Au Salvador, la répression à perpétuité : un cadeau empoisonné pour les mineurs
Le 27 mars, Nayib Bukele a décidé d’offrir une peine de réclusion à perpétuité aux mineurs, tout en célébrant quatre ans de son « régime d’exception » qui devait initialement durer un mois. Un bel exemple de la promesse d’un avenir radieux pour la jeunesse salvadorienne.
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INTRODUCTION : Alors que le monde s’interroge sur la définition même de la justice, le président salvadorien Nayib Bukele a décidé de frapper fort. En approuvant une réforme pénale qui condamne à perpétuité les mineurs de plus de 12 ans pour des crimes graves, il démontre que la répression est la nouvelle norme. Qui a besoin de réhabilitation quand on peut simplement enfermer les enfants ?
Ce qui se passe réellement
Le 27 mars, quatre ans jour pour jour après l’instauration d’un « régime d’exception » contre les gangs qui devait durer un mois mais est toujours en vigueur, le président salvadorien, Nayib Bukele, a fait approuver une réforme pénale qui instaure des peines d’emprisonnement à perpétuité pour les mineurs de plus de 12 ans jugés coupables d’assassinat, de viol ou d’acte « terroriste ». La peine ne pourra être révisée qu’une fois que le condamné aura passé au moins vingt-cinq ans en prison.
Cette nouvelle arme dans l’arsenal répressif du gouvernement est une démonstration de force de M. Bukele, alors que se multiplient les rapports internationaux constatant le délitement accéléré de l’Etat de droit dans ce petit pays d’Amérique centrale.
La mesure a été condamnée quatre jours plus tard par Marta Hurtado, porte-parole du rapporteur de l’ONU sur les droits humains, qui a exhorté le gouvernement du Salvador à corriger « rapidement » ses réformes et à mettre en place des mesures favorisant « la réhabilitation et la réintégration » des mineurs. « Non, merci beaucoup. Portez vos expériences sociales dans d’autres pays qui n’ont pas souffert ce que nous avons souffert, peut-être qu’eux vous croiront (j’espère que non) », a rétorqué Nayib Bukele, sur son très actif compte X, en faisant référence aux gangs qui recrutaient des enfants et ont ensanglanté le pays.
Pourquoi cela dérange
Cette réforme pose une question cruciale : comment peut-on prétendre protéger la société en emprisonnant des enfants ? La logique de Bukele semble être que la peur est un meilleur préventif que la réhabilitation. Ironiquement, cette approche ne fait qu’alimenter le cycle de la violence et de la désespoir.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette réforme sont alarmantes. En condamnant des mineurs à des peines aussi sévères, le gouvernement ne fait que renforcer l’idée que la violence est la seule réponse à la violence. Les enfants, souvent victimes de leur environnement, se retrouvent piégés dans un système qui les considère comme des criminels plutôt que comme des victimes.
Lecture satirique
Ah, la belle promesse de la justice salvadorienne ! Qui aurait cru qu’enfermer des enfants serait la solution miracle pour éradiquer les gangs ? Peut-être que Bukele devrait envisager une carrière dans le marketing, car il sait vraiment comment vendre des idées absurdes. « Réhabilitation ? Non, merci, nous avons des prisons à remplir ! »
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec d’autres régimes autoritaires qui choisissent la répression plutôt que la réhabilitation. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la tendance à criminaliser les jeunes est une réalité inquiétante. Mais, bien sûr, chaque pays a ses propres méthodes pour ignorer les droits de l’homme, n’est-ce pas ?
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pouvons nous attendre à une escalade de la violence et à une détérioration continue des droits humains au Salvador. La question n’est pas de savoir si, mais quand, la société salvadorienne réalisera que la répression n’est pas la solution.



