision vise à « garantir le calme et la sécurité aux habitants » de la rue des Chapeliers. La municipalité rappelle que « l’espace public doit rester une solution exceptionnelle dans un quartier d’habitation ». En d’autres termes, si vous voulez faire la fête, restez chez vous. La Ville martèle qu’elle ne peut soutenir l’attractivité « au détriment de la quiétude des quartiers d’habitation ni de leur sécurité ». Voilà une belle manière de faire de la culture un luxe, réservé à ceux qui peuvent se permettre de l’apprécier en silence.
Lecture satirique
Ironiquement, cette situation rappelle les discours de certains dirigeants autoritaires qui prônent la sécurité au détriment de la liberté d’expression. À quand un décret interdisant les rires dans les lieux publics pour préserver la tranquillité ? La contradiction est flagrante : on veut des villes vivantes, mais on refuse de laisser la vie s’exprimer. C’est un peu comme vouloir une pizza sans fromage, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des frontières, cette situation n’est pas unique. Des États-Unis à la Russie, les politiques autoritaires semblent toutes s’accorder sur un point : la culture doit être contrôlée, sinon elle devient une menace. Mais à Avranches, la menace semble venir de ceux qui devraient encourager la créativité et l’expression.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, on peut s’attendre à voir d’autres commerçants suivre les pas de Catherine. La culture, ce bien précieux, pourrait bien devenir un souvenir lointain, étouffé par des règlements qui ne font que renforcer l’ennui et la morosité.



