Au Kenya, la Justice Populaire : Quand la Foule Prend le Contrôle

579 morts en 2025, et le ministre de l’Intérieur s’inquiète de la « justice populaire » ? Bienvenue au Kenya, où la loi du plus fort semble avoir pris le pas sur la loi tout court.

Dans un pays où l’on pourrait penser que la justice est rendue par des juges, on découvre que la foule a décidé de prendre les choses en main. Le 7 janvier 2018, à Nairobi, un jeune voleur de 16 ans, Maliq, a échappé de justesse à un lynchage. « Mort au voleur ! » criait la foule, tandis qu’un homme, par miracle, a décidé de ne pas le livrer à la vindicte populaire. Mais ce n’est pas un fait isolé, loin de là.

Ce qui se passe réellement

Le phénomène des lynchages publics a pris une ampleur alarmante au Kenya. Selon le ministre de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, 579 personnes ont été tuées dans des violences de ce type en 2025, principalement à Nairobi. Une étude gouvernementale a même évoqué une « culture grandissante de la justice populaire ». Qui aurait cru que le Kenya, terre de savane et de diversité, deviendrait le théâtre d’une telle barbarie ?

Pourquoi cela dérange

Ce qui est dérangeant, c’est l’absurdité de la situation. D’un côté, des discours politiques promettent la sécurité et la justice, de l’autre, la population se fait justice elle-même. La contradiction est aussi flagrante qu’un panneau « Interdit de fumer » dans une salle de fumeurs. Les autorités semblent plus préoccupées par leur image que par la vie des citoyens.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont désastreuses : la peur s’installe, et la confiance envers les institutions s’effondre. Les lynchages publics ne sont pas seulement des actes de violence, mais un cri désespéré d’une population qui ne se sent pas protégée par son gouvernement. La justice, au lieu d’être un droit, devient un privilège réservé à ceux qui peuvent se défendre.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un pays où les discours politiques sont remplis de promesses de sécurité, la réalité ressemble davantage à un film d’horreur. Les politiciens, au lieu de résoudre les problèmes, semblent se complaire dans un système où la peur règne. On pourrait presque croire qu’ils préfèrent une population en colère à une population éduquée et informée.

Effet miroir international

Et que dire des parallèles avec d’autres régimes autoritaires ? Aux États-Unis, les discours sur la loi et l’ordre résonnent avec une intensité similaire, tandis qu’en Russie, la répression des voix dissidentes rappelle que la justice peut être un concept élastique. Le Kenya, en somme, n’est pas seul dans cette spirale de violence et d’inefficacité.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, on peut s’attendre à une escalade de la violence et à une perte totale de confiance envers les institutions. La question n’est pas de savoir si cela va s’aggraver, mais quand. Les lynchages publics pourraient devenir la norme, et la justice, un souvenir lointain.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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