Au Sahel, une nouvelle coalition citoyenne pour contrer les juntes militaires

L’Alliance des démocrates du Sahel (ADS) se forme pour défier les juntes au pouvoir, mais la question reste : qui va vraiment écouter ces nouveaux « démocrates » ?

Le 7 avril 2026, une nouvelle coalition citoyenne a vu le jour au Sahel : l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS). Loin des tumultes de la région, ce collectif, lancé depuis l’étranger, regroupe des membres de la société civile, des politiques et d’autres forces vives du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Leur objectif ? Faire face aux juntes qui dirigent l’Alliance des États du Sahel (AES). Une belle ambition, mais est-ce que cela suffira à faire trembler les militaires en place ?

Ce qui se passe réellement

L’ADS, qui se vante d’une trentaine de membres, prône la fin de « la militarisation de l’État » et propose « des solutions inclusives pour sortir le Sahel de l’impasse ». Ce mouvement émerge quatre mois après la Coalition des forces pour la République (CFR), portée par l’imam malien Mahmoud Dicko, qui s’attaque au pouvoir de Bamako. L’ADS se veut complémentaire, mais on se demande si ce n’est pas juste un nouveau groupe qui se rajoute à la cacophonie.

Pourquoi cela dérange

Le secrétaire général de l’ADS, Malick Konaté, souligne que la CFR ne concerne que le Mali, tandis que leur alliance englobe les trois pays. Une belle distinction, mais cela ne fait pas disparaître le fait que les juntes au pouvoir semblent avoir une oreille bien plus attentive que ces « démocrates » en exil. Qui va vraiment s’intéresser à leurs solutions inclusives quand les militaires sont déjà bien installés ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette initiative sont encore floues. L’ADS espère créer une « synergie d’action » entre les trois pays, mais face à des juntes qui semblent plus préoccupées par la répression que par le dialogue, on peut se demander si cette synergie ne sera pas juste un vœu pieux. Les promesses de retour à l’ordre constitutionnel sont belles sur le papier, mais dans la réalité, elles risquent de se heurter à un mur de silence.

Lecture satirique

Les discours de l’ADS, bien que remplis de bonnes intentions, ressemblent à un écho lointain dans un désert de militarisation. « Syndicat des putschistes », comme l’appelle Konaté, est une formule qui fait sourire, mais qui ne change rien à la réalité. Les promesses de synergie et de solutions inclusives semblent plus être un slogan qu’une véritable stratégie. On pourrait presque croire que les juntes sont en train de rire dans leur coin, se moquant de ces « démocrates » qui tentent de faire entendre leur voix depuis l’étranger.

Effet miroir international

Cette situation au Sahel rappelle étrangement les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours sur la démocratie semblent souvent se heurter à la réalité d’un pouvoir qui ne veut pas lâcher prise. L’ADS pourrait bien se retrouver à jouer dans la même cour que ces mouvements qui, malgré leur bonne volonté, peinent à faire bouger les lignes.

À quoi s’attendre

Si l’ADS parvient à mobiliser davantage de soutien, on pourrait espérer un retour à un semblant de démocratie dans la région. Mais si les juntes continuent à ignorer ces appels, la situation risque de rester figée, avec des « démocrates » qui se battent contre des moulins à vent.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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