Au Mali, la plateforme Benbere forme des jeunes à repérer la désinformation et à transmettre des réflexes de vérification dans leurs communautés. Son coordinateur, Abdoulaye Guindo, souligne toutefois que le manque de moyens, l’insécurité et les restrictions d’accès à certaines informations limitent ce travail.

Des relais formés dans les communautés
Les jeunes sont à la fois ciblés par les fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux, et susceptibles de contribuer à les combattre. Benbere s’appuie sur ce rôle en formant des relais communautaires, qui partagent ensuite leurs connaissances dans les quartiers et les villages. Ils peuvent aussi intervenir par l’intermédiaire de radios communautaires et dans les langues adaptées aux publics concernés.
La désinformation peut peser sur les opinions politiques, renforcer les discours de haine et exacerber des tensions communautaires. Elle peut également alimenter la défiance envers les médias professionnels et les institutions. Dans ce contexte, des structures locales développent des actions de vérification et d’éducation aux médias.
Des vérifications parfois impossibles
Dans une interview publiée le 21 octobre 2026 par DW, Abdoulaye Guindo décrit un déséquilibre entre les moyens mobilisés pour diffuser des fausses informations et ceux consacrés à les combattre. La taille du territoire malien et la situation sécuritaire empêchent aussi Benbere d’intervenir dans certaines zones.
Selon le coordinateur, les fausses informations portent notamment sur la sécurité, la politique et les relations entre les États, ainsi que sur leurs liens avec des organisations comme l’ONU, la Cédéao, l’UEMOA et l’Union européenne.
La vérification est particulièrement difficile lorsqu’elle concerne des opérations militaires. Benbere s’appuie sur des sources de terrain ou sur les autorités, mais des restrictions d’accès à certaines informations et à certaines zones peuvent empêcher l’équipe de confirmer une affirmation. Dans ces cas, explique Abdoulaye Guindo, la plateforme peut être contrainte d’abandonner la vérification.
Les textes qui encadrent les relations entre États sont, en revanche, plus accessibles à documenter. Benbere peut alors s’appuyer sur les conventions et les engagements pris par les pays pour éclairer les informations qui circulent.
La coopération comme appui
Benbere travaille avec des structures partenaires dans d’autres pays. D’après son coordinateur, ces échanges permettent de partager des expériences, de se former et, lorsque certains sujets ne peuvent être traités localement, de laisser d’autres médias prendre le relais.
La plateforme forme ainsi des relais pour diffuser des pratiques de vérification au plus près des habitants, tout en adaptant ses sujets aux informations auxquelles elle peut accéder et aux conditions dans lesquelles ses équipes travaillent.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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Auteur : Sandrine Blanchard







