Le 2 novembre 2026, Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, l’assassinat de Martinez Zogo reste sans réponse définitive. Le procès, ouvert devant le tribunal militaire de Yaoundé le 25 mars 2024, se poursuit sans que les responsabilités aient été pleinement établies.

Un meurtre toujours au cœur d’une procédure judiciaire
Le corps du journaliste a été retrouvé le 22 janvier 2023 dans un terrain vague près de Yaoundé, cinq jours après son enlèvement. Martinez Zogo dénonçait régulièrement des affaires présumées de corruption impliquant des personnalités influentes du Cameroun.
Parmi les personnes jugées figurent Léopold Maxime Eko Eko, ancien responsable des renseignements, et l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. Le dossier fait état d’au moins 17 arrestations et d’une trentaine de témoins entendus.
Les déclarations du capitaine Kenneth Effoudou, qui a mis en cause de hauts responsables de l’État, ont relancé les interrogations. Ces accusations restent toutefois à établir devant la justice.
Des questions sur les éléments du dossier
Des avocats ont également signalé des incohérences dans les pièces présentées au procès. Me Claude Assira s’interroge notamment sur des communications entre deux accusés : selon lui, un expert aurait d’abord indiqué ne pas avoir pu les retrouver, puis affirmé les avoir récupérées, alors qu’elles ne figuraient pas dans le rapport officiel transmis par le greffe.
Le déroulement de la procédure suscite aussi l’impatience des confrères de Martinez Zogo. Thierry Eba, président du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication, estime que l’attente de la vérité ne devrait pas se prolonger pendant des années. Il souligne la gravité des éléments évoqués au tribunal.
La sécurité des journalistes en question
Pour les représentants de la profession, l’affaire dépasse le seul sort du journaliste assassiné : elle ravive les inquiétudes sur la sécurité de ceux qui enquêtent sur des sujets sensibles. Thierry Eba cite également les affaires Bibi Ngota et du journaliste anglophone Wazizi, dont les crimes, selon lui, n’ont pas été élucidés.
Près de quatre ans après l’enlèvement et la mort de Martinez Zogo, l’identification des responsables et l’établissement des faits restent au cœur des attentes de sa famille et de ses confrères. La procédure constitue un enjeu pour la justice camerounaise, tandis que les accusations et les zones d’ombre évoquées au procès doivent encore être examinées par le tribunal.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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