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Trois ans de guerre au Soudan ont fait 13 millions de déplacés. Parmi eux, 1,5 million ont trouvé refuge en Égypte. C’est la plus grosse diaspora créée en dehors du pays par ce conflit qui n’en finit plus. Pour la plupart installés au Caire, ces exilés continuent de faire vivre leur culture et leurs traditions.
De notre correspondant au Caire,
Des notes de musique résonnent jusque dans la rue, au pied d’un immeuble du centre du Caire. Au troisième étage se trouve le vaste appartement où l’Union des artistes soudanais a élu domicile. « Je suis venu pour écouter Hadia Talsam, confie Mohannad. C’est un monstre de la chanson soudanaise. »
Impossible de se frayer un chemin à l’intérieur tant l’endroit est pris d’assaut par le public. Alors Mohannad et ses copains écoutent le concert sur le palier. « Tous les âges, toutes les générations sont représentés. Le parcours de cette artiste est très long, peut-être 50 ans, explique-t-il. Elle a traversé toutes les générations et tous les publics. C’est pour ça que son public est aussi large et fidèle. »
En se faufilant, on rencontre Mohamed Ismaïl, journaliste soudanais venu couvrir l’événement. « Cet endroit est le seul lieu qui réunit les Soudanais dans la capitale, il n’y en a pas d’autre. On ne se sent d’ailleurs pas au Caire, estime-t-il. Nous sommes à Khartoum ce soir. Certains sont arrivés ici avant la guerre, mais la plupart sont arrivés après »
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Rassembler aussi sur les réseaux sociaux
Rassembler les Soudanais, c’est aussi ce qu’essaye de faire Anda Kamal, mais sur les réseaux sociaux. La jeune femme de 27 ans anime depuis quelques mois un podcast où elle fait parler les habouba, les grands-mères. Dans les familles soudanaises, elles sont tout à la fois la mémoire vivante et le lien entre les générations. « À cause de la guerre et du déplacement dans plein de pays différents, la plupart des gens ont perdu leur habouba, témoigne la podcasteuse. La plupart sont restés au Soudan, ils n’ont pas voulu quitter leurs maisons. Alors que les jeunes sont partis, pour le bien de leur avenir. Ce qui a laissé un gouffre. Alors pour eux, les retrouver sur les réseaux, c’était fou. À la base j’avais à peine 1 000 abonnés, maintenant je fais des vidéos qui font plus d’un million de vues. »
En ligne sur les réseaux sociaux ou dans des appartements bondés, au Caire, un fragment de Soudan continue de vivre, défiant la guerre et l’exil.
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Au Caire, la communauté soudanaise se retrouve pour défier l’exil
Trois ans de guerre au Soudan ont engendré 13 millions de déplacés, dont 1,5 million en Égypte. Une diaspora qui fait vivre la culture soudanaise au Caire, défiant ainsi l’oubli et l’exil.
Dans un monde où les conflits semblent se multiplier comme des petits pains, le Soudan a réussi à se démarquer avec une guerre qui dure depuis trois ans, laissant derrière elle un triste bilan de 13 millions de déplacés. Parmi eux, 1,5 million ont trouvé refuge en Égypte, transformant le Caire en un véritable melting-pot culturel soudanais. Mais qui aurait cru que la musique et les traditions pourraient fleurir au milieu de tant de désespoir ?
Ce qui se passe réellement
Des notes de musique résonnent jusque dans la rue, au pied d’un immeuble du centre du Caire. Au troisième étage, l’Union des artistes soudanais a élu domicile. « Je suis venu pour écouter Hadia Talsam », confie Mohannad. « C’est un monstre de la chanson soudanaise. » Impossible de se frayer un chemin à l’intérieur tant l’endroit est pris d’assaut par le public. Mohannad et ses amis écoutent le concert sur le palier. « Tous les âges, toutes les générations sont représentés. Son parcours est très long, peut-être 50 ans », explique-t-il. « Elle a traversé toutes les générations et tous les publics. »
En se faufilant, on rencontre Mohamed Ismaïl, journaliste soudanais venu couvrir l’événement. « Cet endroit est le seul lieu qui réunit les Soudanais dans la capitale, il n’y en a pas d’autre. On ne se sent d’ailleurs pas au Caire. Nous sommes à Khartoum ce soir. »
Rassembler aussi sur les réseaux sociaux
Anda Kamal, une jeune femme de 27 ans, tente également de rassembler les Soudanais, mais sur les réseaux sociaux. Elle anime un podcast où elle fait parler les habouba, les grands-mères, qui sont la mémoire vivante des familles soudanaises. « À cause de la guerre, beaucoup ont perdu leur habouba. La plupart sont restés au Soudan, ils n’ont pas voulu quitter leurs maisons. Alors que les jeunes sont partis, pour le bien de leur avenir. » Son podcast, qui avait à peine 1 000 abonnés, fait désormais des vidéos qui atteignent plus d’un million de vues.
En ligne ou dans des appartements bondés, un fragment de Soudan continue de vivre, défiant la guerre et l’exil.
Pourquoi cela dérange
Ce phénomène de résilience culturelle met en lumière une réalité troublante : alors que des millions de personnes fuient la guerre, d’autres parviennent à maintenir vivante leur culture et leurs traditions. Cela pose une question dérangeante : pourquoi les gouvernements, qui se vantent de défendre les droits de l’homme, semblent si peu préoccupés par le sort de ces réfugiés ?
Ce que cela implique concrètement
La diaspora soudanaise au Caire n’est pas seulement un groupe de réfugiés ; c’est une communauté qui se bat pour sa survie culturelle. Leur musique, leur art et leurs traditions sont des actes de résistance contre l’oubli. Mais cela soulève également des questions sur l’engagement des pays d’accueil à soutenir ces communautés.
Lecture satirique
Alors que les dirigeants du monde entier se pavanent sur la scène internationale, vantant leurs efforts pour la paix et la démocratie, la réalité sur le terrain est tout autre. Les promesses de soutien aux réfugiés se heurtent à des politiques d’immigration de plus en plus strictes. Ironiquement, les pays qui se disent défenseurs des droits de l’homme ferment souvent les yeux sur les souffrances des déplacés. La contradiction est flagrante : d’un côté, des discours enflammés sur la solidarité, de l’autre, des murs de plus en plus hauts.
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas isolé. À l’échelle mondiale, les politiques autoritaires, qu’elles soient en Europe, aux États-Unis ou en Russie, montrent un décalage entre les discours et les actions. Les réfugiés sont souvent perçus comme une menace plutôt que comme des êtres humains en détresse. Ce double discours est une dérive inquiétante qui mérite d’être dénoncée.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est probable que la communauté soudanaise au Caire continuera de croître, tout comme les défis auxquels elle sera confrontée. Les politiques d’immigration et d’asile devront évoluer pour répondre à cette réalité. Mais tant que les discours politiques resteront déconnectés de la réalité, la lutte pour la reconnaissance et le soutien des réfugiés continuera.
Sources




