Asha Bhosle, l’une des voix les plus emblématiques de la musique du cinéma indien, est morte dimanche 12 avril à Bombay à l’âge de 92 ans, a annoncé sa famille. 

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L’artiste, deux fois nommée aux Grammy Awards, avait été hospitalisée pour épuisement et souffrait d’une infection à la poitrine.

« Ma mère s’est éteinte aujourd’hui (dimanche). Ses funérailles auront lieu demain au parc Shivaji de Bombay », a dit son fils Anand Bhosle à la presse.

La voix de Asha Bhosle est emblématique de la musique de Bollywood des années 1970 et 1980. Au cours de sa carrière longue de sept décennies, l’interprète a enregistré plus de 12 000 titres, chantant dans de multiples langues du pays.

Le Premier ministre indien Narendra Modi s’est dit « profondément attristé » par sa disparition. « Son extraordinaire parcours musical, qui s’est étendu sur des décennies, a enrichi notre patrimoine culturel et touché d’innombrables cœurs dans le monde », a-t-il écrit sur le réseau social X. « Elle continuera à inspirer des générations et ses chansons résonneront à jamais dans la vie des gens. »

« Née en 1933 au sein de la prestigieuse famille Mangeshkar, Asha Bhosle commence sa carrière musicale à l’âge de neuf ans seulement, faisant ses premiers pas dans le chant de playback au début des années 1940 avec son premier enregistrement pour un film. Dès les années 1950, elle s’impose comme une voix unique du cinéma hindi, devenant l’une des chanteuses les plus demandées de l’industrie », écrit sur Instagram Rolling Stone India.

Plus d’un demi-siècle de carrière

Asha Bhosle a débuté le chant dès son enfance, aux côtés de sa grande sœur, autre grand nom de la chanson en Inde, Lata Mangeshkar – surnommée le « Rossignol de l’Inde » et décédée en 2022.

Asha Bhosle a su embrasser des genres aussi variés que la pop ou le folk et s’imposer comme l’une des interprètes les plus versatiles des chansons des films indiens. Elle a collaboré avec le groupe britannique Gorillaz pour son dernier album, The Mountain (« Parvat »), sorti en février.

« Au cours d’une carrière s’étendant sur plus d’un demi-siècle, le travail d’Asha Bhosle est récompensé par de nombreuses distinctions prestigieuses, dont deux National Film Awards, un record de sept Filmfare Awards de la meilleure chanteuse de playback, et le prix Dadasaheb Phalke pour sa contribution au cinéma indien. Elle a également été nommée aux Grammy Awards pour l’album collaboratif « Legacy » avec Ustad Ali Akbar Khan en 1997 et pour « You’ve Stolen My Heart » en 2006, confirmant ainsi son statut d’une des voix les plus primées et reconnues internationalement de la musique indienne », précise Rolling Stone India, l’édition indienne du plus grand magazine mondial de musique et de culture pop.

Passionnée de gastronomie, elle a aussi lancé sa chaîne de restaurants, Asha’s, avec des établissements à Dubaï aux Émirats arabes unis, ou encore au Royaume-Uni.

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Asha Bhosle : La voix de Bollywood s’éteint, mais les promesses politiques continuent de résonner

Asha Bhosle, icône de la musique indienne, est décédée à 92 ans, laissant derrière elle un héritage musical immense, mais aussi un vide que les discours politiques ne sauront combler.

Dimanche 12 avril 2026, la famille Bhosle a annoncé la mort d’Asha Bhosle à Bombay. La chanteuse, qui a marqué des générations avec sa voix inoubliable, a été hospitalisée pour épuisement et souffrait d’une infection à la poitrine. Son fils, Anand Bhosle, a partagé la triste nouvelle, précisant que les funérailles auraient lieu au parc Shivaji de Bombay. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a exprimé sa « profonde tristesse » sur les réseaux sociaux, promettant que son « extraordinaire parcours musical » continuera d’inspirer des générations. Une promesse qui, comme souvent, semble plus être une déclaration de façade qu’un engagement réel.

Ce qui se passe réellement

Asha Bhosle, née en 1933 dans la célèbre famille Mangeshkar, a débuté sa carrière à neuf ans. Avec plus de 12 000 titres à son actif, elle a su s’imposer comme l’une des voix les plus emblématiques de Bollywood, notamment dans les années 1970 et 1980. Son parcours est jalonné de distinctions, dont deux Grammy Awards et un prix Dadasaheb Phalke. Mais au-delà des chiffres, c’est son impact culturel qui est indéniable.

Malgré cela, la réalité politique en Inde, où les artistes sont souvent utilisés comme des pions dans un jeu de pouvoir, soulève des questions. Les hommages de Modi, tout en étant touchants, rappellent l’écart entre les belles paroles et les actions concrètes. L’Inde d’aujourd’hui, où la liberté d’expression est de plus en plus menacée, semble parfois oublier ceux qui ont réellement enrichi son patrimoine culturel.

Pourquoi cela dérange

Les discours politiques autour de la mort d’Asha Bhosle révèlent une incohérence frappante. D’un côté, on célèbre une artiste qui a dédié sa vie à l’expression libre et à la diversité culturelle, de l’autre, on observe une tendance à museler les voix dissidentes. La contradiction est flagrante : comment un gouvernement qui prône la culture peut-il en même temps étouffer les artistes qui osent critiquer ses dérives ?

Ce que cela implique concrètement

Le décès d’Asha Bhosle n’est pas qu’une perte personnelle pour ses proches, c’est aussi un symbole de la lutte pour la liberté d’expression en Inde. Les jeunes artistes, qui aspirent à suivre ses traces, doivent naviguer dans un paysage où la censure et la surveillance sont omniprésentes. Les promesses de soutien à la culture ne suffisent pas à masquer cette réalité inquiétante.

Lecture satirique

Les hommages politiques à Asha Bhosle sont un parfait exemple de la déconnexion entre promesses et réalité. Modi, en pleurant la perte d’une grande artiste, semble oublier que son gouvernement a souvent été accusé de répression contre ceux qui osent s’opposer à lui. La question se pose : les artistes sont-ils célébrés pour leur talent ou pour leur capacité à se taire ?

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas unique à l’Inde. Dans des pays comme les États-Unis et la Russie, les artistes sont également pris dans un jeu politique où leur voix peut être à la fois un atout et une menace. Les gouvernements, qu’ils soient autoritaires ou ultraconservateurs, semblent avoir un talent particulier pour célébrer les artistes tout en les contrôlant. Une ironie qui ne fait que renforcer l’importance de la liberté d’expression.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que la lutte pour la liberté d’expression en Inde continuera d’être un sujet brûlant. Les artistes, comme Asha Bhosle, qui ont ouvert la voie, seront toujours une source d’inspiration, mais leur héritage sera-t-il protégé ou utilisé à des fins politiques ? L’avenir nous le dira.

Sources

Source : www.rfi.fr

Asha Bhosle, chanteuse légendaire de Bollywood, est morte à 92 ans
Visuel — Source : www.rfi.fr
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