Le Brésil vote ce dimanche 4 octobre pour le premier tour d’une présidentielle disputée entre le président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro, sénateur et fils aîné de l’ancien chef d’État Jair Bolsonaro. À l’approche du scrutin, les sondages cités dans les derniers jours de campagne annoncent un duel serré, tandis que l’affaire Banco Master et les tensions avec Washington pèsent sur les débats.
Flávio Bolsonaro reprend le flambeau de son père
Jair Bolsonaro, battu par Lula lors de la précédente présidentielle, ne peut pas se présenter. Condamné en 2025 pour tentative de coup d’État après sa défaite, il est assigné à résidence et interdit de participer au scrutin comme de le commenter publiquement. Son fils Flávio, sénateur de 45 ans et avocat, a été investi par le Parti libéral le 25 juillet.
Le candidat revendique une continuité avec son père, tout en cultivant une image plus modérée. Les enquêtes d’opinion compilées par Reuters à la fin septembre donnaient Lula en avance de quatre à cinq points au premier tour. Pour un éventuel second tour, prévu le 25 octobre, les deux candidats étaient au coude-à-coude, avec des écarts d’un ou deux points selon les projections rapportées.
L’affaire Banco Master éclabousse les deux camps
La campagne est également marquée par les retombées de l’affaire Banco Master. Daniel Vorcaro, dirigeant de l’établissement, a été inculpé pour fraude bancaire, corruption et blanchiment d’argent. L’enquête porte sur un réseau présumé de hauts fonctionnaires, de responsables politiques et de magistrats qui auraient pu fermer les yeux sur des irrégularités ou faciliter des investissements publics dans des produits financiers de la banque.
Des personnalités liées aux deux camps sont concernées. Flávio Bolsonaro fait l’objet d’une enquête sur des fonds sollicités auprès de Vorcaro pour financer un film consacré à son père. Il est soupçonné d’en avoir transféré une partie à son frère Eduardo afin de soutenir ses activités de lobbying à Washington. Ces soupçons ne constituent pas, à eux seuls, une preuve de culpabilité.
Le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes est lui aussi soupçonné de liens avec Vorcaro. Flávio Bolsonaro a cherché à associer le magistrat à Lula, notamment en dénonçant leur supposée proximité lors d’un rassemblement à São Paulo. L’affaire place ainsi les deux camps sous pression, même si leurs responsabilités et les accusations qui les visent ne sont pas identiques.
La souveraineté au cœur du débat sur Trump
Les relations avec les États-Unis sont l’autre ligne de fracture de la campagne. Le président américain Donald Trump a soutenu Flávio Bolsonaro. La Maison Blanche avait aussi imposé des droits de douane au Brésil en lien avec le procès de Jair Bolsonaro, qu’elle avait présenté comme une « chasse aux sorcières ».
Lula fait de la souveraineté nationale un thème de campagne et accuse son adversaire d’avoir défendu auprès de Washington les mes commerciales visant le Brésil. Flávio Bolsonaro dément. Son frère Eduardo a, de son côté, encouragé les États-Unis à prendre des mes de représailles douanières liées au procès de leur père.
À l’ONU, le 22 septembre, Lula a mis en garde contre toute ingérence étrangère dans le scrutin. Il a également critiqué Trump lors d’une intervention télévisée le 21 septembre. Reste à savoir si cette mise en avant de la souveraineté influencera le vote : les sondages cités avant le premier tour ne prévoyaient pas de majorité absolue pour un candidat, laissant envisager un second tour le 25 octobre.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Maxime Dhuin



