La communauté iranienne en France face à l’incertitude après la mort de Khamenei
Mise à jour le 2026-03-01 17:46:00 : Le décès de l’ayatollah Ali Khamenei, tué par des frappes américaines et israéliennes, plonge la communauté iranienne en France dans l’angoisse.
Au lendemain du décès de l’ayatollah Ali Khamenei par des frappes américaines et israéliennes, le 28 février 2026, la communauté iranienne de France retient son souffle. Malgré l’espoir de la chute de la République islamique, la crainte d’une guerre longue se fait sentir chez les Iraniens du Centre-Val de Loire.
Depuis le lancement d’une vaste opération militaire, conjointement orchestrée par les États-Unis et Israël sur l’Iran, le chaos règne dans tout le Moyen-Orient. À la fin d’une première journée de bombardement, Donald Trump a annoncé la mort du dirigeant iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Une information confirmée par le régime iranien quelques heures plus tard. « C’est parfait qu’il n’y ait plus le guide suprême. Je pense que pour les Iraniens hors de l’Iran comme ceux en Iran qui ont supporté ce régime, c’est une bonne nouvelle, estime Yadollah Goudarzi, franco-iranien, arrivé à Tours en 1978. C’est un dictateur. Il a détruit les jeunesses iraniennes.
Comme lui, de nombreux Iraniens ont célébré la mort d’Ali Khamenei, en Iran, comme dans la communauté iranienne installée en France. Mais à présent, les interrogations se portent sur l’avenir. Si certains y voient le signe de la chute de la République islamiste, d’autres craignent que la guerre dure longtemps, apeurés pour leur famille encore sur place.
Depuis quelques mois et le début des manifestations en Iran, Anita Farmine est épuisée par la situation. La chanteuse franco-iranienne suit les évènements avec inquiétude depuis Orléans, où elle réside. Alors quand les États-Unis et Israël ont lancé une vaste opération militaire sur l’Iran, la peur l’a aussitôt gagnée. « Je n’ai pas bien vécu ces dernières heures. Ma famille va bien pour l’instant, j’ai réussi à avoir des nouvelles« , rassure-t-elle. Mais pas un mot de plus. Les communications sont difficiles et la crainte d’être sur écoute par le pouvoir iranien est toujours présente.
Anita Farmine, chanteuse orléanaise franco-iranienne.
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© Régis Savigny
À l’image Yadollah Goudarzi, Anita Farmine a accueilli la mort d’Ali Khamenei favorablement, mais ne tombe pas dans l’euphorie. « Ils ont apparemment réussi à tuer Khamenei, on espère que c’est vrai, mais de toute façon je ne suis pas sûre que les choses changent, craint-elle. Il y a forcément d’autres personnes qui vont prendre le pouvoir. Ce n’est pas parce qu’il est mort que la guerre va s’arrêter visiblement.
S’il est plus facilement enjoué par la nouvelle, Yadollah Goudarzi n’est pas dupe pour autant. « Le problème, ce sont les personnes qui vont venir le remplacer, soulève le commerçant tourangeau. Je pense que la succession était préparée parce qu’ils s’y attendaient. J’ai peur que ce soit un régime encore plus dur pour les Iraniens, car ces gens n’ont aucune issue dans le monde si ce n’est peut-être aller en Russie, mais je ne sais pas.
Car dans la communauté iranienne, une seule chose semble espérée : le retour d’un régime démocratique en Iran. « La seule chose que je souhaite, c’est que l’Iran devienne un pays démocratique. Surtout pour les générations à venir. Aujourd’hui, tous les Iraniens que je connais à Tours souhaitent la liberté pour les Iraniens et une vie normale, comme tout le monde, comme il y a de nombreuses années. Depuis le régime islamique, c’est un vrai recul pour le pays« , promet Yadollah Goudarzi.
Je ne me dis pas que c’est la fin de la République islamique.
Anita FarmineFranco-iranienne vivant à Orléans
Anita Farmine ne croit pas à l’arrivée d’un régime démocratique en l’état actuel des choses. Selon elle, la mort de Khamenei ne changera rien dans l’immédiat. « Ce qu’il aurait fallu, c’est qu’il y ait un leader opposé au régime actuel avec la possibilité qu’un mouvement vienne du peuple. Or, le régime actuel a certainement empêché cette possibilité. Je ne me réjouis pas en me disant que c’est la fin de la République islamique« , réagit l’Orléanaise.
Pourtant, selon la spécialiste de l’Iran, Maneli Mirkhan, les premiers jalons d’un changement de régime sont posés, la mort de Khamenei montrant les faiblesses du pouvoir en place et alimentant les guerres internes. « Le régime des mollahs a perdu sur toute la ligne, dit-elle à Franceinfo. Ils sont dans une situation de faiblesse qui amène vers un effondrement aujourd’hui inévitable. » Elle nuance tout de même son propos et prévient que le processus sera long.
« Je pense qu’un changement de régime est possible, veut croire Yadollah Goudarzi. Mais cela va être très difficile. Il n’y a personne pour prendre la suite. Le fils du Shah est aux États-Unis et pense à revenir, mais comment et avec qui ? » Dans la communauté iranienne, un éventuel retour aux affaires du Shah d’Iran divise.
N’étant pas monarchiste, Anita Farmine n’y est pas favorable. « J’ai des doutes sur le fait que le Shah prenne la place et que tout aille mieux soudainement. Peut-être qu’il y aura de nouveau une ouverture sur le monde avec l’Iran, peut-être que le port du voile sera aboli, symbole d’une liberté dans le pays. Mais quand même, quand on voit que son père avait sa propre milice, qu’il était un dictateur et qu’il a tué plein de gens, je ne sais pas« , rappelle-t-elle.
La seule chose que je souhaite, c’est que l’Iran redevienne un régime démocratique.
Yadollah GoudarziFranco-iranien vivant à Tours
Plus encore, face à un éventuel changement de régime en Iran, au sein de la communauté iranienne en France, on craint des ingérences étrangères. D’autant plus que le pays possède d’énormes ressources de matières premières. « On ne peut pas s’empêcher de penser que les États-Unis et Israël veulent aussi mettre la main sur certaines ressources en Iran« , déclare Anita Farmine. Ce que partage Yadollah Goudarzi : « Tout le monde est intéressé par les richesses de l’Iran. »
Alors que les opérations militaires continuent un petit peu partout au Moyen-Orient, la communauté iranienne de France retient son souffle. Si le décès d’Ali Khamenei semble salué de toute part, les craintes se portent désormais sur la suite, une guerre longue avec d’éventuelles nouvelles conséquences tragiques pour la population. À l’image de Yadollah Goudarzi, toute la communauté iranienne ne souhaite qu’une chose : « Que les Iraniens se sortent de ce malheur !«
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : La mort de l’ayatollah Ali Khamenei a été confirmée par le régime iranien.
- Qui est concerné : La communauté iranienne en France et leurs familles en Iran.
- Quand : 28 février 2026.
- Où : Iran et France.
Sources

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Date : 2026-03-01 17:46:00 — Site : france3-regions.franceinfo.fr
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-03-01 17:46:00 — Slug : je-ne-me-rejouis-pas-encore-apres-la-mort-de-khamenei-la-peur-persiste-pour-la-communaute-iranienne-de-france
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